La Morale de Platon

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La Morale de Platon

Message par nawel le Jeu 16 Avr 2015 - 20:04

J'ai, à travers un autre post, découvert Platon.

Je trouve en tous points des similitudes avec la perception que j'ai partagé dans le post "les maitres à penser" lien

et copie colle ce que j'ai trouvé sur le net
........................ que je regarderais point par point car je n'ai pas lu encore, je n'ai pas eu le temps  sourire  ai prêté plus d'attention à ceux énoncés dans le post "une autre relativité" et y viendrais plus tard car la morale de Platon est d'une magnificence......


La morale de Platon

2.1. L'âme comporte trois parties

2.1.1. 1er partie (livre 4) L'épithymia : appétit ou désir sensible

Elle a son siège dans le ventre et c'est le principe concupiscible de l'âme. (concupiscence : inclinaison exclusive vers les plaisirs charnels, sensibles, du corps.)  L'épithymia, c'est le mouvement de l'âme qui a pour finalité la satisfaction de la vie animale. Elle est constituée de plusieurs désirs sensibles, dont les plus vivaces sont ceux de la faim, la soif et la sexualité.

2.1.2. 2éme partie : le noûs : la tête
Il a son siège dans la tête. C'est le principe rationnel ou hégémonique, le mouvement de l'âme a pour finalité, du point de vue moral, la maîtrise de soi, la partie raisonnante de l'âme peut pousser l'Homme à agir contrairement à son appétit

2.1.3. 3éme partie : le tymos : le cœur
Il a son siège dans la poitrine, c'est le principe colérique ou irascible. Il semble par nature, plus proche de l'épithymia que du noûs, du désir sensible que de la raison. Mais il n'est ni tumultueux ni raisonnable. Tout est question d'éducation. S'il est bien éduqué, il l'unit à la raison à la raison et devient l'enthousiasme, l'énergie. S'il est l'allié de l'épthymia, il devient alors l'irritation.  Exemple du tymos (République p192)  Léontios a envie de regarder les cadavres étendu prés du bourreau. Ce désir est une forme de curiosité morbide.  Pourquoi lutte t'il contre ce désir : parce qu'il s'est forgé un idéal moral qui refuse toute intrusion d'un désir malsain. Cette représentation idéale de soi apporte un principe de résistance à la dépravation des désirs. Mais ici, cela ne suffira pas. La curiosité morbide l'emporte. Alors Léontios considère son désir déréglé, dépravé, comme étranger à lui-même : "Allons mes yeux, emplissez-vous de ce beau spectacle". Il devient furieux car il n'a pas été à la hauteur de son exigence. On voit bien ici que le tymos est lié à l'estime de soi, à la valeur que l'on place en soi-même. Plus un homme est noble, plus il place haut sa valeur, plus il deviendra furieux lorsqu'il aura agi injustement ou lorsqu'il aura été injustement traité. L'estimation de soi peut être appelé dignité : l'Homme ressent de l'indignation lorsque cette estimation est altérée.  Platon donne de cette division tripartite de l'âme une version allégorique, mythique, dans un dialogue intitulé Phèdre, c'est le fameux mythe de l'attelage ailé : le noûs est le cocher d'un attelage constitué d'un cheval blanc, le tymos et d'un cheval noir, l'épithymia.
 
2.2. Les quatre vertus cardinales
Chaque partie de l’âme a sa fonction et doit avoir sa vertu : la vertu de l’épithymia est la tempérance ou modération.  Il ne faut pas entendre par tempérance la répression des désirs sensibles dans le but de satisfaire un seul désir de même nature. Ainsi l’avare réprime ses autres passions dans le but de ne satisfaire que son désir d’argent. La répression des désirs ne devient tempérance que lorsqu’elle est engendrée par la compréhension que ces désirs font obstacle à la vie spirituelle, à la souveraineté de la raison.  La vertu du noûs est la sagesse, qui est la qualité de tout gouvernement raisonnable. La sagesse attache le noûs à la vérité et au bien. La sagesse c’est le pilote de l’homme. “L’âme est dans le corps comme le pilote est dans son navire” disait Pascal  La vertu du tymos est le courage, qui consiste à maintenir solidement les commandements de la raison en luttant contre les ennemis intérieurs (désirs tyranniques démesurés), contre les craintes de toutes sortes.  La 4ème vertu, la synthèse des trois autres, est la justice. Est juste l’homme tempérant, courageux et sage. La justice c’est l’ordre qui maintient chaque partie à sa place, dans sa fonction, dans sa vertu. Par la justice, l’homme devient intérieurement harmonieux. La justice est la hiérarchie harmonieuse des trois parties ; elle est une structure, c’est à dire une disposition de parties multiples dans un tout. L’harmonie est comparable aux proportions réglant l’accord d’une lyre, harmonie des trois cordes rendant le son grave, le son moyen et le son aigu. La justice unit dans un ensemble accordé les trois parties de l’âme (La République p196- 197). L’injustice, au contraire, c’est le désaccord, la discorde sous les trois formes de l’intempérance, de la lâcheté et de l’ignorance.
2.3. Les trois vies et les trois classes dans la Cité

