Dukha, la première noble vérité

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Re: Dukha, la première noble vérité

Message par Lila le Sam 21 Mai 2011 - 21:57

lofrg
merci, c'est aussi comme cela que je le comprends. Wink

Une autre caractéristique de os sentiments à mesure qu'on se détache, c'est que "l'affection/amour/désir que l'autre soit heureux" ne se limite plus à nos proches: il s'étend à tout le monde, et même aux animaux, aux plantes et à l'univers, c'est donc tout le contraire d'une "insensibilisation", ce sont les limites de l'amour qui volent en éclat, au lieu de n'aimer que nos proches, (déjà qu'on les aime mieux puisque ce n'est plus un amour possessif et intéressé), en plus, on aime plus en quantité...

Bon, cela ne vient pas du jour au lendemain, évidemment, mais chaque petit progrès est bienvenu, très agréable, et on s'épagne effectivement certaines souffrances inutiles.

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Re: Dukha, la première noble vérité

Message par lofrg le Sam 21 Mai 2011 - 22:11

Oui...Il y'a une chose aussi me semble t'il, c'est que la manière dont nous considérons la mort, la séparation, le désamour d'autrui envers nous-même et bien d'autres choses encore qui sont susceptibles de créer de la souffrance chez l'être trop attaché, ne comportent pas intrinsèquement en elles-mêmes l'attachement ou l'aversion ou ce qu'on veut; en définitive elles sont vides. Ainsi ces mêmes événements, ces mêmes manifestations sont le lieu merveilleux d'une vision capable de s'émanciper d'un seul point de vue, pouvant au contraire embrasser une infinité de vues, donc, une infinité de mondes, une infinité de rêves.

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Re: Dukha, la première noble vérité

Message par Lila le Dim 22 Mai 2011 - 7:18

Jipé a écrit:Ben oui, mais s'il faut se trimbaler avec son dico franco/bouddhiste... Suspect
c'est en effet un gros obstacle, aussi quand on aborde l'enseignement. Tous ces mots doivent être redéfinis, et surtout les notions qu'ils recouvrent. Ces notions sont très vastes et ne peuvent se résumer en quelques mots. Même après plusieurs années, on se rend compte qu'on a mal compris tel ou tel mot. Les plus difficiles sont certainement les notions de base: compassion, détachement, vacuité, impermanence, interdépendance, claire vision, etc qu'il faut non seulement comprendre intellectuellement (au début) mais surtout expérimenter par la pratique, surtout en observant ce qui se passe autour de nous et en nous, et en mettant en pratique ces principes (je prône encore plus ce moyen là que la méditation). Cette compréhension par la pratique prend des années, en fait on n'arrive jamais au bout, il y a toujours quelque chose à découvrir. C'est très profond, et étonnamment juste.

Si j'employais les mots tibétains, il y aurait lieu de se plaindre que je ne parle pas français. Alors que faut-il faire ? A un moment donné, c'est au lecteur, si cela l'intéresse, de lire au moins les explications qui sont données dans le fil même, ou de poser la question, ou de chercher sur internet: il y a suffisamment de "dictionnaires des termes bouddhistes".

Le plus facile est de taper par exemple : détachement bouddhisme sur un moteur de recherche, et tu auras un grand choix d'explications à ce sujet. Wink

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Re: Dukha, la première noble vérité

Message par Jipé le Dim 22 Mai 2011 - 8:30

Merci Lila, mais je me demande pourquoi la définition de mots en Tibétain serait plus juste et conforme que ces mêmes mots en Français ? Dans l'exemple du mot: détachement = insensibilité, tu me dis qu'en Tibétain, détachement = ouverture à plus de sensibilité
Pourquoi la version Tibétaine serait plus vraie que celle en Français, voire toutes les autres langues du monde (je n'ai pas vérifié).
Si demain j'invente ou créer une nouvelle langue avec son vocabulaire et que je décide que le mot "amour" en Jipénien signifie avoir mal aux dents, par exemple...ceux qui s'intéresseront à cette nouvelle langue (il ne devrait pas y en avoir des masses rire), t'opposeront la signification de "amour" en Français, à celle du Jipénien qui dirait: "quand j'aime cela veut dire que je dois aller chez le dentiste" !
Suspect Les adeptes de ma langue seront convaincus que c'est la bonne définition et qu'elle exprime mieux leur ressenti etc...

