Les principes enseignée dans le Bouddhisme: LA VACUITE

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Les principes enseignée dans le Bouddhisme: LA VACUITE

Message par Lila le Ven 27 Aoû 2010 - 8:14

Je n'avais pas encore abordé ce sujet parce que j'avais du mal à définir cette notion, mais JO y est arrivée en quelques lignes:
JO a écrit:je tourne en ce moment autour du vide quantique, qui semble être la source ultime de tout ce que nous appelons réalité: un illimité potentiel d'énergie/information, où des paquets d'ondes se forment et sont le coeur de la matérialisation des choses et des évènements , concrétisés . Le visage de Dieu, en somme. Avec la rétroaction entre ce qui se concrétise dans l'observation humaine, et le potentiel disponible .
C'est ainsi que l'observateur créerait la réalité .
c'est exactement la définition de ce que les bouddhistes appellent "vacuité".
Quelqu'un d'autre (Leleu, je pense) avait suggéré la comparaison avec la feuille blanche: elle est vide, potentiellement capable de recevoir une infinité de dessins et de textes, qui dépendent de la vision, des conditionnements, et des capacités de celui qui va l'utiliser.

On y retrouve le principe d'interdépendance. ICI

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le big-bang

Message par jose le Jeu 16 Sep 2010 - 19:27

Tout à fait d'accord avec vous: la vacuité n'est pas vide, elle est le ''siège'' de l'antimatière (d’après les astrophysiciens qui étudient le big-bang) à l'origine de ce big-bang quand cette antimatière s'est amassée, comprimée avant d'exploser et de donner naissance à toutes matières comme c'est encore le cas aujourd'hui.
L'alpha et l'oméga, la source de la béatitude...

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Re: Les principes enseignée dans le Bouddhisme: LA VACUITE

Message par Invité le Ven 17 Sep 2010 - 17:21

L'ontologie bouddhiste, l'abhidharma n'attribue la création qu'aux accrétions (skandas) autour de la fausse idée illusoire d'un moi permanent.
La théorie du Bigbang est critiqué par de nombreux scientifiques. Elle ne repose que sur l'interprétation du redshift par l'effet Doppler qui est contestée. Mais la théorie séduit les créationnistes, elle remet la terre au centre du monde et de la création, puisque toutes les galaxies s'en éloignent uniformément. On revient en quelque sorte à l'anthropocentrisme de Ptolémée.
Prigogine, questionné à ce sujet dit:
De l'être au devenir, 42 et 43:
Mais là, je ne suis pas tout à fait d'accord. Parce que je crois que la création de l'univers aussi est une fluctuation. L'univers provient d'un préunivers, le vide quantique. C'est probablement ce vide qui, par ses fluctuaations, a créé l'univers dans lequel nous nous trouvons.

Et pour moi, la transition entre le préunivers et l'univers est avant tout un problème de passage du vide, qui contient dèjà des particules en puissance, à des particules réelles.

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Re: Les principes enseignée dans le Bouddhisme: LA VACUITE

Message par Invité le Ven 17 Sep 2010 - 18:01

J'ajoute que je conçois l'espace "vide" comme un "milieu d'ondes", un éther formé de quanta d'espace, parcouru par des ondes de toute longueur d'onde à partir de la longueur de Planck, donc aussi des ondes "psychiques" selon la théorie des champs morphiques de Sheldrake. Les quanta d'espace sont des quanta potentiels qui ne deviennent des quanta actuels que par leur mise en oscillation par les ondes et peuvent s'agglutinent au centre d'un mouvement d'ensemble en vortex pour former les particules de matière.
La structure est l'éther, l'énergie est ondulatoire et l'information ce sont les formes d'interférences spatio-temporelles entre les ondes. Tout peut s'expliquer à partir de là.
Ma conception repose sur une synthèse des théories matérielle de Jean-Claude J.Cl. Villame et ondulatoire de Milo M. M. Wolff, Lafrenière et Lepinard. Résumés et liens vers ces auteurs peuvent être trouvés sur mon site, page 4.

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Re: Les principes enseignée dans le Bouddhisme: LA VACUITE

Message par jose le Dim 3 Oct 2010 - 10:36

l'antimatière plutôt que l'éther...En tout cas depuis Einstein...
celà n'enlève rien à la véracité des dires...Le big-bang est parti de l'antimatière et la vacuité c'est l'antimatière...Elle est l'alpha et l'oméga.
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Re: Les principes enseignée dans le Bouddhisme: LA VACUITE

Message par Geveil le Dim 3 Oct 2010 - 10:50

On a peur du néant, hein ?
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Re: Les principes enseignée dans le Bouddhisme: LA VACUITE

Message par Jipé le Dim 3 Oct 2010 - 11:08

Gereve a écrit:On a peur du néant, hein ?
Alors Gerève....c'est ton grand retour ?! Tu es sorti du néant ? rire
Content de te voir trainer ici Wink

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Re: Les principes enseignée dans le Bouddhisme: LA VACUITE