2.3.1 Les trois vies
Le problème grec par excellence est le suivant : quel est l’homme le plus heureux ? Quelle est l’occupation ou le genre de vie qui assure à l’homme le bonheur ? Ce qui commande en l’homme de l’épithymia, du noûs ou du thymos détermine un genre de vie.  Si c’est le principe concupiscible qui l’emporte, l’homme est dit : "ami des richesses et du gain" parce que c’est principalement à l’aide de l’argent que l’on satisfait ses désirs physiques. Il s’agit d’une vie appétitive ou chrématistique.  Si c’est le principe irascible, colérique qui l’emporte l’homme est dit : "ami de l’honneur et de la victoire". Il s’agit d’une vie tymocratique.  Si c’est le principe rationnel qui domine, l’homme est dit : "ami du savoir et de la sagesse". Il s’agit de la vie philosophique.  Dans les écoles grecques de philosophie il n’est pas interdit d’être riche, la richesse n’est pas condamnée en tant que telle. Ce qui est blâmé, c’est de faire de l’acquisition des richesses la fin de la vie humaine. Or, pour tous les philosophes grecs, la plus belle part de notre vie c’est le loisir (en grec : skolé) consacré à la réflexion. Il faut de l’argent pour répondre aux besoins quotidiens mais n’est qu’un moyen en vue d’une fin meilleure.

2.3.2. Trois classes dans la cité.
Aux trois parties de l’âme correspondent trois classes de la cité.  A l’épithymia correspond les travailleurs dont la fonction est de pourvoir aux besoins économiques de la cité.
Au noûs correspond la classe des gouvernants dont la fonction est de conduire la cité par des lois.
Au thymos correspond les guerriers dont la fonction est de défendre l’ordre public.
Ces trois classes sont hiérarchisées selon les aptitudes naturelles que la nature préforme et que l’éducation sélectionne. Pour Platon, une seule sorte de gouvernement est parfaitement juste : l’aristocratie. Le gouvernement est confié aux plus sages, les guerriers constituent la 2ème classe, ils doivent être vaillants, disciplinés et soumis, la 3ème classe doit être contrainte par les guerriers (une sorte de police) à une tempérance, qui ne lui est pas naturelle, sans laquelle la cité serait ruinée.
 
3. Désir et passion
L’examen du désir est le prélude nécessaire au choix de la vie la meilleure. Cet examen dessine une anthropologie c’est à dire une conception de la nature humaine. Le désir semble être le propre de l’homme. Toute la problématique platonicienne du désir s’ordonne sur le thème de la purification progressive de l’âme.
3.1. Désir sensible et raison.

