en questionnant les sages

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en questionnant les sages

Message par Invité le Jeu 25 Juin 2009 - 19:37

extraits de discussions sur différentes voies. Excusez le style parce que traduites de l'anglais.

En voici une :

Un homme avait commencé à développer la foi en Dieu en lisant les saintes Ecritures mais il ne pratiquait pas réellement et ne s'astreignait à aucune discipline particulière. Un jour il tomba sur un livre de Krishnamurti et devint totalement confus et ne savait plus quelle était sa voie. Il vint voir un Swami, qui enseignait dans la voie du coeur et lui dit "je ne sais plus quelle est ma voie voie, pouvez-vous m'aider ?"

Le swami lui répondit :
Un jour un homme pieux demanda à Krishnamurti pourquoi il critiquait si violemment la tradition et les Ecritures. Krishnamurti, répondit aussitôt : "Ces discussions sont seulement pour ceux qui ont perdu la foi dans les Ecritures, si vous avez encore la foi dans les Ecritures, votre place n'est pas ici."

Le thème central de l'enseignement de Krishnamurti est que l'on s'observe soi-même et que l'on devient illuminé par soi-même. On est son propre maitre et on ne peut compter que sur soi pour trouver la vérité. Il a déclaré qu'il n'y avait aucun chemin qui conduise à la vérité. Si vous voulez suivre un chemin, alors l'enseignement de Krishnamurti n'est pas pour vous, car tout chemin suppose une tradition et une discipline.

Celui qui suit un chemin doit se tenir à la discipline propre à ce chemin, et persévérer jusqu'à ce qu'il ait atteint le but fixé par ce chemin sinon il n'arrivera à rien.

Nous qui suivons la voie du coeur, nous disons que la foi est amour de la Vérité. La Vérite est Ce qui existe ici, là, partout , maintenant et pour toujours. La connaissance et l'amour ne sont pas différents. L'amour conduit à la connaissance, de même que lorsque nous sommes établi dans la Vérité, l'amour s'épanouit. Le doute ne cesse complètement seulement dans cette expérience finale de la vérité. Mais celui qui essaie de se débarasser de ses doutes au moyen de l'intellect ne fait que les multiplier. C'est comme un arbre dont les feuilles tombent et sont aussitot remplacées par de nouvelles.

Vous aviez la foi dans nos Ecritures, et maintenant vous avez la foi en Krishnamurti. C'est la seule différence."

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Re: en questionnant les sages

Message par Invité le Sam 27 Juin 2009 - 10:04

Une autre question à Mâ Ananda cette fois :

" Y a-t-il différents niveaux dans la Connaissance sprituelle ?

Là ou il y a connaissance du Soi, comment pourrait-il y avoir des niveaux différents ? La connaissance du Soi est Une. Avancer pas à pas, relève de l'étape sur le chemin, où l'on s'est détourné de la recherche des objets des sens et où le regard se tourne exclusivement vers l'Eternel. Dieu n'a pas encore été réalisé mais chaque pas dans ce chemin est devenu atrayant. A chacune de ces étapes, correspondent des conceptions de Dieu, des expériences infinies.
Ces expériences sont dues aux diverses formes que prend le désir d'atteindre la Connaissance suprême. Le mental qui jusque-là était accaparé par les objets matériels et qui soutenait qu'on ne peut pas savoir si Dieu existe ou non, et en était arrivé à le renier, se tourne maintenant dans la direction opposée. N'est-il pas naturel que se fasse en lui la lumière correspondant à l'état qu'il a atteint ? Les états qui peuvent être atteints sont connus sous différents noms. Ces visions cessent lorsque le Soi est révélé par le Soi."


Ce que j'ai compris c'est que les diverses conceptions religieuses et les expériences qui en découlent sont autant d'étapes sur le chemin. Elles ont leur valeur, leur nécessité. C'est un long voyage que celui de l'âme qui a commencé son ascension vers le sommet. (Pour ceux qui sont attachés aux plaisirs du monde, qui n'ont encore aucun désir de s'élever, ces questions n'ont aucun sens).

