Aux marches de l'Empire

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Aux marches de l'Empire

Message par Dari le Mar 3 Mar 2015 - 18:11

I

Des pensées qui débordent le vase de la conscience :
Des impulsions qui meuvent les cercles
De l'humaine errance.

Un cercle pour l'amour,
Un cercle pour la guerre,
Un cercle pour le vent, prosodie des limites :
Un espace pour la fuite.

Et des coyotes qui jappent aux flancs de la colline
Chevauchant la frontières entre
Les prairies domestiquées
Et les aires sauvages.

Un cercle pour l'amour, instinct qui se révèle.
Un cercle pour la guerre, pulsion qui se dévoile.
Et de vieux oripeaux
Qui servent d'oriflammes.
Chacun jeté dans cette folie avec la conviction du juste,
Tandis qu'un sang d'encre étouffera
Le reflet des étoiles.

Chacun veut le pouvoir sur cette petite planète
Mais n'est-ce pas dérisoire ?
Sanguinaire est la fête qui imprime
Dans ta tête
La brûlure du savoir.

Furieusement nos nerfs tendent les voilures des prochaines
Évasions sensorielles.
Le navire appareille
Vers quelque Inde prodigieuse, escale mythologique
Où croiser des dryades et des monstres,
Grands chiens,
Qui cavalent sur la route après les os du rêve.

Nous sentons la charpente de la conscience humaine
Qui s'étire et s'étend
Veut davantage qu'elle-même.
Mais sur les omoplates
La douleur de nos ailes qui ne croissent pas
S'intensifie.
Et cette chanson frêle, trésor qui falsifie
Les colères et les heures
Ne répare pas l'azur
Troué par les fumerolles toxiques des cheminées,
Dans le corral d'usines,
Fait pleurer Mélusine.

Ardeur nouvelle, nouveaux mensonges,
Bourgeons
Buvant l'eau de la pluie.
Nouvelle promesse, erreur suivante :
Cette ironie de la nature de faire renaître les oiseaux
Sur le tapis de cendres essaimant les bosquets
De la précédente ère.

Je ne pense plus aux présages.
Ce troisième œil,
Comme une fêlure sur la tapisserie du réel,
Retourna dans la toile d'un éternel hiver.
Sempiternel ailleurs que je ne veux plus voir
Puisque je ne sus pas taire
L'homélie melliflue
Des sylphides qui recensent
Les passants et les morts.

Un cercle pour l'aride :
Donne-moi le dénuement de cet antique désert,
Les lapins gris des steppes,
Les buissons d'amarante,
Le sable et les racines.

Donne-moi la poésie brutale de cet espace
Insoumis aux ruptures de la rythmique humaine.

Donne-moi cet océan
Dans lequel je veux perdre jusqu'au fil de conscience
Tramant la déshérence
Des démons et des anges.

Mais naviguant de dune en dune
Rempli
D'une volonté d'airain
D'aller plus loin
Je répare la grand-voile écharpée par le suc violent du sirocco
Et je pousse mon embarcation
A fleur
De surface
Vers le monde.


II

Aux marches de l'Empire :
Les yeux
Dans les espaces infinis qui nous brassent, nous instruisent et nous meuvent.
Le corps
Livré aux feux de la steppe qui arasent nos mensonges et nos leurres.
Le cœur
Palpitant dans les murmures des idiomes.
Les oreilles
Vibrant dans les rythmiques de l'inconnu
Tout au long de la route.

Combien faudra-t-il arpenter de sentes sinueuses dans l'azur
Pour trouver un morceau
D'une vérité
Qui soit
Mienne, non par un mécanisme, mais comme une évidence ?

Les voies sont multiples, les embûches
Accrochées aux nerfs et aux muscles
Tendent
Le regard du voyageur.
Affinant les orages,
Distillant
Les parfums, les vins et les festins sobres dans ce désert.

Enfin, quittant l'arène avec les mains en sang,
La morale
Chavirée par ce charivari,
Et la mélancolie
Comme un serpent qui glisse  à la surface du songe.

Mais comment concilier la liberté sauvage avec la non-violence ?

Des ruisseaux qui m'abreuvent au flanc de la montagne,
L'eau pure est un miroir
Où je bois goulûment le sens de mon errance,
Dépouillé de l'ego, cette ridicule histoire,
Jeu de go dérisoire.
Enfin, l'itinérance
Où les plus grands stratèges sont encore les adeptes
Du rêve que l'on oriente, au gré du non-agir.

Ce mouvement intime qui martèle mes artères
Entre le vent qui danse
Et l'erg
Sans mesure.
Le chant de la suture entre soleil et terre,
Les liens qui nous structurent
Entre l'aube et l'azur,
Vers des contrés lointaines qui recèlent le mystère...
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Re: Aux marches de l'Empire

Message par Cochonfucius le Mer 4 Mar 2015 - 10:51

« Un cercle pour le vent, prosodie des limites »  :

Sans doute le plus important.
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Re: Aux marches de l'Empire

Message par Dari le Mer 4 Mar 2015 - 12:48

Oui, mais parfois le vent est ténu, presque imperceptible à l'oreille humaine ! et les sollicitations qui nous enchaînent à ce monde se font alors pressantes... Bien difficile en conséquence de garder l'esprit en mouvement... Ceci dit, je suis d'accord avec toi, mais souvent la vanité et le désir nous éloignent de l'essentiel...
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