Quand l'Europe sauve ses banques, qui paye...

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Re: Quand l'Europe sauve ses banques, qui paye...

Message par troubaadour le Lun 24 Juin 2013 - 15:17

non je dis que c'est bien plus compliqué que le simple qui va payer.

Quand çà l'avenir il n'est jamais écrit et ne se déroule jamais comme prévu...
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Re: Quand l'Europe sauve ses banques, qui paye...

Message par komyo le Lun 24 Juin 2013 - 16:57

troubaadour a écrit:Quand çà l'avenir il n'est jamais écrit et ne se déroule jamais comme prévu...


Agree !
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Re: Quand l'Europe sauve ses banques, qui paye...

Message par komyo le Lun 24 Juin 2013 - 17:58

Finalement, rien n'a vraiment beaucoup changé... grand moment de cinéma qui n'a pas pris une ride sur le fond !


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Re: Quand l'Europe sauve ses banques, qui paye...

Message par M'enfin le Lun 24 Juin 2013 - 18:02

Komio a écrit:Agree !
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Re: Quand l'Europe sauve ses banques, qui paye...

Message par mirage le Lun 24 Juin 2013 - 19:05

qui va payer ?
n'importe qui mais surtout pas en "passant" par "la banque". augmenter les impôts ou n'importe quoi, mais jamais par des prélèvements sur les comptes, ou même un chiffre fixé a partir de ces même comptes !
les "gros comptes" itou, juste par principe.
je suis pas du tout d'accord avec le système "les gros comptes participent a payer la faillite" (ou plutôt a payer pour que la faillite n'arrive pas, mais évidement dit comme ça, ça fait moins alarmiste...) , en accord avec Paris et Berlin, tant mieux.
imaginez, c'est comme si je vous disais demain: "votre argent en banque ? bof, des chiffres qui peuvent fluctuer...." négatif amiral.
un compte, dépôt, de 1 euro ou de un milliard d'euros, c'est sacré. et y toucher c'est tabou. rire

si demain les "gros comptes" sont désignés pour être ponctionnés en cas de faillite, c'est très simple: dans ma tête les chiffres qui sont inscrits sur mon propre compte bancaire vont passer du statut de "garantie quasi-absolue" a..."en quoi pourrais-je transformer mon argent pour avoir les mêmes garanties psychologiques ?"

et le système bancaire (déjà en France et en Europe) doit garder la même structure apparente.
CAD:
- soit aucune banque ne coule, de très loin le plus probable (personne ne serait asses fou pour laisser faire l'inconcevable)

- soit tout s'effondre, et toutes les autres questions passent au second ordre, voir au 3e, voir on en a plus rien a battre rire

en gros c'est ce qu'il dit en plus nuancé.


et non ça change pas le problème de fond: risques biens réels; systémique, récession, voir un crash financier.
et le fameux "blakout"/fin du monde fantasmagorique.
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Re: Quand l'Europe sauve ses banques, qui paye...

Message par _dede 95 le Lun 24 Juin 2013 - 19:16

- soit aucune banque ne coule, de très loin le plus probable (personne ne serait asses fou pour laisser faire l'inconcevable)
C'est pourtant ce qui se passe de par le monde:
Avec la crise, le nombre des faillites de banques locales ou régionales s'est envolé aux Etats-Unis. 25 en 2008, 140 en 2009 et 157 en 2010, du jamais vu depuis 1992, quand 181 établissements avaient mis la clef sous la porte dans les dernières convulsions de la grande crise des caisses d'épargne.
http://economie.trends.levif.be/faillites-banques-etats-unis.html
Certes ce n'est pas la BNP, la SG ou le CL, mais il ne faut pas s'y tromper, ça les guette.
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Re: Quand l'Europe sauve ses banques, qui paye...

