L'Étoile des Mages

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Re: L'Étoile des Mages

Message par dedale le Mar 8 Mai 2018 - 15:25

Bulle a écrit:Mais c'est un culte chrétien non ?

Je dirais plutôt que ce culte de la vierge et de l'enfant possède une version chrétienne.

Je ne possède pas beaucoup d'informations à ce sujet mais en résumé, les anciennes vierges-mères étaient généralement soient des déesses, soit des prêtresses appartenant à un ordre occulte, oraculaire.
Nombre de déesses primordiales ont enfanté leur premier-né toutes seules.
Et nombre de grandes prêtresses anciennes, donnaient naissance à des enfants qui, selon les civilisations et les cas de figure, étaient issus d'une fécondation divine. Ces prêtresses servant un dieu, n'étaient pas censées avoir de rapport avec les hommes. Dans le polythéisme, ce n'est pas tant que l'acte sexuel était considéré comme un péché, mais parce que le dieu pouvait être caractériel et déclencher quelque calamité si on lui empruntait sa copine.

Pour le peuple, si une Pythie avait un enfant par exemple, cela ne pouvait être que l'enfant d'un dieu. Un homme, quel qu'il soit, n'avait pas le droit ne serait-ce que de poser son regard sur ces prêtresses voilées. Mais certains textes s'accordent sur le fait qu'en secret, elles se choisissaient un homme selon certains critères imposés par leur ordre et faisaient un enfant avec lui. Selon certaines légendes, Pythagore serait un enfant de la Pythie, ou d'une pythie. Donc sur un plan mythologique, un enfant né d'un dieu et d'une prêtresse oraculaire ayant fait vœu de chasteté et de célibat. Personne n'allait accuser l'oracle de tromper le dieu sous peine de sévères sanctions.

Des histoires de ce type sont légion dans la mythologie et l'histoire ancienne. Il y a toujours eu des doutes, surtout chez les grecs qui comptaient de grands sceptiques, mais la légende de la Pythie ou celle de Pythagore ont fait leur chemin jusqu'à nous, pas de la même façon que celle de Marie et de Jésus, pas aussi retentissant - simplement, sur le nombre de ces légendes, certaines ont plus d'éclat que d'autres, certaines sont peut être simplement plus intelligibles à l'oreille des peuples ou servent mieux les intérêts des clergés.
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Re: L'Étoile des Mages

Message par Bulle le Mer 9 Mai 2018 - 10:04

C'est la représentation des femmes fécondes que l'on trouve déjà dans l'art pariétal peut-être qui est à l'origine.  
Cf :


(source)

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Re: L'Étoile des Mages

Message par JO le Lun 14 Mai 2018 - 8:57

Il est plus facile d'aborder l'histoire "sainte", chrétienne, en admettant qu'il s'agit d'une légende , embellie au cours des siècles.Légende avec ou sans fondement réel ...
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Re: L'Étoile des Mages

Message par dedale le Lun 14 Mai 2018 - 10:25

Bulle a écrit:C'est la représentation des femmes fécondes que l'on trouve déjà dans l'art pariétal peut-être qui est à l'origine.

Le cas de la vierge est un peu particulier. Il met l'accent sur un caractère féminin qui va au-delà de la fécondité seule, même si cela doit être lié. Mais ça reste dans la lignée des représentations de la femme depuis la période préhistorique.
Le détail est que les représentations primitives font souvent appel à la fécondité, à la maternité, à la mère nourricière, un statut disons "brut de décoffrage" du caractère des femmes dans les sociétés primitives, qui participent à la croissance des individus et du peuple.
Les figurations primitives se focalisent sur cette importante fonction de la femme-mère (même s'il doit exister des exceptions).

Dans le cas de la vierge-mère, on retrouve donc des aspects de cette fonction primitive de mère au sens basique.

Je pense que la reconnaissance du statut de vierge dans la société est venu plus tardivement. - Quand? Difficile à dire.
- Peut être avec l'importance que prenaient les rites de mariage. Ce qui ne permet pas de définir une période précise.

Le problème est de définir ce que signifie "être vierge" dans une société antique. Comme tu le supposes, ça ne semble être directement lié à des détails anatomiques.
- Chez les anciens grecs, l'hymen est le mariage et le dieu du mariage est Hymen. Durant les noces, les invités criaient ce mot aux mariés "Hymen! Hymen!" qui signifiait en gros "que le dieu bénisse les nouveaux mariés!. C'est très loin de la définition actuelle de ce qui définit la virginité d'une femme.
- On peut raisonnablement penser qu'une vierge chez ces anciens peuples helléniques était une (jeune) fille qui était encore sous l'autorité de son père, qui n'avait pas connu le rituel de mariage la faisant passer sous l'autorité de l'époux.