Pour celui qui a décider de se mettre en route, plusieurs sentiers s'offrent à lui, certains plus abruts que d'autres, tout dépend des aptitudes du marcheur. Chacun chemine à son rythme, sur le chemin que Dieu l'aura appelé. Certains font de longues étapes pour admirer le paysage et pensent même s'y arrêter tellement le paysage est sublime. Ce sont les expériences religieuses.

Quand on a commencé réellement à grimper, on peut cheminer seul ou en groupe. On se concentre sur son chemin et en chemin on partage les joies avec ceux qui ont pris le même chemin. Arrivé à niveau déjà très élevé en altitude, il se peut que des randonneurs ayant pris d'autres chemins se rejoignent à un refuge, alors on devient capable de parler positivement avec ceux qui ont pris un autre chemin.

Mais dire qu'un chemin est meilleurs qu'un autre est parfaitement stupide car tous finissent par converger. Il y a seulement des chemins moins abrupts, plus aisés, peut être plus longs, mais adaptés aux capacités de chacun. Il se peut à un moment donné, qu'on préjuge de ses capacités, et qu'à un embranchement on prenne un sentier trop raide, il est toujours possible de retrouver le chemin qui nous convient, on aura perdu un peu de temps, ce n'est pas très grave.

Tant que l'on se dispute sur les chemins, les concepts, les dogmes, les écritures, sur les divergences, cela prouve seulement qu'on est encore au pied de la montagne, on n'a pas réellement commencé à monter.

Une fois arrivé, au sommet, il faut comprendre qu'il n'y a plus de chemins, plus de religion, plus de conceots, tous se sont rejoints, et donc aucun mot ne peut plus l'exprimer, c'est parait-il le Silence.

Comme quoi, la marche en montagne est pleine d'enseignements. Cool

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Re: en questionnant les sages

Message par Invité le Sam 27 Juin 2009 - 17:12

Une fois que l'on a atteint le sommet de la montagne, que fait-on ? Il faut bien redescendre...

C'est là que le choix d'un chemin particulier, de nouveau particulier, se fait sentir. Pour révéler son expérience à ses contemporains, il faut emprunter un langage qui leur parle. Pour décliner, il faut se mettre à leur niveau.

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Re: en questionnant les sages

Message par Invité le Sam 27 Juin 2009 - 19:08

Je n'y avais pas pensé. Un maitre ne peut enseigner que jusqu'au niveau ou il est parvenu lui-même, alors du sommet, c'est Dieu lui-même qui descend et se fait le chemin ? :sicroll:

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Re: en questionnant les sages

Message par Invité le Sam 27 Juin 2009 - 19:39

Ce que tu dis ressemble à la doctrine chrétienne du Verbe incarné.

Disons que même si le sage n'atteint que les deux-tiers de la montagne, il lui reste quand même beaucoup de chemins possibles pour "redescendre", i.e. transmettre son expérience à ses contemporains et disciples. C'est important pour lui de savoir faire le choix des mots qu'il emploiera, quoique je gage que ce choix se fait en fait tout seul, à cause de la maîtrise acquise.

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Re: en questionnant les sages

Message par Invité le Sam 27 Juin 2009 - 20:53

Oui cette doctrine existe en Inde et est assez proche de l'Incarnation chrétienne. C'est aussi avec des nuances le thème bouddiste du "boddhisattva" qui arrivé au sommet, refuse le nirvana pour revenir guider l'humanité.

Il est difficile de dire quelle est la nuance entre un homme qui atteint le niveau de Dieu et Dieu qui se fait homme.

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Re: en questionnant les sages

Message par Invité le Dim 28 Juin 2009 - 17:44

Questions à Amma (ext de Amma.org)

Q- Il y a de multiples divinités en Inde. Mais on dit parfois que ces divinités ne sont que les manifestations d’un Dieu unique. Qu’en est-il selon vous?

Il n’y a qu’un seul Dieu et Dieu est la conscience universelle ou l’énergie qui sous-tend tout l’univers. Mais cette énergie se manifeste sous des formes multiples et prend alors des noms différents. Dieu est présent dans chaque être humain et dans tout l’univers.