Message par mirage le Lun 24 Juin 2013 - 19:48

dede 95 a écrit:
- soit aucune banque ne coule, de très loin le plus probable (personne ne serait asses fou pour laisser faire l'inconcevable)
C'est pourtant ce qui se passe de par le monde:
Avec la crise, le nombre des faillites de banques locales ou régionales s'est envolé aux Etats-Unis. 25 en 2008, 140 en 2009 et 157 en 2010, du jamais vu depuis 1992, quand 181 établissements avaient mis la clef sous la porte dans les dernières convulsions de la grande crise des caisses d'épargne.
http://economie.trends.levif.be/faillites-banques-etats-unis.html
Certes ce n'est pas la BNP, la SG ou le CL, mais il ne faut pas s'y tromper, ça les guette.

c'est vrai je sais pas comment ca marche aux USA, mais je pense que c'est "par nature" inconcevable en France.
aux USA si tu (avais) une maladie grave, ou l'un de tes gosses, tu vendais tout pour te retrouver a la rue, si tu ne t’étais pas assuré, et si tu voulais te soigner.
en France le système serait donc différent. exemple le CL en son temps.
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Re: Quand l'Europe sauve ses banques, qui paye...

Message par _dede 95 le Lun 24 Juin 2013 - 20:11

Mais en France les banques coulent aussi il suffit de se renseigner!
Tu vis dans quel monde,?Les USA ne sont pas une exception, je dirais même qu'ils sont les moins touchés c'est eux qui controlent le système.
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Re: Quand l'Europe sauve ses banques, qui paye...

Message par mirage le Lun 24 Juin 2013 - 20:16

attends, en France (des) banques sont en train de couler ?
ou ont coulé ?
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Re: Quand l'Europe sauve ses banques, qui paye...

Message par komyo le Lun 24 Juin 2013 - 22:18

dede 95 a écrit:Mais en France les banques coulent aussi il suffit de se renseigner!
Tu vis dans quel monde,?Les USA ne sont pas une exception, je dirais même qu'ils sont les moins touchés c'est eux qui controlent le système.


+1
Ils ont la planche a billets, ce qui leur permet de faire tenir leur système et d'exporter leurs problèmes. 
On l'a vu avec la crise des subprime quand ils ont titrisé des dettes pourries puis les ont ensuite  répandus.
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Re: Quand l'Europe sauve ses banques, qui paye...

Message par mirage le Lun 24 Juin 2013 - 22:56

bon j'ai parcouru
http://economie.trends.levif.be/faillites-banques-etats-unis.html

oui elles font faillite, mais l’état américain prend le relais (FDIC).

je me disais; après tout aux states la liberté d'entreprendre côtoie le chacun pour soi.....
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Re: Quand l'Europe sauve ses banques, qui paye...

Message par troubaadour le Mar 25 Juin 2013 - 6:28

mirage a écrit:attends, en France (des) banques sont en train de couler ?
ou ont coulé ?

Oui le le Crédit Lyonnais dans les années 1990  a coulé et a été sauvé par le contribuable.

On en paye encore aujourd’hui les conséquences avec l'affaire Tapie qui découle directement de cette période.
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Re: Quand l'Europe sauve ses banques, qui paye...

Message par mirage le Mar 25 Juin 2013 - 8:14

troubaadour a écrit:
mirage a écrit:attends, en France (des) banques sont en train de couler ?
ou ont coulé ?

Oui le le Crédit Lyonnais dans les années 1990  a coulé et a été sauvé par le contribuable.

On en paye encore aujourd’hui les conséquences avec l'affaire Tapie qui découle directement de cette période.
c'est sur que des qu'il y a un couac, pour pas dire des fois de belles conner***, il n'y a que les "solvables" qui sont "soldés".
heureusement que finalement on est plutôt le maillon fort du système....quoi qu'on en dise.
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Re: Quand l'Europe sauve ses banques, qui paye...

Message par _dede 95 le Mar 25 Juin 2013 - 8:28

Qui est ON Mirages ?
Interessant de savoir qui est ce maillon fort du système.
Moi ce que j'en dit....
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Dans la série comment allons nous être tondus...