3.1.1. Désir sensible ou la démesure.
Le désir sensible a deux caractéristiques :
Il est illimité (en grec : apeiron, peiron : limite). Alors que le besoin exige une satisfaction modeste, le désir sensible est une appétition insatiable. Le propre du désir sensible est de changer sans cesse d’objet et de ne se satisfaire jamais (ex : Don Juan). Bref, le désir sensible vise insatiablement les objets du plaisir que fait miroiter le monde sensible. Il est la marque d’un manque d’unité et de satisfaction véritable. Il est conscience d’être manque mais il ignore que la nature des objets qu’il recherche ne pourra jamais le combler. "Aucune possession sensible ne saurait satisfaire le désir humain". Aussi Platon le compare-t-il (dans le "Gorgias") à un tonneau percé (mythe infernal des Danaïdes).   Il est tyrannique. En chaque homme existe un tyran qui devient manifeste quand il trouve les conditions favorables à son actualisation. Il devient manifeste :
-dans l'invisibilité (la République livre 2 p109-110 : l'anneau de Gygès)
-dans le sommeil (la République livre 5 p333-339 : les désirs illégitimes) Bref, le désir sensible de puissance est innée en chaque homme ; s'il n'est pas moins un désir nécessaire, il n'en est pas moins un désir "naturel". Quelque soient les aptitudes qui feront de lui un philosophe, aucun homme ne naît philosophe mais il peut le devenir. Comment ?
3.1.2. La raison ou la mesure
Quand le désir sensible prend le contrôle de l'âme, il écarte l'âme de son essence. L'effort philosophique consiste donc à ramener le désir à l'ordre, à la sagesse. La philosophie est désir de sagesse et le désir de sagesse est le désir propre à la portée rationnelle de l'âme. Est vraiment philosophe celui en qui la raison gouverne effectivement.
L'éducation philosophique : le mythe de la caverne Aucun homme ne naît philosophe mais peut le devenir. Comment ? Sinon en extirpant, du moins en amoindrissant la force des désirs tyranniques et en faisant triompher le désir de sagesse. Ce désir de sagesse procède d'un refus et d'un élan : refus de rechercher la satisfaction du désir proprement humain dans les plaisirs sensibles et élan vers le bien substantiel. Pour qu'il comprenne l'importance de ce refus et de ce refus, l'homme a besoin d'une éducation, d'une instruction. Eduquer l'homme, cela signifie élever son âme vers le bien. Et nous trouvons dans l'allégorie de la caverne le symbole de l'ascension (anabase) de l'âme vers le bien : la caverne symbolise le monde sensible et l'éducation philosophique consiste à détourner l'âme toute entière des biens sensibles, superficiels, vers le bien essentiel. "Le présent discours montre que chacun possède la faculté d'apprendre et l'organe destiné cette usage (nôus) et que, semblable à des yeux qui ne pourrait se tourner qu'avec le corps le corps tout entier des ténèbres vers la lumière, cet organe doit aussi se détourner avec l'âme toute entière, de ce qui naît jusqu'à ce qu'il devienne capable de supporter la vue de l'être et de ce qu'il y a de plus lumineux dans l'être, c'est à dire le bien.  L'éducation ne consiste pas à donner la vue à un oeil qui serait aveugle, la capacité de voir de l'esprit est déjà là comme d'origine divine, la tâche de l'éducation est seulement de donner à l'oeil de l'âme la bonne direction, c'est à dire de le conduire de la semi-obscurité des sens au clair soleil de l'Idée. Tout est donc subordonné à l'exactitude du regard.
 
3.2. L'éducation civique
L'homme qui s'est élevé jusqu'à la lumière du bien ne doit pas s'évader dans la contemplation mais doit accepter sa tâche terrestre. L'évasion est certes une tentation toujours très vive pour le philosophe mais il lui faut redescendre dans la caverne pour organiser la conduite de l'individu et de la Cité. Cela ne vas pas sans risques. Malgré son mépris pour la vaine gloire, le philosophe doit gouverner pour la Cité, car "tant que les philosophes ne seront pas roi dans les Cités, ou que ceux qu'on appelle aujourd'hui roi ne seront pas vraiment philosophes, tant que la puissance politique et la philosophie ne se rencontreront pas dans le même sujet ; tant que les nombreuses natures qui poursuivent actuellement l'un ou l'autre de ces buts, de façon exclusive, ne seront pas mis dans l'impossibilité d'agir ainsi, il n'y aura de cesse aux maux de la Cité, ni, ce me semble, au genre humain, et jamais le Cité que nous avons décrite tantôt ne verra pas la lumière du jour" (La République, livre V p229).  Allié, unir la philosophie à la politique, voilà le seul moyen d'assurer le bonheur privé et public, tout les deux sont inséparables et c'est pour cela que le philosophe doit se charger du pouvoir. La politique est nécessaire au bonheur, le but de la politique est le bonheur.  Désirer la sagesse c'est vouloir saisir immédiatement les Idées et ne plus les perdre. Mais ici bas, il y a un obstacle infranchissable : c'est la nature corporelle de l'homme. Désirer; pour Platon, la sagesse, c'est donc désirer mourir à la vie sensible. En effet, d'après lui, parés la mort, plus rien ne s'interposera entre l'âme et l'Idée, rien n'empêchera la fusion bienheureuse. La mort, pour celui qui sait s'y préparer, ouvrira les portes de la connaissance vraie et du bonheur parfait, le philosophe doit donc s'exercer à mourir. La condition sine qua none du parfait accomplissement du désir de sagesse et donc l'immortalité de l'âme.
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Re: La Morale de Platon