Il existe une Vérité éternelle qui demeure immuable malgré l'écoulement du temps Réaliser cette Vérité est le but de l'existence humaine… La vie ne peut être comblée que par cette Réalisation.

Un objet change-t-il simplement parce qu'il est nommé différemment ? L'eau, par exemple, se dit vellam en malayâlam et pani en hindi ; sa couleur et son goût changent-ils pour autant ? Non. Chacun comprend Dieu et le vénère en fonction de sa propre culture.


Q- Cela justifie-t-il l’existence de multiples voies spirituelles?

Chaque personne a une constitution, des tendances, un mental différent. ... Il en est de même pour la démarche spirituelle : il est utile qu’il y ait différentes voies, de sorte que chacun puisse trouver une démarche qui lui convienne.

Q- Si l’on adore Dieu sous une forme particulière, comme dans la voie dévotionnelle que vous enseignez, n’y a-t-il pas le risque de s’attacher à cette forme, sans jamais aller au-delà ?

Le chemin de la dévotion (bhakti) est comparable à un escalier en bois dans une maison. cet escalier nous permet de monter jusqu’au dernier étage. Arrivé en haut, on s’aperçoit que tout le reste de la maison est en bois, du plancher au plafond. Mais c’est une expérience qu’on ne fait qu’une fois parvenu en haut.

Un véritable maître, il ne laissera pas le disciple s’attacher à lui. Lorsque le disciple grandira, se retirera-t-il de lui-même pour inciter le disciple à se détacher et à aller au-delà.


Q- La dévotion vous paraît-elle nécessaire dans tous les cas ou bien constitue-t-elle un chemin à part?

L’amour est le fondement de toutes les voies spirituelles mais la dévotion (bhakti) constitue cependant un chemin bien particulier. L’éthique, le respect des valeurs, y ont une grande importance : tout n’est pas permis sous prétexte que tout est Dieu.

Quand le chemin du Védanta dit : « Tout est moi » le chemin de la bhakti, la dévotion, lui, affirme : « tout est Toi ».

Avec le Védanta, le risque est de confondre Dieu avec l’ego, tellement nous nous identifions avec ce dernier. La bhakti demande au contraire beaucoup d’humilité, afin de pouvoir s’ouvrir à Dieu et le recevoir.

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Re: en questionnant les sages

Message par Invité le Dim 28 Juin 2009 - 17:51

Je dirais que le chemin de la bhakti ressemble à la voie des carmélites tandis que le chemin du Vedanta est exemplifié par la philosophie sous-jacente // ---> à la série anglaise Le Prisonnier // : l'Atman est le Brahman, le Tout est le Soi, le N°6 est le N°1.

Ces deux voies conduisent à des cheminements très différents, c'est là qu'il faut garder en vue cette unité du résultat final. Même le nietzschéisme est une voie mystique qui mène à la réalisation de Quelque-chose, même si ce quelque-chose est trop peu qualifiable pour mériter l'appellation usuelle de << Dieu >> (sociologiquement cela pose problème).

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Re: en questionnant les sages

Message par Invité le Dim 28 Juin 2009 - 21:28

Effectivement "DIEU", est l'aspect dynamique et personnel, l'appellation de la Réalité telle qu'elle est perçue dans les religions de dévotion, elle implique une relation, donc une certaine dualité entre Dieu et le dévot. Le dévot dit: "Je veux vivre auprès de Dieu, je suis son serviteur"

Ensuite il y a un stade "non dualisme mitigé", c'est celui ou l'on voit Dieu en Soi et Soi en Dieu, mais il reste encore un petit voile de séparation, une petite trace de "je", d'individualité qui permet au yogi de faire cette expérience et de dire "je vis en Dieu et Dieu vit en moi". Il voit Dieu en tout, comme le Soi de tous les êtres et dit : "Dieu est mon Soi".

et enfin, le stade de la non dualité absolue ou le sujet, l'objet et le verbe, le connaisseur, le connu et la connaissance, ne font plus qu'UN. C'est le brahman indifférencié, impersonnel qu'on ne peut essayer de définir que négativement, ni ceci, ni cela, et le "jnani" dit : "Je suis Cela"...