Message par komyo le Mar 25 Juin 2013 - 15:29

Samedi, les ministres des Finances de l'UE ne sont pas parvenus à se mettre d’accord pour garantir la survie des banques en difficultés au terme de 20 heures de discussion. Mercredi, ils poursuivront les débats pour tenter de parvenir à une solution avant le prochain sommet européen de jeudi et vendredi.
Le ministre des Finances allemand Wolfgang Schäuble a proposé que les actionnaires, les créanciers, les déposants et les titulaires de comptes subissent une ponction de 8%, affirmant que cette solution demeurait plus favorable pour eux, car leurs pertes seraient beaucoup plus importantes si les banques faisaient faillite.
Son collègue français Pierre Moscovici juge que cette mesure va trop loin. Comme les ministres des Finances de la Grande-Bretagne et de la Suède, il craint qu’elle ne provoque une ruée bancaire massive, et il préfère que les pays conservent une plus grande liberté pour décider ce qui doit être fait au moment où ils seront confrontés à cette question. Pour le ministre des Finances espagnol, Luis de Guindos, ce qui compte, c’est de définir l’ordre dans lequel les différents agents de l’économie seront mis à contribution, et la protection des petits épargnants.
Mais Schäuble et Moscovici ne sont pas parvenus à surmonter leur désaccord. Le ministre des Finances allemand a estimé que les règles ne pouvaient pas être à géométrie variable en fonction des situations, parce que cela pourrait créer un avantage concurrentiel pour certaines banques.
La contribution forcée des déposants a été un sujet tabou jusqu'au début de cette année, avec le plan de sauvetage de Chypre. La solution adoptée dans l’île méditerranéenne, la contribution obligatoire des épargnants possédant des dépôts supérieurs à 100.000 euros pour sauver «Leur» banque, a créé un précédent qui servira désormais de modèle pour le sauvetage des banques à l’avenir.
L'idée de Schäuble n'est pas nouvelle. Déjà en 2011 le Boston Consulting Group avait estimé qu’imposer une taxe de 30% sur tous les actifs serait la seule façon de sortir de la crise de l'euro. Selon certains économistes il n’y a pas d'autre solution que de prendre l’argent là où il est : sur les comptes des épargnants.
Entre 2008 et 2011, les contribuables européens ont consacré plus de 4,5 trillions d’euros, soit un tiers du PIB de l'UE, au sauvetage des pays et des banques.

http://www.express.be/business/fr/economy/lallemagne-veut-sauver-les-banques-en-difficulte-en-operant-une-ponction-sur-les-dpots-et-les-actifs-de-8/192191.htm
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Re: Quand l'Europe sauve ses banques, qui paye...

Message par gaston21 le Mar 25 Juin 2013 - 15:47

Et Dexia, ce n'est pas vieux, non ? Cette banque a bien coulé, corps et biens ! Et qui a payé les pots cassés ? Comme jadis pour le Crédit Lyonnais! Pourtant Dexia avait d'excellents administrateurs, parmi lesquels Rebsamen, sénateur socialiste, maire de Dijon...Emoluments mensuels 10000 euros . Sans commentaire...
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Re: Quand l'Europe sauve ses banques, qui paye...

Message par mirage le Mar 25 Juin 2013 - 18:25

dede 95 a écrit:Qui est ON Mirages ?
Interessant de savoir qui est ce maillon fort du système.
Moi ce que j'en dit....

le "on" est bien vague et j'en ais conscience.
il sert surtout dans ce post a faire la différence entre le poids du "nous" et la relative importance du système bancaire en général
mais déjà dans le "nous" tu peux y mettre les travailleurs....


Dernière édition par mirage le Mar 25 Juin 2013 - 18:37, édité 1 fois
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Résolution bancaire, quand le vol des dépôts devient légal

Message par komyo le Mar 25 Juin 2013 - 18:36

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Re: Quand l'Europe sauve ses banques, qui paye...