Message par jose le Dim 3 Oct 2010 - 11:09

pas moi (peur du néant pas de voir gerève!)
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Re: Les principes enseignée dans le Bouddhisme: LA VACUITE

Message par Invité le Dim 3 Oct 2010 - 11:51

jose:
l'antimatière plutôt que l'éther...En tout cas depuis Einstein...
celà n'enlève rien à la véracité des dires...Le big-bang est parti de l'antimatière et la vacuité c'est l'antimatière...Elle est l'alpha et l'oméga..
Non, Einstein et le Bigbang méritent une révision.
Par exemple Prigogine n'est pas d'accord que le Bigbang soit la création de l'univers. Il dit:
L'univers provient d'un préunivers, le vide quantique. C'est probablement ce vide qui, par ses fluctuations, a créé l'univers.
L'éther ou le vide c'est l'espace qui contient toutes les potentialités. Quant à l'antimatière, reste à voir si elle existe ou si ce n'est pas simplement l'énergie.

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Re: Les principes enseignée dans le Bouddhisme: LA VACUITE

Message par Geveil le Dim 3 Oct 2010 - 12:02

Jipé a écrit:
Gereve a écrit:On a peur du néant, hein ?
Alors Gerève....c'est ton grand retour ?! Tu es sorti du néant ? rire
T'inquiète, j'y retournerai un jour ou l'autre.
Content de te voir trainer ici Wink
merci [/quote] Ouaip! C'est par peur du néant!
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Re: Les principes enseignée dans le Bouddhisme: LA VACUITE

Message par Petruk le Dim 21 Nov 2010 - 22:08

Pour les bouddhistes du Mahâyâna, la vacuité n'a rien à voir avec un potentiel, un espace, une origine, etc. (Même si la longueur de Planck et la "singularité" du trou noir sont de merveilleuses entités...). La vacuité d'un objet, c'est le simple fait qu'il n'a pas d'existenc indépendante, qu'il n'est pas singulier et encore moins autonome. C'est tout. Il n'y a pas de vide d'où viendrait la "forme", pas de vide qui résulterait de la disparition, déconstruction, etc. de la forme. La forme, c'est le vide : il n'y a pas un fragment d'instant où cette forme est en soi et par soi ; chacune de ses parties, chacun de ses niveaux, à toutes les échelles d'observation possibles, est "introuvable", irreprésentable, etc. Et c'est cette introuvabilité qu'on appelle "vacuité". De même, la vacuité n'est rien d'autre que la forme (ou n'importe quel autre objet) : on ne la trouvera pas dans l'espace, l'absence, le néant, le non-être, mais dans l'objet en tant que phénomène interdépendant. La vacuité, explique Nâgârjuna, c'est un autre nom de la production interdépendante (ou co-production conditionnelle). On peut aussi l'appeler "voie médiane", ou "du milieu".

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Re: Les principes enseignée dans le Bouddhisme: LA VACUITE

Message par _zakari le Dim 9 Jan 2011 - 14:18

interdépendance

oui
dans ma gnose agnostique !! j' appelle cela la hadra (la présence) qui s'organise
au travers (dans le monde sensible) de l'impermanence
Cette impermanence que l'on retrouve dans la shahada ( il n'y a de Dieu que Dieu ) ou dans sa propre dualité

j'avais pu lire un texte sur les illusions et l'impermanence qui n'est pas mauvais comme approche , ou rapprochement , selon les convenances de l'interdépendance
------------------
Cf le texte du spoiler ci-dessous :
Intervention à l’institut Karma Ling, lors de la rencontre Islam - Dharma en Juin 2003 – par Eric Geoffroy-:


Présentation

Islamologue au Département d’études arabes et islamiques de l’Université Marc ‎Bloch (Strasbourg), Eric Geoffroy est spécialiste du Soufisme . Il travaille aussi sur la mystique comparée, et les enjeux de la spiritualité dans le monde contemporain (spiritualité et mondialisation ; spiritualité et écologie...). Artisan du dialogue inter-religieux, il intervient à ‎l’échelle internationale comme conférencier dans le domaine du Soufisme ‎‎(Europe, monde arabe, USA…). ‎


Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs,

Mon intervention, très modestement, part d’un préliminaire un peu égoïste au sens où j’ai côtoyé des bouddhistes tibétains du Vajrayana, avant ma quête en islam, il y a une vingtaine d’années environ. Pour employer un terme soufi, j’ai « goûté » au bouddhisme, mais assez peu finalement, et pour des raisons concernant la forme ou l’enveloppe spirituelle, je me suis dirigé vers l’islam soufi. Pour autant, il y a des questions qui sont restées inexplorées parce que je n’ai pas eu le temps d’approfondir le bouddhisme.... Ce sont des interrogations par rapport à des thèmes qui me paraissent centraux dans le bouddhisme et dans la métaphysique extrême-orientale en général, sur l’idée d’impermanence et d’illusion. Je voudrais vous faire part, en toute simplicité, de ce que je crois trouver dans la tradition islamique et dans le Coran, et qui répond tout à fait à ces appuis doctrinaux. On peut faire une considération géographique, mais la géographie n’est jamais purement physique, elle est toujours métaphysique. Un verset du Coran dit que les musulmans ont été placés sur terre comme une « communauté du milieu ». Cela s’entend, notamment, d’un point de vue géographique, au sens ou l’islam a été en contact très rapidement, et pas par hasard, avec l’Occident, avec les traditions chrétienne, juive et aussi avec les traditions bouddhiste, hindoue, etc. Il y a eu certes des emprunts historiques, mais c’est très secondaire ; il y en a eu bien sûr, et c’est réciproque, mais ce n’est pas très important. Le plus important ce sont les invariants spirituels qu’on retrouve dans toutes les traditions spirituelles.