Le problème est qu'il semble qu'on ne puisse qu'approcher cet état, car sinon une fois que le "je" s'est totalement dissout qui en reviendrait ? qui ferait l'expérience de quoi ? ... à moins d'être devenu Dieu.

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Re: en questionnant les sages

Message par Invité le Dim 28 Juin 2009 - 21:35


je me sens en harmonie avec cette vision des choses.

merci

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Re: en questionnant les sages

Message par phil le Lun 29 Juin 2009 - 0:01

Moi aussi, merci.

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Re: en questionnant les sages

Message par Invité le Lun 29 Juin 2009 - 9:38

La Bhagavad-Gita confirme que l'homme peut arriver jusqu'au plus haut sommet soit par la connaissance soit par l'amour de Dieu, les deux voies se rejoignant dans l'union avec le divin, ou la fusion en l'Absolu. Le sanskrit permettant beaucoup de nuances pour un seul mot, et chaque courant interprête ces versets dans un sens plus ou moins personnaliste, ce ne sont que des conceptions qui ne concernent que la voie mais ne changent rien au but lui-même.


" Beaucoup purifiés par l'austérité de la Connaissance sont arrivés à Ma nature d'être." IV.10

" Tous sont excellents mais le "jnani" celui qui possède la Sagesse est véritablement Moi-même, car je considère qu'il est est uni spirituellement à Moi le but suprême. " VII.18

" Par la dévotion il en vient à connaître Ce que JE SUIS en vérité, et M'ayant connu, ensuite il entre en CELA (ou en Moi." XVIII.55

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Re: en questionnant les sages

Message par Radha2 le Lun 29 Juin 2009 - 16:39

Merci Jayram,

Sur la bhakti et

La Bhagavad-Gita confirme que l'homme peut arriver jusqu'au plus haut sommet soit par la connaissance soit par l'amour de Dieu, les deux voies se rejoignant dans l'union avec le divin, ou la fusion en l'Absolu. Le sanskrit permettant beaucoup de nuances pour un seul mot, et chaque courant interprête ces versets dans un sens plus ou moins personnaliste, ce ne sont que des conceptions qui ne concernent que la voie mais ne changent rien au but lui-même.


Le sanskrit védique est une langue hautement flexionelle et tant d'écarts ou d'interprétations ne sont pas possibles. Chaque mot détermine le sens du prochain et il faut se plonger dans la langue pour le réaliser.

Par ailleurs les jnanistes, ou gnostiques, appartiennent à une voie qui est dite ''incluse'' dans la Bhakti, celle-ci étant finalement, le renoncement Suprême, aussi ne sont-elles pas vraiment sur le même niveau bien que la Connaissance améne à la dévotion, naturellement.

et enfin, le stade de la non dualité absolue ou le sujet, l'objet et le verbe, le connaisseur, le connu et la connaissance, ne font plus qu'UN. C'est le brahman indifférencié, impersonnel qu'on ne peut essayer de définir que négativement, ni ceci, ni cela, et le "jnani" dit : "Je suis Cela"...

Le problème est qu'il semble qu'on ne puisse qu'approcher cet état, car sinon une fois que le "je" s'est totalement dissout qui en reviendrait ? qui ferait l'expérience de quoi ? ... à moins d'être devenu Dieu.


Je comprends ce que tu veux dire, et les vérités étant relatives à l'évolution de chacun, je ne peux que mettre en garde sur le danger de considérer que nous faisons ''Un'' avec Dieu, parce-que la Mukti nous raméne à notre nature spirituelle, brahman, substance commune à l'âme distincte ET à dieu.

Cela ne signifie pas que l'Homme est Dieu, et j'insiste, il n'y a pas une quelquonque dualité pour autant. La baghavad-Gita dit clairement que L'Homme libéré, demeurre toujours un fragment distinct de L'Absolu, qui certes le rejoint dans le monde spirituel pour mieux goûter le nectar du Rasa, du sentiment entre l'être et Dieu, dont l'essence même est divine à l'image de l'amour sublime entre krsna et Radha.