- Le mot "parthénos" qui signifie "vierge" en grec ancien, est assez intéressant. Son origine est assez obscure et proviendrait de langues protoIE, dans la laquelle le parthé devient BeRT et le suffixe nos typique du ProtiIE : Qui porte, qui est porté....
Et quand jette un coup d'oeil sur la fonction des vierges dans l'ancienne société grecque, on se rend compte que ces jeunes filles sont toujours en train de porter quelque chose, notamment durant les cérémonies : Elles portent des amphores d'eau, de vin, de miel, d'huile d'olive, ou des paniers d'offrandes ou d'objets rituels, d'autres encore semblent jouer le rôle de nymphes, et participent aux cérémonies en dansant et en tambourinant, jetant des fleurs aux spectateurs. On voit de telles représentations sur les frises du Parthénon (= le demeure des vierges, temple d'Artémis).

Selon les auteur anciens, la parthénos était la jeune fille venant d'être mariée, que l'époux portait jusqu'à sa demeure juste après la cérémonie, pour consommer sa fameuse première nuit de noces.

Si on se réfère également à ce qui existe encore aujourd'hui, les jeunes filles ont pour tache de porter l'eau ou le bois.
Dans les sociétés antiques de la Grèce, notamment les sociétés rurales, elles avaient pour tache de s'occuper des jeunes enfants, libérant ainsi la maîtresse de maison qui gérait l'entreprise. Très jeunes, elles avaient des responsabilités.
Donc je pense que chez les grecs, la "jeune fille" devait posséder un statut social qui pouvait avoir une grande valeur.

Par rapport à tout cela, le statut strictement anatomique de la vierge qui n'a jamais de rapport sexuel avec un homme, garantissait à l'époux que sa descendance était bien de lui, surtout le premier enfant. Car bien évidemment, une fille pouvait chercher à se marier parce qu'elle était déjà enceinte. Mais je pense que cet exemple est plus tardif. Il existait rien que chez les grecs de nombreuses coutumes et la venue d'un enfant inattendu en dehors du mariage n'était pas forcément vu comme la pire des hontes, il pouvait exister situation bien pire. En réalité, le mariage avec une mère célibataire permettait certainement de négocier la dote et cela permettait surement aussi à certains hommes de trouver une compagne alors qu'il n'en avait pas, l'avait perdue.

Il y aurait bien d'autres choses à raconter sur les parthénos grecques, car il y a aussi les vierges-prêtresses liées à des cultes embaumés de mystères et d'exotisme. Et il y a également les vierges de la mythologie : Des chasseresses, sauvageonnes, rénégates ou voire assassines.

L'image de la sainte vierge est une idéalisation de la femme dont la fonction est de s'occuper des nouveaux-nés depuis son plus jeune âge. C'est quelque chose qui, pour nos anciens, ne s'apprenait pas. Non seulement, on faisait en sorte que la jeune fille puisse devenir une mère accomplie. Mais c'était également le fantasme de la jeune fille que de devenir une mère ayant plein de petits têtards autour d'elle et pourquoi pas, un têtard qui serait LE têtard. C'est à dire, le têtard qui, lui aussi, est idéalisé.
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Re: L'Étoile des Mages

Message par JO le Lun 14 Mai 2018 - 17:03

L'étoile des mages est aussi la consécration prédictive astrologique désignant le lieu de naissance de l'enfant-Dieu .
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Re: L'Étoile des Mages

Message par dedale le Mar 15 Mai 2018 - 1:07

JO a écrit:L'étoile des mages est aussi la consécration prédictive astrologique désignant le lieu de naissance de l'enfant-Dieu .

En fait, ce n'est pas prédictif mais prophétique.

La différence est que la prophétie s'inscrit dans une tradition qui ne prédit pas forcément mais caractérise selon des critères symboliques la naissance d'un grand prophète, d'un dieu ou un type d'événement.

- Dans la prophétie, c'est parce que certains présages surviennent que l'événement est entendu comme une prophétie. Mais politiquement ou culturellement, on peut attribuer des présages imaginaires afin que l'événement soit vu comme tenant de la prophétie.

En gros, la théorie fonctionne dans les 2 sens et ne tient nullement compte d'éventuelles coincidences dans le cas où des présages, ou signes considérés comme tels, ont fait leur apparition.
Dans le cas de Jésus, le signe de l'étoile est inspiré de traditions plus anciennes. J'ai également lu que Marie elle-même avait été surnommée "étoile-de-mer" comme le furent certaines déesses ou reines légendaires des sumériens et babyloniens. Le nom de Jésus avec des variantes sémitiques comme Ishou font référence à l'étoile (Ish). Ishou = (celui ou celle) de l'étoile.

D'ailleurs, les chrétiens ne sont-ils pas associés au symbole du poisson? La déesse Ishtar était une femme-poisson aussi bien grande dame du ciel que de l'océan. Une prophétie? Oui sans doute. Mais certainement aussi l'attente de quelque message divin, de faits vus comme symboliques pouvant être interprétés à divers degrés : Même les grands croyants ont besoin peut être pas de preuves formelles mais au moins d'un signe, aussi furtif soit-il.

Marie est à l'image de nombreuses anciennes déesses, porteuse du grand dieu incarné. Le scénario autoprophétique typique de toute grande religion.

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