Message par komyo le Jeu 27 Juin 2013 - 9:24

Avancée du projet :

http://www.lemonde.fr/economie/article/2013/06/27/accord-europeen-sur-le-financement-des-banques-en-faillite_3437259_3234.html
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Re: Quand l'Europe sauve ses banques, qui paye...

Message par gaston21 le Jeu 27 Juin 2013 - 9:33

Un article de Mediapart de ce jour très instructif. Avant les comptes faussés de la Grèce par Goldmann Sachs pour entrer dans la CEE, qui trouve-t-on pour faire la même chose avec l'Italie , et bien avant la Grèce ? Je vous le donne en mille ! Mais ne vous tracassez pas trop; les sales affaires, on les étouffe ! Et ce sont ces gens qui vous invitent à vous serrer la ceinture! Vive l'Europe de la Finance apatride !
 
Italie: les finances publiques menacées, Mario Draghi soupçonné  (Mediapart 27-6-2012)
 
D’un coup, Mario Draghi se retrouve rattrapé par son passé. Après la révélation d’un rapport secret du Trésor italien, publié à la fois par la Republica et le Financial Times le 26 juin, le président de la Banque centrale européenne (BCE) se retrouve embarqué dans un scandale de comptes truqués, comme en Grèce, au moment de l’accession de l’Italie dans la zone euro et qui menace aujourd’hui les finances publiques. À cette époque, Mario Draghi était directeur du Trésor et a difficilement pu ignorer ce qui se tramait.  
 
L’affaire a commencé par un rapport secret du Trésor italien. Celui-ci s’y alarme d’une perte potentielle de 8 milliards d’euros pour les finances publiques italiennes, à la suite d’une renégociation de huit contrats de dérivés d’un montant notionnel de 31,7 milliards d’euros. Même pour un État, l’engagement est gigantesque.
 
Les auditeurs s’attardent longuement sur cette renégociation avec plusieurs grandes banques, réalisée début 2012, à un moment où l’Italie est très menacée par la hausse des taux sur sa dette obligataire. Le gouvernement italien cherchait alors à étaler dans le temps le paiement des emprunts. Mais, très affaibli, il a été obligé d’accepter des conditions très défavorables, qui risquent de se traduire par de lourdes pertes dans les finances publiques italiennes.
 
Comment en est-on arrivé là ?, n’ont pas manqué de s’interroger les rapporteurs. S’ils n’ont pas réussi à connaître le nom des grandes banques impliquées dans ces opérations, ils sont parvenus, en revanche, à retrouver l’origine de ces engagements par le Trésor italien : tout remonte à la fin des années 1990, au moment où l’Italie cherchait à rendre ses comptes présentables pour pouvoir adhérer à l’euro.
 
En 1995, rappelle le Financial Times, l’Italie affiche un déficit budgétaire de 7,7 % du PIB, très au-delà de tous les critères demandés par l’Europe. Aucun gouvernement européen, et encore moins la Commission européenne, n’imaginent la création de la monnaie unique sans l’Italie. Tout le monde est donc d’accord pour fermer les yeux sur ce que peut entreprendre Rome pour afficher les bons critères.
 
Dès 1996,  le gouvernement italien dirigé par Romano Prodi, qui deviendra par la suite président de la Commission européenne, a eu recours à de savants habillages (voir Europe : les hommes de Goldman Sachs). Mario Draghi est alors directeur du Trésor italien. Avec l’aide de la banque américaine JP Morgan, les autorités italiennes mettent en place un prêt reposant sur une opération d’échange (swaps) de devises à un taux favorable. Miracle : grâce à cet apport d'argent, le budget italien est en ligne. Comme il s'agit officiellement d'une opération de change, rien n'est inscrit dans les comptes publics. Le mécanisme plaît tellement qu’il sera réutilisé par Goldman Sachs en 2001 pour maquiller les comptes grecs.
 
