Le libre arbitre
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Re: Le libre arbitre
Il y a tout un pan de paroles et de pensées qui secrètement regorgent un peu, un peu de haine ! (la parole de cette dame pieuse me fait un peu sourire : quand la parole en dit beaucoup, beaucoup trop). Quant à éviter d'exprimer nos pensées, cela relève aussi un peu du libre arbitre (certaines pensées sont trop tentantes pour les laisser dans l'ombre), comme d'ailleurs nos inclinations vis-à-vis de telle ou telle personne (maîtriser par exemple nos sentiments de haine demande vraiment de la hauteur) ! Je viens d'ailleurs de faire un usage plein du "peu" (comme quoi, est-ce signifiant un "lapsus calami" ou un jeu de mots ou une parole qui laisse entendre beaucoup ?). Du reste à savoir si la souffrance peut être dépassée sans verser dans la haine arbitraire de tout et de rien : à gérer au repos en pleine possession de soi et de son libre arbitre !

Alcibiade- Affranchi des Paradoxes
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Identité métaphysique: Rationaliste pascalien
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Date d'inscription: 09/07/2012
Re: Le libre arbitre
Si philosophiquement, tout le monde est d'accord pour considérer que la haine est le pendant de l'amour, je ne vois pas pourquoi nous ne pourrions pas avoir le sentiment de l'un et pas de l'autre.
Amour et Haine ne sont-ils pas des passions ? Et les passions ne se justifient pas!
Amour et Haine ne sont-ils pas des passions ? Et les passions ne se justifient pas!
Re: Le libre arbitre
Le rapport entre l'amour et la haine est en effet très intéressant à élucider.
Je dirais que pour éprouver de la haine envers quelqu'un, il faut l'avoir préalablement aimé, et que l'amour est un sentiment (car l'amour-passion pose problème) accompagné par la pensée de la protection de l'objet aimé par opposition à la haine qui serait la passion (car il ne peut y avoir a priori de mesure dans la volonté de détruire l'autre et donc de sentiment de haine) accompagnée par la pensée de la destruction de l'objet haï. Aimer l'autre, dirais-je, c'est soit vouloir lui porter bienveillance et protection (amour-sentiment), soit vouloir le posséder et le garder pour soi (amour-passion).
Pourquoi la haine alors ? Et quel est le moment de passage entre l'amour et la haine ?
Dans un cadre passionnel, cela peut se comprendre : l'autre, s'étant dérobé à notre volonté de possession, devient à abattre (s'il ne m'appartient plus, il n'appartiendra à nul autre).
Dans un cadre mesuré, comment expliquer le passage du sentiment de bienveillance porté à l'autre à la haine de l'autre ?
Une profonde déception morale, une souffrance liée à une désillusion de sorte que l'espoir qu'on avait placé en l'autre ou dans les autres s'est brutalement effondré et que l'impression perdure qu'il n'y a plus ni valeurs morales, ni sens à s'engager et à aimer !
Cette constatation amère, où les décors s'écroulent, me semble pouvoir déboucher sur la passion et la haine de l'autre, des autres, du monde, de Dieu, etc. (tout cela étant dit au conditionnel : non une prise de position, mais une réflexion).
Du coup, on peut peut-être comprendre qu'en ayant beaucoup misé sur la valeur des actes humains et en ayant donc beaucoup aimé l'homme dans son individualité ou dans son universalité, et que l'on constate ensuite que celui-ci contredit souvent les fondements moraux de l'existence, on puisse en arriver à haïr ceux qui concrétisent au mieux l'image du mal ; mal que l'on abhorre ! Or, ces images du mal, prises au hasard des faits divers ou des lectures, ces incarnations du mal que sont les grands criminels, les apologistes de la torture, les théoriciens du sadisme innocent, etc. ne sont que des hommes qui ont failli, qui se sont débattus avec un libre arbitre retors et trop exposé aux tentations, qui ont certainement eux-aussi perdu foi et ont haï, et qui ont eu des raisons de haïr et de faire le mal.
Je dirais que pour éprouver de la haine envers quelqu'un, il faut l'avoir préalablement aimé, et que l'amour est un sentiment (car l'amour-passion pose problème) accompagné par la pensée de la protection de l'objet aimé par opposition à la haine qui serait la passion (car il ne peut y avoir a priori de mesure dans la volonté de détruire l'autre et donc de sentiment de haine) accompagnée par la pensée de la destruction de l'objet haï. Aimer l'autre, dirais-je, c'est soit vouloir lui porter bienveillance et protection (amour-sentiment), soit vouloir le posséder et le garder pour soi (amour-passion).
Pourquoi la haine alors ? Et quel est le moment de passage entre l'amour et la haine ?
Dans un cadre passionnel, cela peut se comprendre : l'autre, s'étant dérobé à notre volonté de possession, devient à abattre (s'il ne m'appartient plus, il n'appartiendra à nul autre).
Dans un cadre mesuré, comment expliquer le passage du sentiment de bienveillance porté à l'autre à la haine de l'autre ?
Une profonde déception morale, une souffrance liée à une désillusion de sorte que l'espoir qu'on avait placé en l'autre ou dans les autres s'est brutalement effondré et que l'impression perdure qu'il n'y a plus ni valeurs morales, ni sens à s'engager et à aimer !
Cette constatation amère, où les décors s'écroulent, me semble pouvoir déboucher sur la passion et la haine de l'autre, des autres, du monde, de Dieu, etc. (tout cela étant dit au conditionnel : non une prise de position, mais une réflexion).
Du coup, on peut peut-être comprendre qu'en ayant beaucoup misé sur la valeur des actes humains et en ayant donc beaucoup aimé l'homme dans son individualité ou dans son universalité, et que l'on constate ensuite que celui-ci contredit souvent les fondements moraux de l'existence, on puisse en arriver à haïr ceux qui concrétisent au mieux l'image du mal ; mal que l'on abhorre ! Or, ces images du mal, prises au hasard des faits divers ou des lectures, ces incarnations du mal que sont les grands criminels, les apologistes de la torture, les théoriciens du sadisme innocent, etc. ne sont que des hommes qui ont failli, qui se sont débattus avec un libre arbitre retors et trop exposé aux tentations, qui ont certainement eux-aussi perdu foi et ont haï, et qui ont eu des raisons de haïr et de faire le mal.

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