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Re: Dukha, la première noble vérité

Message par Lila le Dim 22 Mai 2011 - 9:53

Merci Lila, mais je me demande pourquoi la définition de mots en Tibétain serait plus juste et conforme que ces mêmes mots en Français ? Dans l'exemple du mot: détachement = insensibilité, tu me dis qu'en Tibétain, détachement = ouverture à plus de sensibilité
Pourquoi la version Tibétaine serait plus vraie que celle en Français, voire toutes les autres langues du monde (je n'ai pas vérifié).
La réponse est évidente: c'est parce qu'on parle de notions qui ont été définies ... au Tibet (ou dans les environs), donc leurs définitions sont meilleures pour définir leurs notions, qu'une mauvaise traduction faite il y a des dizaines d'années par des intellos ne connaissant rien à la doctrine. Leur choix était inapproprié, mais les mots sont restés. La seule solution est de revenir au mots sanscrits, et de les définir à la fin de l'article ou de l'ouvrage. Ici, c'est difficile, mais le contexte peut aider à deviner: le fait qu'on soit dans la rubrique "bouddhisme" et que c'est une "bouddhiste" qui parle devrait mettre la puce à l'oreille, non ?

Une autre raison, qui est évidente pour tous ceux qui ont appris une ou plusieurs langues étrangères, c'est qu'il n'existe pas toujours de mot correspondant dans les deux langues, et les exemples donnés ici sont criants. Cela est déjà vrai avec l'anglais, qui est fort proche du français, alors que dire d'une langue aussi éloignée que le sanscrit ! Le français est une langue assez pauvre, comparée à d'autres langues, un bon exemple est le mot "aimer", qui est employé pour des choses très différentes.
Traduire, c'est toujours modifier le sens alors que dire quand c'est mal traduit !

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Re: Dukha, la première noble vérité

Message par _La plume le Dim 22 Mai 2011 - 10:11

lofrg a écrit:Oui...Il y'a une chose aussi me semble t'il, c'est que la manière dont nous considérons la mort, la séparation, le désamour d'autrui envers nous-même et bien d'autres choses encore qui sont susceptibles de créer de la souffrance chez l'être trop attaché, ne comportent pas intrinsèquement en elles-mêmes l'attachement ou l'aversion ou ce qu'on veut; en définitive elles sont vides. Ainsi ces mêmes événements, ces mêmes manifestations sont le lieu merveilleux d'une vision capable de s'émanciper d'un seul point de vue, pouvant au contraire embrasser une infinité de vues, donc, une infinité de mondes, une infinité de rêves.

Excuse-moi si j'ai un peu de mal à suivre.

L'être humain ordinaire ressent de l'affection (ou de l'aversion) et prenons le cas des
relations ordinaires, il développe donc de l'attachement envers les êtres qu'il aime, d'abord ses proches, sa famille, ses enfants, et donc naturellement souffre quand il en est séparé, moi j'appelle ça une réaction normale, certes teintée d'égoïsme, mais très humaine. Maintenant, le bouddhisme et d'autres nous enseignent à nous détacher, à transcender tout ce qui fait notre humanité ordinaire, c'est à dire maitriser notre mental pour développer une compassion impersonnelle ou universelle afin de ne plus souffrir des liens affectifs personnels, d'accepter l'impermanence et de la contempler.

Ok, ceux qui sont parvenus à ce stade, maitrisent parfaitement leur mental, ils surmontent la souffrance due à l'attachement personnel excessif qui survient par exemple à la mort, à la séparation, c'est à dire qui est une conséquence de l'attachement à ce qui est impermanent, alors je dis bravo, ils ont transcendé le stade humain ordinaire, ont atteint le stade "surhumain" dont le résultat est la maitrise des émotions perturbatrices ... (à moins qu'ils soient demeurés au stade inhumain de la la brute, car la brute aussi ressent peu de sentiments et n'a pas beaucoup d'attachement.)