Je commence sur le thème de l’impermanence : le monde meurt et renaît à chaque instant. Il y a une profonde instabilité du monde phénoménal, et les maîtres soufis partent souvent d’un verset très court mais très allusif : Kulla yawmin Huwa fi sha’n : « ...Chaque jour, Il est à l’œuvre. » [1]. Et de là, des maîtres expérimentent, formulent le fait qu’il y a une succession ininterrompue de théophanies, ce mot qu’on a évoqué hier : « al-Tajalli [2] ». Ces théophanies sont innombrables et prennent des formes innombrables. Nous sommes toujours dans le monde des formes. Et bien cela vient d’en haut, évidemment... D’en haut, d’en bas.
La création, nous dit Ibn Arabi mais d’autres maîtres aussi, est sans cesse renouvelée par ces théophanies, qui se succèdent sans que l’on s’en aperçoive, sans que l’on en ait conscience. La création est sans cesse renouvelée, grâce au nafas al-Rahman, le souffle du Tout Miséricordieux, qui est souffle de vie. « Le miséricordieux », al-Rahman, est pour moi un attribut féminin de Dieu car ce mot vient du sémitique « rahim » qui désigne la matrice. Dieu se présente là sous la forme d’une mère qui donne vie constamment. À chaque souffle qui redonne vie. À chaque instant. C’est une des interprétations mais qui est avérée par des maîtres soufis. Cette création sans cesse renouvelée, les maîtres la puisent aussi d’un autre verset Coranique, assez court et substantiel aussi : « A fa a’înâ bi al-khalq al-awwal [3] » : « ... Avons-nous été épuisé par la première création ? Non, et pourtant ils (les hommes, les mécréants) doutent d’une nouvelle création. » (Dieu parle dans le Coran à trois personnes : Je, Nous et Il. Avons-nous été épuisé par la première création ? Non, parce que les théophanies ne se répètent jamais. Le monde est constant dans son inconstance. Et c’est pour ça que le monde est toujours admirable, qu’il n’y a pas une figure identique, un visage semblable à un autre : les théophanies divines ne se répètent jamais. C’est une source vive constante, constante. Depuis la pré-éternité (al-azal) jusqu’à la post-éternité (al-abad). Et nous ne sommes qu’un accident, un incident dans cette éternité. Les maîtres nous disent aussi qu’il n’y a pas de séparation temporelle entre mort et renaissance. C’est un mouvement imperceptible qui est accessible à certains hommes réalisés, hommes ou femmes bien sûr. Que cette succession totalement ininterrompue puisse être repérée, cela nous échappe d’une manière générale, mais certains maîtres réalisés peuvent en avoir conscience par le dévoilement spirituel (kashf), le dévoilement intuitif, spirituel, métaphysique. C’est pourquoi Ibn Arabi nous dit que le monde n’a aucune stabilité temporelle. Je me suis fait bon élève, j’ai ramené quelques textes bouddhistes que j’avais encore chez moi... Vous me permettrez de les citer... La tradition bouddhiste n’a pas changé, vous devez connaître ce texte : « Ainsi dans l’océan de la vie se lèvent des vagues innombrables, toujours mouvantes, dont aucune ne constitue une entité indépendante, existant par elle-même. C’est souvent à l’océan qu’est comparé le Samsara - je ne sais pas si je prononce bien, je prononce peut-être un peu à l’arabe - littéralement, l’errance perpétuelle. Ce processus indéfini de naissance, développement, déclin, mort et renaissance. » Cette succession de mort et renaissance, je la trouve dans un autre verset : « C’est Lui qui vous amène à la vie, qui suscite en vous la vie, puis Il vous fait mourir, puis Il vous fait renaître, mais l’homme est très ingrat » (ou « voilé »). Al-kufr, c’est le voile. L’homme est voilé, et quelque part, heureusement, parce que l’homme ne peut pas supporter l’irradiation divine. C’est pour cela qu’hier, on a dit que les théophanies étaient relatives. On ne peut pas supporter l’irradiation de l’essence divine. Certains ont voulu en faire l’expérience, et en sont revenus aveugles, terrassés, etc. Et non des moindres : Sidna Moussa, Moïse, selon le Coran. Mort et renaissance. Alors pourquoi cette création sans cesse renouvelée ? Parce que sans ce support existentiel, divin, existentiel au sens où il amène à l’existence (Existare c’est sortir de l’Etre : nous sortons de l’Etre divin pour y retourner à la mort, physiologique ou initiatique). Sans ce support (madad) divin, la création n’est que pur néant. Beaucoup de maîtres l’ont vécu et le disent. Ce sont des mots très riches. Pourquoi ? Parce que la création ne possède pas d’être en propre. Nous n’avons, nous les créatures des différents règnes, qu’une existence empruntée au seul Etre, que les soufis souvent appellent le Réel (al-Haqq), le seul Réel. Une existence empruntée au seul Etre qui est bien sûr l’Etre divin. Et là-dessus, la métaphysique soufie rejoint la