Mais, manifestement, d’autres opérations ont été menées avec d’autres banques, afin de permettre à l’État italien de faire du hors bilan. Des emprunts sont réalisés, des dettes sont cachées dans des établissements bancaires. Résultat : le déficit italien tombe à 2,7 % du PIB en 1998, juste avant le lancement de la monnaie unique. La chute du déficit italien est spectaculaire. Aucun gouvernement occidental n’a réussi à rétablir aussi rapidement ses comptes. Pourtant, les impôts n’ont pas augmenté, la lutte contre l’évasion fiscale est toujours aussi inexistante et les dépenses n’ont pas ralenti. Mais personne ne se pose de question. Les autres pays européens ont décidé de fermer les yeux.
La petite équipe du Trésor
 
Mais aujourd’hui, l’Italie est rattrapée par ses engagements passés. Le Trésor italien n’a jamais publié un état complet de l’exposition des finances publiques aux dérivés et autres montages. Un rapport parlementaire publié en mars 2012 révélait que le Trésor détenait des dérivés pour couvrir quelque 160 milliards d’euros de dettes, soit environ 10% de la dette publique.
 
En février, la Cour des comptes italienne s’était déjà inquiétée de cette menace financière. « Le dommage causé aux recettes de l’État par les dénouements perdants des contrats dérivés est particulièrement important et délicat », notait Salvatore Nottola, procureur général de la Cour, dans son rapport sur les finances publiques en 2012. Selon les estimations de l’agence Bloomberg, l’Italie a perdu plus de 31 milliards de dollars (23,8 milliards d’euros) sur ses contrats dérivés, en valeur de marché.
 
Aujourd’hui, peu de monde semble connaître exactement l’exposition des finances publiques italiennes et les risques qui pourraient les menacer. Afin d’y voir plus clair, des équipes de la Guardia di Finanzia –  autorité puissante et indépendante, dotée de pouvoirs et de moyens d’enquêtes importants notamment pour lutter contre la Mafia – ont été dépêché dans les locaux du Trésor pour saisir le rapport et des documents sur la dette italienne et les contrats dérivés. Les autorités publiques sont désormais d’autant plus vigilantes sur cette question que ces produits ont été l’origine de la faillite de Monte dei Paschi, la plus vieille banque d’Europe, qui a dû être renflouée dans l’urgence par l’État.
 
La confiance n’est manifestement plus là. Car le Trésor italien ne donne guère l’impression de vouloir s’expliquer sur ses pratiques et ses décisions. Ses équipes, il est vrai, semblent fortement soudées par les secrets passés et présents.
 
Le Trésor est dirigé aujourd’hui par Vincenzo La Via. Celui-ci était responsable de l’agence de la dette – l’équivalent de France Trésor qui conduit toutes les émissions obligataires pour l’État –, quand Mario Draghi en était le directeur général. Parti au début des années 2000, M. La Via a été nommé à la tête du Trésor en mai 2012, « avec le soutien de Mario Draghi », assure le Financial Times. La responsable de l’agence de la dette aujourd’hui, Maria Cannata, était alors haut fonctionnaire chargée des comptes publics et de la dette.
 
Dans l’urgence, le Trésor italien a publié dans la matinée une mise au point. « Il n’y a aucune menace sur les finances publiques » a –t-il d’abord affirmé. Avant d’assurer qu’il n’avait commis aucune infraction au moment de l’entrée dans l’euro. « Il n’y a  jamais eu de recours à des contrats dérivés pour remplir les critères pour entrer dans l’euro. Les contrats dérivés ont tous été correctement enregistrés et ont fait l’objet de contrôle systématique par Eurostat, qui a toujours confirmé leur régularité par rapport aux règles ». Se défendant d’avoir mené une gestion aventureuse pour les finances publiques, il rappelle que «les couvertures ont toujours un coût mais qui est justifié par la nécessité de se protéger contre des risques dangereux ».
 