Mais j'ai beau regarder autour de moi, je vois qu'il est facile de répéter de belles paroles, quand tout va bien, mais je ne connais pas de pratiquants qu'ils soient bouddhistes ou autre, qui soient parvenus à ce stade d’équanimité imperturbable, de compassion impersonnelle, qui transcende les souffrances humaines éphémères quand le moment vient pour eux d'être concernés à titre personnel. Un médecin aussi doit rester imperturbable devant la mort de ses malades, car il a appris à se détacher de ce qui fait son métier, mais le jour ou il est concerné personnellement, il redevient un homme ordinaire, comprenez-vous ce que je veux dire ?

Bien sûr, j'ai appris (en théorie) que c'est une illusion du au faux égo, au sentiment de possession et d'attachement. Quand nous perdons un être cher, nous pleurons en réalité plus sur notre propre sort, notre manque, sur la rupture du lien qui nous apportait une satisfaction, que sur la destinée de celui qui part. Pour un athée, tout s'arrête, tandis qu'un religieux qui croit à la survie de l'âme peut s'inquiéter de savoir où, et dans quelles conditions se trouve l'âme, est-ce qu'elle souffre ? ou au contraire se réjouir pour lui d'être libéré de la souffrance, mais à chacun ses croyances, c'est un autre sujet.

Les Écritures nous racontent l'histoire de grands sages qui ont pratiqué de longues austérités, et au dernier moment ont succombé à l'attachement, et je suis loin d'être un sage. Neutral

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Re: Dukha, la première noble vérité

Message par Jipé le Dim 22 Mai 2011 - 10:26

mais Lila, je t'ai déjà expliqué que lorsque tu écris en Français pour expliquer qqchose qui vient du bouddhisme, c'est la référence des mots (Français) qui prime. Je ne vais pas aller traduire chaque mot pour savoir si en Tibétain ou Sanscrit ou Javanais, ce qu'ils veulent dire !
Je connais la langue française, je la lis, je l'écris et elle me donne une signification par le vocabulaire de la pensée de celui qui écrit.
Si en Tibétain ou Sanscrit les mots d'origines n'ont pas la même signification, voire sont à l’opposé comme l'exemple du "détachement", il ne peut pas y avoir compréhension et je te conseillerais d'écrire en Tibétain ou en Sanscrit pour te faire comprendre dans la réalité de ce que tu veux exprimer dans ces langues.

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Re: Dukha, la première noble vérité

Message par maya le Dim 22 Mai 2011 - 10:46

Bonnes explications de l'attachement. Merci à vous.
Je parle et lis le tibétain. Le mot attachement se dit "Deutchag" et est une résultante de l'ignorance.
L'ignorance est (l'obscurcissement) de la non reconnaissance de la vraie nature de l'esprit
"sem khy nets'ul mi che pee mong pa di ma rig pa re"

Par la pratique on réalise que l'essence de l'esprit, dés l'origine, est vacuité...il n'a ni forme ni couleur....il n'y a donc pas un "je" un égo...etc.qui s'attache et doit souffrir.
Mais encore faut-il le réaliser, lorsque la souffrance est forte, c'est presque impossible puisque si nous sommes déjà tous des bouddhas, nous ne sommes pas encore "éveillés"

Je me sers souvent des mots en sanscrit.


Ce matin je n'ai pas beaucoup de temps. Je reviendrai. J'ai du quitter un moment ce post et vous avez écrit d'autres réponses entre temps...
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Re: Dukha, la première noble vérité

Message par JO le Dim 22 Mai 2011 - 10:48

l'attachement n'exclut pas le détachement! On peut apprécier sans posséder . J'apprécie l'amour des êtres chers, celui que je donne et celui que je ressens . Mais mon souci de les laisser libres, m'oblige à faire passer mon attachement après leur liberté .
Ce sont des notions claires. Enfin : pour moi .On peut aimer l'argent sans voler ou léser autrui, le pouvoir, pour la joie de marcher devant sans contraindre à être suivi, le sexe sans violer le partenaire .
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Re: Dukha, la première noble vérité

Message par _La plume le Dim 22 Mai 2011 - 11:03

Un lien reste un lien, il peut être plus ou moins lâche. Mais si je ne ressentais rien à la mort d'un être cher, je me poserais des questions sur mon humanité, cette forme de détachement ressemble trop à de l'indifférence. Toutes les relations humaines sont fondées sur l'attachement, les émotions, les sentiments, sinon nous ne serions pas sur terre.