Message par orthon7 le Jeu 16 Avr 2015 - 22:30

@ nawel, je ne crois pas en l'immortalité de l'âme. qvt
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Re: La Morale de Platon

Message par nawel le Jeu 16 Avr 2015 - 23:01

Rien ne meurt tout se transforme. Antoine Lavoisier
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Re: La Morale de Platon

Message par Bean le Ven 17 Avr 2015 - 11:09

nawel a écrit:Rien ne meurt tout se transforme. Antoine Lavoisier
Une propriété émergente demeure tant que ce qui lui permet d'exister est présent. Quand la lumière s'éteint, l'ombre disparaît. sourire

Platon, en voulant mettre les idées en lumière, n'a fait que toucher à l'écume des choses et nous a donné à voir que l'ombre de l'ombre dans sa caverne, une illusion du savoir. Il nous donne toutefois matière à réflexion, ce qui est déjà pas si mal.

Magritte aurait-il pu dessiner le Logos en écrivant en légende, ceci n'est pas une bonne idée ? sourire
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Re: La Morale de Platon

Message par nawel le Ven 17 Avr 2015 - 15:22

Bean

"Quand la lumière s'éteint, l'ombre disparaît" Je suis d'accord avec toi.

De l'intime à l'estime. L'ombre disparait la lumière une fois éteinte.

Intime conviction, les charges portées contre soi l'ombre disparaitrait, quand la lumière s'éteint. Et si la lumière ne diffuse plus l'ombre c'est que la caverne qui elle est dans l'ombre ne présage pas du fait que l'ombre n'est pas l'ombre mais la lumière que l'on peut percevoir même si l'on y est plongé. L'estime, les charges portées n'ont plus lieu d'être puisqu'acquise la conviction que l'ombre n'est pas l'ombre en soi.

Ne pas attribuer à l'ombre la négativité mais la subjectivité qu'elle est lumière aussi.

Bean, ce que j'ai mis ci-dessus est une dissertation philosophique de quelqu'un, mais en ce point je ne suis pas d'accord. L'anabase ou ascension n'est pas de faire fi des autres qui ne voient pas de la même façon les "choses" mais de l'état dans lequel le transcendé se figure les choses, l'ombre n'est pas l'ombre, la caverne est un lieu symbolique pour représenter à quel point le point de vue de celui qui est à l'abri de l'ombre dans son cœur peut aussi bien à l'ombre dans une pièce ou lieu telle une caverne.

Ce serait le côté subjectif de la caverne tel que je le vois.

J'ai trouvé ce lien

à voir et à revoir cette explication que j'en ai donnée mais que je maintiens toutefois.

C'est à voir... sourire

Je mets ce lien traductions Platon et autres auteurs pour ceux qui ne l'auraient pas.
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Re: La Morale de Platon

Message par nawel le Ven 17 Avr 2015 - 17:20

De platon je découvre l'amour platonique. Que de mieux que l'érotisme. Que l'avant-gardisme de l'amour.

L'érotisme, le banquet :
Wikipédia :
L'érotisme (du grec ἔρως, érôs : « le désir amoureux ») désigne l'ensemble des phénomènes qui éveillent le désir sexuel, et les diverses représentations, en particulier culturelles et artistiques, qui expriment ou suscitent cette affection des sens. L'érotisme peut aussi désigner, par extension, la nature de la relation qui s'instaure entre des individus à la suite de cette attirance.

L'érotisme, et l'adjectif « érotique », caractérisent tout ce qui, à partir d'une représentation liée à la sexualité, suscite une excitation émotionnelle et sensuelle, indissociablement physique et mentale. En ce sens, l'érotisme se différencie de la sexualité, car il ne renvoie pas à l'acte sexuel lui-même, mais plutôt à tout ce qui provoque le désir sexuel, et à toutes les projections mentales que celui-ci évoque, en particulier les fantasmes. L'érotisme se distingue aussi de l'amour (qui est un sentiment), dans la mesure où l'affection érotique est issue en partie du corps et des pulsions sexuelles, contrairement à certaines formes d'amour qui font abstraction du corps (amour filial, amour platonique, etc.).

or Platon

Wikipédia :
Selon Georges Bataille, il n'y a érotisme que pour un individu fini, centré sur lui-même, et qui se sent pourtant poussé à se fondre, au risque de s'y perdre, en une communauté avec autrui, communauté charnelle, communauté du sentant et du senti, écrit Lévinas pour décrire la proximité sensible des corps, c'est-à-dire la volupté. L'érotisme doit beaucoup à la curiosité, ou plutôt la fascination, pour un corps fait autrement que le nôtre.
l'érotisme est la promesse de la coïncidence, pourtant impossible sinon charnellement, entre ces deux mondes que sont deux personnes distinctes (voir Le Banquet de Platon et le discours qu'il met dans la bouche d'Aristophane).