Dans la foulée, le ministère italien des finances a publié un communiqué pour voler au secours du Trésor italien. Il justifie, lui aussi, le recours aux dérivés pour se protéger de scénarios adverses et assure qu’il n’y a « aucun danger pour les finances publiques ».  Un porte-parole de la Commission européenne en rajoutait, déclarant que « selon les informations disponibles, les chiffres (révélés) ne changent pas nos analyses sur les déficits passés en Italie et bien sûr l’appréciation des déficits futurs ».
 
Bref, tout le monde se mobilise pour circonscrire l’incendie et protéger Mario Draghi. La BCE s’est jusqu’à présent refusé à tout commentaire. Présent à Paris, à la veille d’un nouveau sommet européen, le président de la Banque centrale européenne s’est à nouveau auto-félicité pour son action décisive (OMT) lancée à l’été dernier qui a permis de calmer les marchés financiers avant d’enjoindre les pays européens à « mener les réformes structurelles nécessaires pour retrouver la compétitivité perdue et la croissance ». Mais il s’est contenté du service minimum sur l’affaire italienne, indiquant juste que « le Trésor italien allait publier un communiqué pour faire le point sur les pertes sur les dérivés ».
 
« Monsieur Teflon », comme certains surnomment Mario Draghi – en référence au fait que ce dernier est parvenu à couper à toutes les enquêtes sur son rôle soit comme directeur du trésor, soit comme gouverneur de la banque centrale d’Italie, soit chez Goldman Sachs –,  risque malgré tout de devoir s’expliquer un peu plus longuement dans les semaines qui viennent. Au moment où l’Italie est en pleine récession, que ses comptes publics chavirent,  8 milliards d’euros de pertes potentielles, ce n’est pas une petite somme. Les Italiens auront certainement envie de comprendre.
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Re: Quand l'Europe sauve ses banques, qui paye...

Message par troubaadour le Jeu 27 Juin 2013 - 11:21

Le monde a écrit:Même si le recours à l'argent public est donc encore possible, "c'est un changement majeur qui fait qu'on passe de l'argent public, celui du contribuable, à celui du secteur financier lui-même, qui va devoir dans une très large mesure régler ses propres problèmes", a souligné M. Dijsselbloem.
Espérons que cela soit exacte.
Il serait temps qu'ils payent.

Quant à l'article de Média part : L’Allemagne avait raison (une fois de plus) il ne fallait pas de pays du club med sans l'Euro....
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Re: Quand l'Europe sauve ses banques, qui paye...

Message par mirage le Ven 26 Juil 2013 - 7:54

Monde economique de ce matin a écrit:
L'Europe n'aidera plus ses banques les plus en difficulté

Les banques de l'Union européenne (UE) qui ne respecteront pas les nouvelles règles de viabilité ne pourront plus bénéficier de l'argent public, a déclaré jeudi 18 juillet Joaquín Almunia, le commissaire européen à la concurrence.

"Il ne sera plus possible de recourir à de l'argent public" pour ces banques, même si elles sont proches de la faillite, a tranché Joaquín Almunia dans une interview à l'hebdomadaire financier allemand VDI Nachrichten. "Elles devront être démantelées, conformément aux nouvelles règles en vigueur", explique-t-il. Mais "l'aide publique sera bien sûr toujours autorisée dans le cadre de ces règles", a-t-il précisé quelques heures plus tard.

NOUVELLES RÈGLES

a voir les suites...
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Re: Quand l'Europe sauve ses banques, qui paye...

Message par komyo le Ven 26 Juil 2013 - 7:59

Mercredi 24 juillet 2013



Les banques européennes, un champ de mines et de ruine(s)
Cécile Chevré, rédactrice La Quotidienne d'Agora

Au XIXe s. et dans la première partie du XXe s., nombre de riches jeunes Américains faisaient ce que l'on appelle "le Grand Tour" à savoir un séjour de plusieurs mois en Europe, à travers capitales, villes et sites notables du Vieux Continent, se formant à l'art et la culture... Des Grands Tours que vous pouvez retrouver, par exemple, dans les romans d'Henry James.