théologie la plus exotérique au sens où les théologiens musulmans nous disent que le seul être nécessaire c’est celui de Dieu. Les êtres contingents, des créatures, ne sont que des êtres possibles. Notre existence est possible. Nous sommes là, mais pourrions ne pas être là. Nous pourrions ne pas être incarnés. Nous sommes dans le domaine du possible, presque du virtuel. Seul l’être de Dieu est stable, s’impose et est nécessaire. Bien sûr on est tout droit dans la shahâda [4], dans le premier « pilier » qui est l’essence doctrinale de l’islam. Il n’y a de dieu que Dieu... Pour les soufis, il n’y a que Dieu signifie : il n’y a que l’Etre. On retrouve une certaine influence historique néo-platonicienne, avec l’émanatisme : la création émane de Dieu, qui retourne à Lui, dans un flux et reflux du « souffle du Miséricordieux »... L’islam soufi a pris, historiquement, des éléments néo-platoniciens qu’il s’est appropriés. Ce n’est pas un emprunt extérieur, il correspond à la structure coranique elle-même, à la texture coranique. C’est Dieu, nous dit Ibn Arabi, qui sustente les créatures à chaque instant. Et la physique moderne nous dit que nous avons à chaque instant des milliers de cellules qui meurent et d’autres qui naissent. Création sans cesse renouvelée. Sans cesse. Le monde n’a aucune consistance : nous vivons dans l’illusion, le wahm. Nous vivons dans l’illusion permanente de l’impermanence. C’est un voile suprême, un paradoxe complet. Nous vivons dans l’illusion permanente de l’impermanence. Il me semble que nous sommes proches du mot sanscrit Shunyatâ, qui signifie la vacuité. D’après un livre bouddhiste que j’ai entre les mains, « Ce terme n’implique pas le néant, mais la reconnaissance que les phénomènes sont dépourvus de nature propre, impermanents, relatifs et conditionnés. » Le Coran parle de la ruse divine. C’est dur à encaisser... Dieu est rusé ! J’imagine la réaction des bouddhistes : « Ah bon, ils ont un Dieu, et en plus Il ruse ! ». Et en plus, Il ruse même avec Ses saints ! Dieu ruse avec ses proches, avec ses intimes !
Et il y a une source scripturaire, la plus belle parole qu’ait dite un poète, un certain Labîd : « Toute chose, hormis Dieu, n’est-elle pas illusoire ? » Le Prophète lui-même trouvait que c’était l’essence de la poésie, un sens vrai et pertinent. Je citerai le maître soufi Abu l-Hasan Shadili [5], fondateur d’une voie initiatique qui a pris corps en Egypte, et qui à partir de là s’est répandue partout chez les musulmans et, depuis un siècle environ, en Occident aussi. Shadilidisait : « le soufi est celui qui en son être intime considère les créatures comme la poussière qui se trouve dans l’air. Ni existante, ni inexistante. Seul le Seigneur des mondes sait ce qu’il en est. » Il disait aussi : « Nous ne voyons aucunement les créatures » (nous en fait, c’est lui : quand un maître est réalisé, il ne dit plus « je », il dit « nous »). Y a-t-il dans l’univers quelqu’un d’autre que Dieu, le seul réel ? Certes les créatures existent, mais elles sont tels les grains de poussière dans l’atmosphère, si tu veux les toucher, tu ne trouves rien. »
Et un autre maître shadili, un de ses successeurs, prenait l’image de l’ombre, la parabole - pour parler comme l’évangile - de l’ombre : « Lorsque tu regardes les créatures avec l’œil de la clairvoyance, tu remarques qu’elles sont totalement comparables aux ombres. Les traces que constituent les créatures (c’est un terme soufi, toutes les créations sont autant de traces divines imprimées sur terre) revêtent l’aspect d’ombres, mais elles se réintègrent dans l’unicité de Celui qui imprime ces traces : Dieu, résorption dans l’unicité ». A certains points de vue, ces maîtres nous semblent indiquer que la matière n’existe pas et que seule l’énergie divine fait vivre les créatures. Il y a un soutien ontologique, au niveau de l’être, qui vient de Dieu, qui peut aussi être exprimé en termes de lumière... Il y a un verset qui dit : « Dieu est la lumière des cieux de la terre [6] », et les maîtres expliquent que ce n’est pas, bien sûr, la lumière manifestée, secondaire, c’est la lumière principielle : c’est l’Etre. Les maîtres disent que Dieu est lumière. Dieu est l’Etre des cieux et de la terre et sans cette lumière nous serions dans une pénombre indifférenciée. Nous n’existerions pas. Parce que nous existons dans la dualité. Donc, d’abord la lumière divine, et tout de suite en-dessous la seconde manifestation, c’est la « lumière muhammadienne » Nûr Muhammadi [7]. Dans la tradition musulmane, le monde n’existe que mû par cette lumière. Dieu a créé le monde par amour du Prophète. Il y a une parole divine, hors du Coran, qui dit : « Si ce n’avait été pour toi, Nous n’aurions pas crée les cieux, les astres. »