Pourquoi Wikipédia se contredit ? Celui qui a étayé la discussion d'une n'a pas fait le lien ou de deux considère que l'amour platonique n'est pas de l'ordre de l'érotisme.

Je dirais pour ma part que l'amour platonique, souvent chez les jeunes ados, est les prémices d'un érotisme exacerbé sinon érotisme déjà exacerbé, la découverte et chez l'adulte, la connaissance de l'autre avant toutes autres choses.
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Re: La Morale de Platon

Message par Golem le Mar 19 Mai 2015 - 16:56

Selon Platon, on épouse de belles femmes pour avoir de beaux enfants, mais on aime les hommes.

Avec les femmes, si on a des enfants, c'est qu'on pratique l'amour physique, le plaisir des sens, et c'est sexuel.

Donc si Platon recommande l'amour psychique, détaché du physique, il ne se limite pas à cela.
Ce que Platon rejette, c'est l'homosexualité, pas la sexualité.

Platon à une piètre opinion des femmes. Pour lui, les hommes passent de vie en vie par la métempsychose, ils sont mortels, mais leur vie est tout de même éternelle. Cependant, il pense que les femmes n'ont pas ce don de la vie éternelle, car leur esprit est trop rudimentaire.
Dans le même ordre d'idée, il ne se sens pas capable d'aimer psychiquement les femmes, qui lui apparaissent comme des êtres inférieurs. Quand Platon parlent des hommes, il ne parle pas des humains en général, il parle des citoyens grecs, il ne fait pas allusions aux esclaves, ni aux barbares, ni aux femmes.
Il aime donc ses alter égaux, mais il n'a pas d'amour pour les êtres inférieurs.

En filigrane, Platon rejette la pédérastie traditionnelle qui consiste à faire initier sexuellement les hommes pré pubères par leurs précepteurs masculins.
Il donne l'exemple de Socrate, déjà reconnu et donc d'âge mur, qui se refuse physiquement à de jeune hommes qui le convoitent (dans le banquet).

Les notions de sexualités étaient différentes dans l'antiquité et aujourd'hui.
Chez les dauphins, le dominant fourre tout le monde, mâles et femelles, ce n'est pas une question de sexe, c'est une question de hiérarchie, si un dauphin sous-fifre vient renifler de trop près une femelle devant le fifre, le sous fifre va se faire sodomiser.
Dans la Rome antique, les pratiques étaient quelque peu comparables (quelque peu ça veut dire pas beaucoup :))

Un citoyen de Rome pouvait à loisir sodomiser ses esclaves mâles (ou femelles, peu importe), il n'y avait là rien que la morale romaine pouvait réprouver.
Par contre, si un citoyen se faisait prendre en position de soumission à un esclave, c'est à dire se faisant sodomiser par un serviteur, là c'était très grave, pire que la mort, le traitre à la virile nation des descendants d'Énée était alors déchu de sa citoyenneté et dégradé au statu d'esclave.

Platon est un aristocrate, il croit au gouvernement des meilleurs, il élève des tyrans pour dominer la populace et établir l'ordre. Dans son refus de l'homosexualité, ce qu'il refuse, ce n'est pas la sexualité, c'est la soumission d'un citoyen guerrier à un autre.


En conclusion, ce qu'on appelle aujourd'hui l'amour Platonique est une lointaine extrapolation de ce qu'entendait Platon.

Chez deux jeunes ado hétéro n'ayant pas encore consommé, il peut y avoir de l'amour platonique dans le sens moderne du terme, pas dans le sens ou Platon parlait de l'amour, car il n'imaginait pas l'existence de l'amour entre hommes et femmes.
Cela dit, entre ces deux personnes n'ayant pas encore consommé, s'il y a du désir charnel, ce n'est pas de l'amour platonique.
Aimer platoniquement c'est aimer sans désir sexuel, ce n'est pas éprouver du désir sexuel sans avoir encore eu l'occasion de pratiquer.
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