Aussi libérés serions-nous de la même Nature -retrouvée- divine, aussi, incarnés, serait-il peut-être une perte de temps, à un certain niveau de vouloir se fondre dans le Brahman impersonnel sans avoir saisi, d'abord, l'essence de sa propre Nature

Au principe d'ouverture suggéré par Jayram j'ajouterai le principe de prudence;
Tout les chemins ménent certes à Rome, mais vous en conviendrez, il est facile de se perdre en route. :sicroll:

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Re: en questionnant les sages

Message par Radha2 le Lun 29 Juin 2009 - 17:50

Si je peux me permettre Embarassed

" Tous sont excellents mais le "jnani" celui qui possède la Sagesse est véritablement Moi-même, car je considère qu'il est est uni spirituellement à Moi le but suprême. " VII.18

Ce verset fait référence aux Bhaktas et non aux jnanis ; chapitre précédent: VII.17

tesam jnani nitya-yukta
eka-bhaktir visyate
priyo hi jnanimo 'tyartham
aham sa ca mama priyah


De tous, supérieur est le sage au parfait savoir, que le service de dévotion unit à moi, (Bhakti nitya-yuktah) Je lui suis trés cher, comme il M'est aussi trés cher.

Ainsi le verset 18 dit;

udarah sarva evaite
jnani tv atmaiva me matam
asthitah sa hi yutama
mam evanuttamam gatim


Jnani ici reprends donc ''ceux qui ont la connaissance'', certes, mais du Savoir Abolu, la Bhakti.

Par ailleurs;

Yukta-atma; engagé dans le service absolumam: à moi, eva; certes, anuttamam; le but le plus haut, gatim; destination

Absorbé dans mon service Absolu, il vient certes à Moi, -vers Lui- mais linguistiquement, rien n'indique qu'Il se fond en lui

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Re: en questionnant les sages

Message par Invité le Lun 29 Juin 2009 - 18:40

Radha :

Le sanskrit védique est une langue hautement flexionelle et tant d'écarts ou d'interprétations ne sont pas possibles. Chaque mot détermine le sens du prochain et il faut se plonger dans la langue pour le réaliser.

Tu sais très bien comme moi, que les Ecritures donnent lieu à de multiples interprêtations,et que des mots sanskrits sont traduits différemment par les maitres eux-mêmes qui leur donnent plusieurs sens parce qu'il se situent dans une voie personnaliste ou impersonnaliste, moniste ou dualiste.

Comment expliquer cela si le sanskrit ne permet pas de tels écarts de traductions ? ou alors est-ce la volonté de falsifier volontairement le sens ?

(J'ai 7 traductions différentes de la Gita, la plupart se rejoignent avec des nuances, mais au moins une fait l'objet d'une traduction abusive volontaire pour en forcer le sens, je ne citerai pas de nom, mais il n'y a pas besoin d'être sankritiste pour le voir, avec un bon dictionnaire de sankrit, et en comparant les différentes versions, les abus de traduction sautent aux yeux. Je pourrais t'en donner des exemples multiples)


Par ailleurs les jnanistes, ou gnostiques, appartiennent à une voie qui est dite ''incluse'' dans la Bhakti, celle-ci étant finalement, le renoncement Suprême, aussi ne sont-elles pas vraiment sur le même niveau bien que la Connaissance améne à la dévotion, naturellement.

Là je je sais qu'un "jnani" te répondrait aussi faussement que la bhakti est une étape qui conduit à la Connaissance, ils ont tous des arguments solides, cela fait des millénaires que des sages méditent et s'opposent sur ces points, alors tu penses bien que c'est pas nous qui allons avoir le fin mot. Il n'y a rien dans les Ecritures, en dehors des interprêtations sectaires, qui prouve que bhakti et jnana conduisent à des niveaux différents sinon que les seules différences résident dans la voie et non dans le but. Mais quand on a choisi une voie balisée, il faut effectivement s'y tenir, mais il ne faut pas critiquer ce que font ceux qui avancent sur d'autres chemins.

On nous dit que la vérité est Une et a des aspects multiples. Admettons que ces aspects soient des niveaux de conscience élevés, mais comment pourrait-on parler du sommet ?