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Re: Dukha, la première noble vérité

Message par Jipé le Dim 22 Mai 2011 - 11:08

La plume a écrit:Un lien reste un lien, il peut être plus ou moins lâche. Mais si je ne ressentais rien à la mort d'un être cher, je me poserais des questions sur mon humanité, cette forme de détachement ressemble trop à de l'indifférence. Toutes les relations humaines sont fondées sur l'attachement, les émotions, les sentiments, sinon nous ne serions pas sur terre.
Je me demande si le "détachement" dont parle Lila n'est pas plutôt de l'ataraxie* ?

* "Tranquillité, impassibilité d'une âme devenue maîtresse d'elle-même au prix de la sagesse acquise soit par la modération dans la recherche des plaisirs (Épicurisme), soit par l'appréciation exacte de la valeur des choses (Stoïcisme), soit par la suspension du jugement (Pyrrhonisme et Scepticisme)"
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Re: Dukha, la première noble vérité

Message par lofrg le Dim 22 Mai 2011 - 13:37

Bonjour la plume,
Oui, c’est bien comme tu le dis; aux moments cruciaux tels que la mort et la séparation des êtres chers que toutes ces paroles sont ou non confirmées dans l’expérience, je suis tout à fait d’accord. Quoi qu’il en soit ce n’est pas inutile à mon sens mais il faut en faire le choix, que de se poser des questions sur ce qui est « normal », c'est-à-dire en l’occurrence, cette condition qui serait celle de l’être humain en tant qu’être attaché à ses parents et à ses amis, à ce qui lui appartient comme objet, à ce qui lui est donné de vivre et qui serait le motif de vouloir le voir perdurer ou changer. Il y’a derrière cela une volonté d’investiguer, de se connaître, volonté qui est le moteur à mon sens de toute religion et de toute philosophie.
Nous pouvons dire si l’on veut que le simple fait de regarder en face ce qui est normal, cela soit déjà en soi faire le chemin qui nous mènera à constater que ce normal là est en réalité beaucoup plus complexe que nous ne le pensions, qu’il peut revêtir bien des aspects, une infinité même.
De plus, nous, qui cherchons à poser « devant soi » un objet pour essayer de le connaître, objet qui pourrait être par exemple un aspect de ce qui nous paraîtrait normal, nous nous apercevons qu’avant l’objet que nous cherchons à connaître, réside l’ignorance du connaissant lui-même, chaque objet de connaissance nous ramènera à cette ignorance. Pourtant si l’on veut comprendre cette nature d’être mental que nous sommes, il est nécessaire d’investiguer le connaissant lui-même et l’on voit bien que ce n’est plus par l’analyse mentale que cela peut se faire puisque toute analyse mentale possèdera derrière elle ce connaissant inconnu. Le mental n’est cependant pas à exclure ou à modifier dans cette investigation, c’est dans cette forme là, à partir du mental tel qu’il est, tel qu’il est dans son exercice, que nous pouvons réaliser cette nature même du mental. Là est donc le challenge. Ceux qui ont initié le chemin Bouddhiste croient qu’il est possible d’être émancipés du jeu du mental. Comment cela peut-il se faire ? Là nous comprenons que l’usage des mots devient problématique puisque les mots ne sont qu’une traduction en vibration de ce jeu là.
Ainsi à t'il été découvert par les hommes des pratiques telles que la méditation et la prière qui revêtent une toute autre intention que l'analyse rationnelle.