Parfois, en regardant l'actualité de la Zone euro, j'ai aussi l'impression de faire mon Grand Tour, de passer de ruines en ruines...

Nous faisions récemment le point sur les crises grecque, italienne et portugaise et nous en concluions que ces pays auraient besoin de nouvelles aides financières. Ce qui se confirme. La Grèce aura besoin d'une nouvelle aide, le Portugal aussi.

Mais le véritable risque reste toujours et encore les banques européennes. En 2012, les 15 premières d'entre elles ont vu leurs profits baisser de 29%, à 41 milliards d'euros contre 61 milliards en 2011 et même 84 milliards en 2010.

Principale raison à cela : les infinies conséquences de la crise des subprime et surtout de la crise de l'euro qui les ont obligées à réévaluer (à la baisse évidemment) la valeur de leurs actifs.

Comme l'explique François Vidal dans Les Echos, ce sont 1 000 milliards d'euros d'actifs pourris qui sont détenus par les bad bank européennes.

1 000 milliards d'euros auxquels il faut ajouter les actifs détenus par les banques et qui ne sont pas considérés comme des actifs pourris mais dont la véritable valeur est cependant bien inférieure à celle affichée.
Conférence Bourse

Le problème est que les banques sont censées se préparer à appliquer les règles de Bâle III qui – en résumant à traits grossiers – renforcent les fonds propres qu'elles doivent posséder pour prêter de l'argent. Par exemple, avec la précédente réglementation (Bâle II), les banques devaient immobiliser 2,5 euros de fonds propres pour en prêter 100. Avec l'augmentation de ce ratio à 8%, les banques ont besoin de se recapitaliser, d'augmenter leur réserve de fonds propres pour continuer leurs activités de prêts.

Depuis 2009, cette recapitalisation a déjà atteint 230 milliards d'euros. Or d'après Goldman Sachs, les banques européennes auraient encore besoin de 298 milliards. Une estimation qui tient compte de la situation actuelle aussi bien sur les marchés actions que sur les marchés obligataires.

Selon une étude révélée par le Center for Risk Management de Lausanne, une chute de 40% des marchés actions en un trimestre serait fatale pour de nombreuses banques. Les plus exposées sont françaises. Crédit Agricole perdrait 89 milliards d'euros, BNP Paribas 74 milliards, Société Générale 54 milliards, AXA 23 milliards et Natixis 22 milliards.

Les règles de Bâle III peuvent-elles assurer la solidité des banques ? Une première réponse à cela : le hors-bilan (essentiellement les créances douteuses liées à la crise des subprime) ne sont pas pris en compte dans le calcul des fonds propres nécessaires pour satisfaire à Bâle III.

Deuxième réponse : les actifs sont "pondérés des risques". Qu'est-ce à dire ? Mory Doré, dans son rapport Banques, vos vrais risques, vous expliquera tout cela bien mieux que moi, mais voici une définition rapide de cette étrange pratique.

Chaque actif, ou prêt, ne représente pas la même valeur dans le calcul de votre bilan. Cette pondération se fait selon le risque que ce prêt est censé faire encourir à la banque. Ainsi la plupart des obligations souveraines sont considérées comme absolument sûres. Si bien que dans le calcul de fonds propres lié au cadre de Bâle III, une obligation d'Etat n'immobilisera pas de fonds propres. Ce calcul des risques est en outre propre à chaque banque qui applique ses propres règles.

Tout ceci permet aux banques de prêter bien plus qu'elles ne le pourraient si les prêts aux particuliers ou aux Etats étaient considérés de la même façon.