Mâ Ananda nous dit que tant qu'il y a des niveaux, c'est que nous sommes encore dans la voie. Amma ne dit rien d'autre quand elle parle de la bhakti, comme d'un escalier, Ramakrishna dit que "impersonnel" et "personnel" sont comme les deux faces inséparables d'une pièce de monnaie.

Tout ce qui est opposable dénote encore une vue partielle, ainsi l'Être est opposé au non Être, le Réel à l'irréel, L'Un est opposé au multiple, le Dieu personnel est opposé à l'impersonnel, et on en sort pas, mais ce qui les unit et les transcende comme dans le symbole du yin et du yang, est encore au delà, inconcevable.

La non dualité comme l'union divine parfaite, on ne peut pas en parler, on ne sait pas ce que c'est, et c'est peut être la même chose ? Il faut se méfier de vouloir appliquer notre logique humaine à ce qui transcende la logique.

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Re: en questionnant les sages

Message par Radha2 le Lun 29 Juin 2009 - 18:59

Il n'y a rien dans les Ecritures, en dehors des interprêtations sectaires, qui prouve que bhakti et jnana conduisent à des niveaux différents sinon que les seules différences résident dans la voie et non dans le but

Je n'ai pas dit le contraire... me relire.

il ne faut pas critiquer ce que font ceux qui avancent sur d'autres chemins.

Je suis bien d'accord.

Certains repprochent aux monistes des altérations des enseignements initiaux...

Pour ma part je recommande de puiser l'enseignement à sa source. J'évite soigneusement toute traduction de la Gita et ne réagît que selon mon humble compréhension du sujet

Voilà pourquoi j'ai cité le texte initial, et le développement de mon idée.

Je ne fais que mettre en garde le lecteur curieux contre les ponts, les conclusions, les bilans ''logiques'' sans toutefois négliger sa propre logique, et SON discernement

Nous dénonçons la même chose mais différement, deux faces d'une même piéce

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Re: en questionnant les sages

Message par Radha2 le Lun 29 Juin 2009 - 20:02

Comment expliquer cela si le sanskrit ne permet pas de tels écarts de traductions ? ou alors est-ce la volonté de falsifier volontairement le sens ?

Trés bonne question... il me semble au moins évident que la quadruple division du veda originel n'a pas aidé.

Le temps avançant, la sémantique varie sensiblement selon l'intertextualité, la culture et le contexte.

Puis arrivent les spécialisations et les courants. bien avisé celui qui pourrait affirmer si oui ou non, tous sont sujets à la falsification volontaire; les mouvements ''élitistes'' (je déteste ce mot) aiment conserver certaines exclusivités de Savoir....

Ceci n'a pas vraiment d'importance en considérant que la vacuité s'applique au monde matériel, le fond commun et indiscible importe plus que les chemins qui y ménent

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Re: en questionnant les sages

Message par Invité le Lun 29 Juin 2009 - 20:18

Dans beaucoup de traductions le verset dit bien "le sage est véritablement moi-même : "jnani tv'atmai'eva me". et non pas il vient à Moi, il y a une toute petite nuance.

Commentaires de ce verset de Radhakrishnan:

"Tant que nous cherchons nous sommes encore dans le monde de la dualité, mais dés que nous avons atteint la connaissance, la dualité n'est plus. Le sage s'unit avec l'unique Soi de toutes choses."

Commentaires de Lacombe-Esnoul :

"Le sage c'est Moi-même" L'affirmation contenue dans ce verset est extrêmement importante, car dans cette équation se trouve exprimé ce qui sera dans les milieux de dévotion le culte du guru, assimilé à la divinité.

Commentaires de Mandala :

"le sage est celui qui a réalisé et unifié en lui la connaissance et la dévotion. Toute dualité est abolie. Il s'est unifié avec tout ce qui est."

Quand les sages eux même ne tombent pas d'accord, qu'y pouvons nous ? rire

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Re: en questionnant les sages

Message par Radha2 le Lun 29 Juin 2009 - 20:47

... déja qu'être d'accord avec soi-même n'est pas toujours chose aisée :humhum:

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Re: en questionnant les sages

Message par Radha2 le Lun 29 Juin 2009 - 21:17

Le métal imparfait doit être purifié avant sa tranformation alchimique

L’œuvre au noir, du nom de la couleur que prend la préparation : on calcine la matière pour ainsi atteindre l’état de putréfaction, dans lequel la matière est débarrassée de ses impuretés.