C’est cette lumière muhammadienne qui est l’instigation, qui est le moteur de la création. Il n’y a pas de matière finalement. Il y a lumière, il y a flux, énergie, il y a ce terme de baraka que l’on a évoqué hier, et qui est et reste fondamental. Bien sûr, il a été dévié. Dans le soufisme lui-même. On dit de tel maître qu’il n’a plus que la baraka, il n’a plus le sirr [8], il n’a plus le secret initiatique : il ne véhicule donc plus que la baraka... Mais est-ce que ces gens-là savent de quoi ils parlent ? La baraka vient de Dieu, elle passe par la forme muhammadienne, en héritant des 124000 prophètes que j’évoquais hier. C’est un fluide qui passe dans toute l’humanité, pas seulement chez les musulmans. Un maître spirituel, qu’il soit bouddhiste ou musulman, est une bénédiction. On traduit souvent baraka par bénédiction, mais c’est plus exactement un flux spirituel. En tout cas, un maître est une bénédiction pour toutes les créatures. L’imam Shadili disait qu’il voyait « l’énergie divine, le fluide divin chez les poissons, dans leur frétillement incessant ».
Au sein du soufisme, la baraka est véhiculée par une chaîne d’or ( sisila [9]). Je sais que dans le bouddhisme tibétain c’est extrêmement important aussi. Une chaîne d’or qui relie le disciple à son maître d’une part, donc à la source vivante, et ce maître est relié de maître en maître à travers le temps, au Prophète, puisqu’en islam, le Maître, c’est le Prophète. Et tous les maîtres incarnés dans le temps, successivement, prennent leur madad, leur soutien spirituel, du Prophète. C’est la source. Je sais qu’il y a là une très forte similitude avec le bouddhisme tibétain. Il me semblait important d’y faire allusion. Cette illusion qui nous habite, elle pare les choses et les êtres d’une existence indépendante. C’est là que nous sommes en pleine illusion, nous nous croyons indépendants, les uns des autres, d’une part, les hommes par rapport aux autres règnes, animal, végétal, etc. D’où le problème de cette civilisation actuelle, qui détruit complètement tout ce qui l’environne. Nous nous croyons indépendants de Dieu. Et c’est un voile. Des maîtres nous disent que ce leurre prend pied en nous depuis la petite enfance. On s’habitue à l’illusion, nous sommes élevés là-dedans, sauf si, par la grâce divine, on perçoit les choses, et puis, il y a bien sûr, le facteur de l’éducation. On s’accoutume à cette illusion de manière progressive, à une vision subjective du monde.
Par rapport à cette illusion, il faut faire des distinctions. La plupart des maîtres, dont Ibn Arabi en premier, nous disent, en gros, que l’illusion est relative. Nous avons bien une consistance immédiate, nous sommes incarnés, et l’homme a été choisi comme représentant de Dieu sur terre, selon le Coran. Et pourtant le Coran nous dit que l’homme est ingrat, qu’il n’est pas à la hauteur, mais pour une sagesse divine qui nous dépasse, l’homme a été choisi pour être le représentant de Dieu sur terre. Ce n’est pas une illusion complète. Ibn Arabi nous dit que nous sommes illusion, mais sur un plan relatif. Tout est relatif, il faut savoir situer les choses. D’autres maîtres considèrent que le monde est une illusion totale, en particulier Ibn Sab’în [10], andalou d’origine. Il est allé très loin. Même dans le soufisme, il était un petit peu rejeté, enfin au départ, et finalement sa doctrine réapparaît, notamment chez l’Emir Abd el kader, qui, lui pourtant, était disciple à travers le temps, d’Ibn Arabi. On perçoit chez l’Emir cette « Unicité absolue » (wahda mutlaqa), que tout est vain, tout est complètement illusoire, sauf l’être divin qui a la Présence totale. Voilà, vous voyez qu’il y a des degrés à observer et là aussi on revient sur une notion que j’évoquais plus haut, l’adab ou la convenance spirituelle. Ce serait heurter la sagesse divine de dire que tout est vain, et donc je n’agis pas, ni au niveau social, spirituel, politique etc. Non, Dieu a créé ça, c’est une réalité relative, mais c’est là quand même. Donc, par respect pour cette sagesse divine, cette volonté divine, j’agis dans le monde, mais je ne prends pas les choses au premier degré.
De même le voile entre Dieu et l’homme est illusoire. C’est ce que disent les maîtres, car là encore nous sommes dans le monde de la dualité. C’est un voile paradoxal, qui est énorme. Les maîtres prennent encore l’image du poisson. L’un d’entre eux dit que nous sommes, par rapport à la Présence divine, à l’espace divin, comme des poissons dans l’eau. Le poisson ne se rend pas compte qu’il est dans l’eau, car c’est son élément. Nous sommes dans cette Présence divine, mais nous ne nous en rendons pas compte, car nous sommes voilés. Cela a des répercussions graves, en tout cas pour les soufis, car même si nous sommes engagés dans une démarche spirituelle, nous restons dans une sorte d’idolâtrie subtile. En islam, le seul pêché que Dieu ne pardonne pas, c’est le fait d’associer une divinité ou un être, ou bien notre ego. L’idolâtrie grossière est facile à éliminer : elle consiste dans l’adoration des pierres, des astres, des statues, etc. Les soufis disent que c’est beaucoup plus difficile de se débarrasser de l’idolâtrie subtile (shirk khafi) parce qu’elle est cachée. En fait, nous adorons notre ego, même et surtout si c’est un ego spiritualisé. Dès que l’on commence à progresser sur la Voie, que l’on commence à voir tel ou tel phénomène, alors là, on ne se sent plus, et l’on adore subtilement notre ego. C’est un piège, c’est la ruse divine. Et le Coran nous prévient là-dessus :« N’as-tu pas vu celui qui prend sa passion comme divinité [11] » Et le Coran revient à plusieurs reprises là-dessus. Le désir, comme chez les bouddhistes, est cause première de la souffrance. Des maîtres soufis nous disent que même le désir d’arriver à Dieu est une passion » .Voilà, c’est une passion... Donc, ça nous ramène à notre ego. Il faut pratiquer le lâcher prise, et en même temps, il faut être volontaire. Le soufisme nous dit qu’il faut être murîd [12], il faut vouloir atteindre Dieu, mais l’on est avant tout murâd [13], on est voulu par Dieu, désiré par Lui. Murîd et murâd , c’est un couple d’opposition, mais c’est un couple. Donc, on est désirant de Dieu, mais avant tout, l’initiative vient de Dieu. Et le lâcher prise, dans le soufisme, c’est comme un souffle. Mais, et c’est le paradoxe, vous savez très bien que la vie spirituelle se vit dans le paradoxe : il faut quand même avoir une démarche, une énergie spirituelle. Mais on ne pourra rien faire tant qu’il n’y a pas cette attraction divine. On a aussi parlé hier du majdhûb, ce « ravi en Dieu » qui a parcouru la Voie, mais d’une manière fulgurante, trop vite et sa raison n’a pas suivi. Le majdhûb vit en Dieu, mais la raison, qui est terrestre, n’a pas tout à fait suivi. Mais ce n’est pas un fou. Au mieux, on peut dire que c’est un fou de Dieu.