Or c'est justement ces obligations d'Etat qui menacent aujourd'hui les banques européennes, des actifs qui échappent en grande partie à la règlementation de Bâle III. Je vous laisse admirer le graphe ci-dessous représentant l'exposition des banques françaises et allemandes aux dettes de pays périphériques de la Zone euro.

Exposition des banques allemandes et françaises aux PIIGS

Comme vous pouvez le constater, les banques françaises risquent beaucoup (avec une exposition totale de 520 milliards) et la principale menace est la dette italienne. Or la Botte vient de se voir une nouvelle fois dégradée par Standard & Poor's, de BBB+ à BBB. Encore un cran, et l'Italie se retrouvera dans la catégorie peu enviable des investissements spéculatifs. Une nouvelle qui ne devrait pas faire revenir sur les marchés obligataires alors que les rendements des obligations italiennes s'envolent depuis quelques semaines.

Nous l'avons vu, grâce au tour de passe-passe qu'est le calcul des risques, les obligations souveraines ne sont pas entièrement prises en compte dans les calculs de fonds propres des banques, ce qui limite leurs besoins en recapitalisation. Car dans les faits, l'effet de levier (fonds propres/total des encours non pondérés des risques) est bien supérieur aux 8% fixé par Bâle III. Un effet de levier correspond en effet à un ratio de 2%.

Voici le classement des banques européennes à plus fort effet de levier, publié par Goldman Sachs.

Effet de levier des principales banques européennes

Victoire à la Pyrrhus, deux banques françaises, Crédit Agricole et Natixis, s'arrogent les deux premières places du podium. Deutsche Bank est elle aussi en première ligne. Ce que cela veut dire ? Que si les remous obligataires se poursuivent un peu trop longtemps, les banques françaises (et allemandes) vont avoir un problème. Un gros problème même.

Sans vouloir jouer les Cassandres, entre leurs problèmes actuels et ceux à venir, la situation des banques européennes est plus qu'explosive. Et je ne suis évidemment pas la seule à le dire. Le vice-président de l'Agence fédérale de garantie des dépôts FDIC, Thomas Hoenig, a jeté un énorme pavé dans la mare en juin dernier dans une interview accordée à Reuters dans laquelle il dénonçait la sous-capitalisation criante de la Deutsche Bank : "C'est horrible, je veux dire qu'ils sont horriblement sous-capitalisés" (citation traduite par Les Echos). Et ce qui est vrai la Deutsche Bank est vrai pour le Crédit Agricole, Natixis ou encore la Société générale.

Que va-t-il se passer ?

Bonne question, comme toujours. A laquelle il est difficile de répondre, comme toujours.

L'hypothèse la plus probable est que dans les mois qui viennent, les banques vont devoir encaisser de nouvelles pertes, très importantes. Des pertes qui viendront aussi bien de nouvelles faillites organisées, comme celle qui a déjà eu lieu en Grèce, mais aussi de la remontée des rendements obligataires liée à la crise de l'euro comme aux perspectives d'arrêt du Quantitative Easing aux Etats-Unis.

Au vu de l'ampleur du risque systémique que représentent des banques comme Deutsche Bank, le Crédit Agricole et ses consorts françaises, les autorités européennes n'ont pas l'intention de les laisser faire faillite. Reste à savoir où l'on trouvera l'argent qui va servir à les renflouer...
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Re: Quand l'Europe sauve ses banques, qui paye...

Message par gaston21 le Ven 26 Juil 2013 - 11:24

La monnaie, c'est facile à créer...Une bonne imprimante, et c'est parti ! Que fait Draghi ? Il a une bonne expérience ! Il a eu un bon maître...
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Re: Quand l'Europe sauve ses banques, qui paye...

Message par M'enfin le Ven 26 Juil 2013 - 19:00

Un bon jour, il n'y aura plus d'argent liquide nulle part, et les banques vont pouvoir jouer encore plus avec les chiffres. Ça va changer.... il faut que ça change!
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