Plonger l'impatient encore souillé de certaines habitudes, dans l'enseignement direct des maîtres, peut désservir l'objectif inverse que celui initialement visé. Il faut mourrir avant, oublier le 'petit soi', le vieil homme.

Les nombreuses traductions 'réchauffées', simplifiées, en occident (je fais surtout allusion aux traductions dans les pays anglophones)sont à mon avis dangereuses; l'universalité du message védique n'étant pas un prétexte aux dérives justifiant tout les excès.

Un être mal intentionné et ignorant, reprenant une phrase d'un sage, pourra justifier ce qu'il souhaite, à l'image des sacrifices d'animaux au 6éme siécle avant notre ére.

Un être mal intentionné est, en revanche, incompatible avec une démarche d'étude personelle et de travail sur Soi.

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Re: en questionnant les sages

Message par Radha2 le Lun 29 Juin 2009 - 22:09

Pour être plus clair; je pense que les sages sont là pour montrer par l'exemple comment vivre les enseignements

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Re: en questionnant les sages

Message par Invité le Lun 29 Juin 2009 - 23:16

Je trouve que c'est bien qu'il y ait plusieurs interprêtations, c'est le propre des écritures saintes. A chacun de choisir la voie qui lui convient selon ses aptitudes.

Mais j'évite les interprêtations trop extrêmes, trop étroites qui ne vont pas dans le sens de plus d'unité entre les hommes. Je n'aime pas les gourous sectaires qui réfutent la pluralités des approches, ce qui est contraire l'esprit du sanatana dharma. J'ai faits trois séjours en Inde et jai eu l'occasion de faire des séjours en ashrâms auprès de maitres dont je tairai les noms. Actuellement je n'ai plus l'occasion de voyager mais je suis en liaison avec un maitre dans la voie de la bhakti non sectaire, qui nous fait la grâce de répondre aux questions individuelle par mail, bien sur ça ne vaut pas un contact physique, mais cest mieux que rien.

Et puis comme tu dis, un vrai sage enseigne par sa vie.

Ramana vivait dans une grotte et enseignait par le regard et le silence. Sri Aurobindo a vécu reclus dans sa chambre mais il nous a laissé par ses écrits une vision profonde et universelle sur les yogas. Ramdas enseignait la bhakti par le chant du mantra sans aucun sectarisme. Mâ Ananda comme Ramakrishna, étaient totalement libérées et obéissaient à la volonté divine. Vivekananda était dans l'action. Amma distribue de l'amour par le seva, en se mettant au service des autres. Sivananda enseignait la méditation. Pour moi ce sont tous des géants. :soumi:

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Re: en questionnant les sages

Message par Radha2 le Lun 29 Juin 2009 - 23:53

bravo

Absolument Jayram. Voilà pourquoi certains maîtres disaient que l'écriture tuerait l'enseignement véritable

Pour l'inde, c'est un rêve que d'y aller.

cheers

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Re: en questionnant les sages

Message par Invité le Mar 30 Juin 2009 - 5:52

Je suis d'accord avec vous que c'est avant tout par l'exemple que se fait l'enseignement, et l'ouverture, la tolérance sont indispensables.

Trop s'attacher aux textes, les tordre dans tous les sens pour se donner raison tout en se brouillant avec ses proches n'est que de l'orgueil qui s'appuie sur une prétendue religion, une façon de se sentir supérieur aux autres.

Je préfère de loin la ménagère souriante et calme ou l'homme simple et bon, au prêcheur moralisateur ...

Uh exemple est ce moine convers qui avait pour travail de nettoyer les sols, et le faisait comme une prière "Seigneur, lave mon âme comme je lave ce sol": il devait faire son travail joyeusement et convenablement et être un compagnon des plus agréables. Il est devenu un grand saint mais je ne sais plus lequel

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Re: en questionnant les sages

Message par bernard1933 le Mar 30 Juin 2009 - 10:23

Leela, une question pratique: quel produit utilisait-il ? La lessive Saint-Marc ?
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