Voilà, le désir d’arriver est une passion et encore une fois, il y a un terme qui revient toujours dans le Coran, al-ghurûr, le leurre, l’égarement. Le Coran revient constamment sur le fait que la vie de ce monde, et les jouissances éphémères qu’elle comporte sont un leurre. Un leurre qui abuse l’homme. Mais en même temps, un leurre nécessaire.

[1] Coran, Sourate 55-Verset 29
[2] Mot arabe qui veut dire à la fois irradiation, manifestation, théophanie.
[3] Coran, sourate 50, verset 15.
[4] Shahâda : profession de foi islamique : « Il n’y a de dieu que Dieu »
[5] Sidi Abu Hassan Shadili : Maître soufi du XIIIe siècle d’origine marocaine (1196-1258) et saint fondateur éponyme de l’une des principales voies initiatiques du soufisme : la Shadiliyya.
[6] Coran, 24 :35
[7] Nour Muhammadi : littéralement lumière Muhammadienne.
[8] Sirh : mot arabe qui signifie secret
[9] Silsila : chaine de transmission initiatique
[10] Ibn Sabîn : Soufi marocain du XIIIe siècle (m.1270)
[11] Coran 25 : 43.
[12] Murîd : aspirant, cheminant, voulant atteindre Dieu
[13] Murâd : aspiré, voulu par Dieu


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Re: Les principes enseignée dans le Bouddhisme: LA VACUITE

Message par Petruk le Dim 9 Jan 2011 - 23:21

Salut Zakari ! Très bien, ce que dit Eric Geoffroy, ça fait plaisir, ce genre de vision. Dieu en tant qu'être nécessaire me laisse un peu songeur ; en tant que réel (tout court), je comprends mieux. Et j'aime aussi que Dieu soit compatissant sous deux aspects : rahmân et rahîm. C'est l'utilité du vide, l'égalité en acte.

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Re: Les principes enseignée dans le Bouddhisme: LA VACUITE

Message par _zakari le Lun 10 Jan 2011 - 0:14

bien a toi
Eric Geoffroy

oui il n'a pas compris certain truc dans d'autres textes que j'ai pu lire , mais il est convaincu que la clé est lié a sa présence , il lui manque encore l'accueil de son absence
Qui nous renvoie a la soumission tant décrié en première lecture de l'Islam et qui est une inversion du temps dans notre actualisation , comme d'avec celui qui vie par défaut de se voir venir et l'autre qui vie par défaut de se voir arriver

somme nous appelez a notre souvenir ou devons nous , nous rappeler d'un souvenir.

Je songe que je laisse venir , sachant que je ne suis jamais parti ... , pourquoi faire ce qu'un autre peut faire bien mieux que moi


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Re: Les principes enseignée dans le Bouddhisme: LA VACUITE

Message par pladao le Mar 25 Jan 2011 - 15:23

je sugerre de lire
le moine et l astrophysicien de Adjan Paul Ricard
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Re: Les principes enseignée dans le Bouddhisme: LA VACUITE

Message par MystikSheep le Mar 15 Mar 2011 - 18:11

Quelqu'un d'autre (Leleu, je pense) avait suggéré la comparaison avec la feuille blanche: elle est vide, potentiellement capable de recevoir une infinité de dessins et de textes, qui dépendent de la vision, des conditionnements, et des capacités de celui qui va l'utiliser.
J'adore ! Si on applique cela au vide, cela donne quoi? Qu'est-ce qui utilise le vide? Pas le vide lui même rire ---> amen

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Re: Les principes enseignée dans le Bouddhisme: LA VACUITE

Message par Petruk le Mar 15 Mar 2011 - 18:51

La vacuité n'est pas une feuille blanche mais la production interdépendante de tout. Le fait que rien n'ait, même une fraction d'instant, d'essence, d'être en et par soi. Et c'est bien sûr le vide qui, "videment", agit sur/avec/dans le vide. La vacuité ne s'oppose pas à la plénitude, n'est pas un potentiel, mais seulement l'irréalité du réel : comme sont "vides" les visions du rêve, etc.

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Re: Les principes enseignée dans le Bouddhisme: LA VACUITE

Message par MystikSheep le Mar 15 Mar 2011 - 18:53

Tiens j'ai une question : la distinction entre le vide et le néant !

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Re: Les principes enseignée dans le Bouddhisme: LA VACUITE

Message par Petruk le Mar 15 Mar 2011 - 19:00

Le vide (bouddhiste, of course) dépasse l'être et le non-être (=néant), puisqu'il parle de l'apparence, laquelle étant interdépendante, n'est pas en soi et par soi (ce qui est le statut de ce qu'on appelle 'réel'. Il parle de l'apparence et la qualifie, ce qui l'éloigne du néant. Dans un rêve, il se passe des trucs, irréels et vides, et pas du tout "néant" (on y croit, on les vit, etc.). Mais l'apparence est vide, parce qu'elle ne tient pas, change d'instant en instant, n'est jamais l'Être (immuable, etc.). Réponse suffisante?

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Re: Les principes enseignée dans le Bouddhisme: LA VACUITE

Message par Lila le Mar 15 Mar 2011 - 19:29

Merci pour avoir remonté ce fil, qui aidera sûrement ceux qui confondent "vide" et "vacuité bouddhiste" de comprendre la différence entre les deux.

Je pense que beaucoup de gens qui se disent bouddhistes n'ont pas compris cette différence non plus, pourtant, elle est de taille ! Elle est liée directement à l'interdépendance, merci Petruk.


okey

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Re: Les principes enseignée dans le Bouddhisme: LA VACUITE

Message par _Varuna le Mar 15 Mar 2011 - 21:03

Merci pour avoir remonté ce fil, qui aidera sûrement ceux qui confondent "vide" et "vacuité bouddhiste" de comprendre la différence entre les deux.
Je suis dans ce cas.

Ne comprennant pas du tout, soyez tolérant s'il vous plait.


La vacuité n'est pas une feuille blanche mais la production interdépendante de tout. Le fait que rien n'ait, même une fraction d'instant, d'essence, d'être en et par soi. Et c'est bien sûr le vide qui, "videment", agit sur/avec/dans le vide. La vacuité ne s'oppose pas à la plénitude, n'est pas un potentiel, mais seulement l'irréalité du réel : comme sont "vides" les visions du rêve, etc.

Le vide est t'il essentiel a la condition de vacuité ?

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Re: Les principes enseignée dans le Bouddhisme: LA VACUITE

Message par Lila le Mar 15 Mar 2011 - 21:12

Je reconnais que cette notion n'est pas facile à saisir.
Voici un extrait de Wiki qui l'explique comme je l'ai entendu pendant les enseignements.

Selon la thèse de la vacuité, les phénomènes se définissent non pas par une "nature propre", une chose en soi qui leur appartiendrait en propre, mais uniquement par l'ensemble des rapports qu'ils ont entre eux. Parler d'un phénomène X n'est donc l'effet que d'une convention de langage ; bien que notre esprit ne puisse se passer d'une telle convention, X n'a pas d'être propre, son existence dépend d'autres phénomènes Y, Z, etc. Selon Francisco Varela : il n’y a rien à saisir qui ferait des personnes et des phénomènes ce qu’ils sont1.

Cependant, il serait erroné de ramener exclusivement la vacuité bouddhique à l'idée d'interdépendance ou de relativité : la vacuité n'est pas un concept qui relève seulement de la pensée discursive, elle est destinée d'abord à ouvrir l'intuition métaphysique (prajñā) du pratiquant. Il s'agit de comprendre qu'il y a une différence fondamentale entre la façon dont nous percevons le monde (y compris nous) et la réalité de ce monde : le "réalisme naïf", qui voit le monde comme peuplé d'entités autonomes, séparées et durables, objectivement existantes, est une erreur métaphysique que la prajñā, à mesure qu'elle se développe, permet de dissiper, par la vue directe de śūnyatā (au moyen par exemple de vipassana bhavana). C'est une perception directe, non duale et non-intellectuelle, de la nature des phénomènes :

La vacuité n'est ni le néant ni un espace vide distinct des phénomènes ou extérieur à eux. C'est la nature même des phénomènes. Et c'est pour cela qu'un texte fondamental du bouddhisme, le Soûtra du Cœur, dit : "La vacuité est forme et la forme est vacuité". D'un point de vue absolu, le monde n'a pas d'existence réelle ou concrète. Donc, l'aspect relatif, c'est le monde phénoménal, et l'aspect absolu, c'est la vacuité. (...) Les phénomènes surgissent d'un processus d'interdépendance de causes et de conditions, mais rien n'existe en soi ni par soi. La contemplation directe de la vérité absolue transcende tout concept intellectuel, toute dualité entre sujet et objet. (Le Moine et le Philosophe, Jean-François Revel, Matthieu Ricard, 1997)
L'absence de nature propre est en fait une interprétation possible de la notion de vacuité (c'est l'interprétation la plus courante, enseignée par le Madhyamaka). Pour une autre école bouddhiste, l'école idéaliste du Cittamātra, la vacuité correspond à l'absence de dualité entre sujet et objet, cette dualité n'étant qu'une construction conceptuelle (parikalpita), les phénomènes n'ayant ni caractéristique inhérente (lakṣana-nihsvabhavata), ni production inhérente (utpatti-nihsvabhavata), ni caractère ultime inhérent (paramārtha-nihsvabhavata).
(...)
Tout est vide, depuis le moindre grain de poussière jusqu'à tout l'univers et ce qui le caractérise.

Mais vide de quoi ?

Vide d'une existence intrinsèque, inhérente ou indépendante; vide d'une nature propre, résistant à l'analyse; vide de toute essence objective. De ce fait, cette vacuité et la Voie du Milieu qui l'enseigne transcendent les extrêmes que sont l'éternalisme et le nihilisme :

Assimiler l'absence d'être en soi à l'inexistence est une vue d'annihilation qui mène aux existences infortunées. D'autre part, surimposer un être en soi à la vacuité est une vue d'éternalisme qui perpétue le cycle.3
En effet, les choses existent mais pas de la manière dont elles nous apparaissent, pas en soi. C'est pourquoi cette ontologie typiquement bouddhiste est qualifiée de vacuité de soi (skt. svabhava-śūnyatā, tib. rangtong).
La suite ets intéressante, voir ICI

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Re: Les principes enseignée dans le Bouddhisme: LA VACUITE

Message par _Varuna le Mar 15 Mar 2011 - 21:23

Merci pour cette extrait, très instructif sur la vacuité bouddhiste.

Le vide est t'il essentiel a la condition de vacuité ou l'inverse ?
Le vide est il action ou innaction physique?
Peut on dire que les preceptes du bouddhisme en générale sont basé sur l'amour total, inaction/vide ?

Quelqu'un serai repondre a ces questions?, ou mes dire si elles ont aucun sens s'il vous plait.

Amicalement


Dernière édition par Varuna le Mar 15 Mar 2011 - 22:17, édité 2 fois

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Re: Les principes enseignée dans le Bouddhisme: LA VACUITE

Message par Lila le Mar 15 Mar 2011 - 21:27

je dois t'avouer que je ne suis pas capable de répondre à tes questions, déjà, je ne les comprends pas. dubitatif

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Re: Les principes enseignée dans le Bouddhisme: LA VACUITE

Message par _Varuna le Mar 15 Mar 2011 - 21:37

Lila a écrit:je dois t'avouer que je ne suis pas capable de répondre à tes questions, déjà, je ne les comprends pas. dubitatif

Je doit avouer que ce sont les questions d'un ignorant, alors il est possible qu'elle est aucun sens. Justement le sens c'est ce que je cherche. Je doit etre a coté de la plaque...
interroge

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