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Re: Dukha, la première noble vérité

Message par Lila le Dim 22 Mai 2011 - 20:28

Jipé a écrit:
La plume a écrit:Un lien reste un lien, il peut être plus ou moins lâche. Mais si je ne ressentais rien à la mort d'un être cher, je me poserais des questions sur mon humanité, cette forme de détachement ressemble trop à de l'indifférence. Toutes les relations humaines sont fondées sur l'attachement, les émotions, les sentiments, sinon nous ne serions pas sur terre.
Je me demande si le "détachement" dont parle Lila n'est pas plutôt de l'ataraxie* ?

* "Tranquillité, impassibilité d'une âme devenue maîtresse d'elle-même au prix de la sagesse acquise soit par la modération dans la recherche des plaisirs (Épicurisme), soit par l'appréciation exacte de la valeur des choses (Stoïcisme), soit par la suspension du jugement (Pyrrhonisme et Scepticisme)"
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En effet, ce terme est beaucoup plus approprié ! Bravo ! Il faudrait le proposer pour remplacer "détachement". Je suis juste un peu réticente à cette notion impassibilité, qui revient à cette "indifférence" qu'on retrouve dans la définition du détachement, et aussi à cet idéal difficilement atteint de devenir totalement maître de son "âme": ce n'est pas humain, mais c'est déjà beaucoup mieux...

En tous cas, j'adopte "ataraxie", et le mettrai entre parenthèse après "détachement", comme cela il ny aura plus d'ambigüité.
je te conseillerais d'écrire en Tibétain ou en Sanscrit pour te faire comprendre dans la réalité de ce que tu veux exprimer dans ces langues.
c'est exactement ce que je propose à deux reprises plus haut, mais on dirait que tu n'as pas lu. Il vaudrait mieux garder le terme tibétain si rien d'équivalent n'existe en français. Ici, il semble que tu aies trouvé un mot, que hélàs peu de personnes connaissent.

Alors on a le choix entre interroge
- prendre le mot tibétain, et on se fait critiquer parce qu'on ne parle pas français (article de la Charte)
- utiliser la mauvaise traduction en français, qu'on retrouve dans tous les bouquins de bouddhisme et se faire taper dessus par Jipé
- employer un autre mot mieux adapté, et se faire taper dessus par Dan parce qu'on emploie pas un langage ver-na-cu-lai-re et qu'on cache des notions creuses derrière des mots savants qui ne veulent rien dire

pette de rire Donc quoi qu'on fasse, on se fera taper dessus

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Re: Dukha, la première noble vérité

Message par Lila le Dim 22 Mai 2011 - 21:04

Un lien reste un lien, il peut être plus ou moins lâche. Mais si je ne ressentais rien à la mort d'un être cher, je me poserais des questions sur mon humanité, cette forme de détachement ressemble trop à de l'indifférence.
tout à fait d'accord avec toi !
Pour reprendre cet exemple, je vais citer l'exemple d'une vieille dame riche que j'ai rencontré il y a quelques années. Evidemment, n'y voit aucun lien avec toi, c'est juste dans un but pédagogique.

Lors d'un séjour dans une abbaye, on me met à table avec elle. Pendant tout le repas, elle me parle de son mari mort, me fait son éloge, et je compatis comme je peux. Elle était en deuil. Elle se met à reprocher au père abbé de ne plus la recevoir chaque jour pour "la consoler", et elle compare avec une amie qui est toujours là pour la consoler.
J'apprends par la suite que son mari est mort il y a deux ans, et qu'elle passe son temps à raconter son malheur et exiger des "consolations".

Je la compare avec la fermière voisine qui a perdu son mari à 40 ans, le pleure tous les soirs, mais n'en montre rien à personne: elle est toujours souriante, prête à rire, n'a pas porté le deuil, et se noie dans le travail pour oublier... Elle est toujours prête à écouter les autres, qui viennent souvent se confier à elle.

La Plume, le premier exemple est pour moi le contraire du détachement/ataraxie. Cette dame alimentait son chagrin, et faisait tout pour qu'on l'alimente avec elle. Elle était attachée à son mari, comme la fermière, mais elle était aussi attachée à son chagrin, et c'est cela qu'il faut essayer d'éliminer.

Tu comprends ?

Il est normal d'avoir mal, de crier de douleur, de se révolter, mais nuisible de s'attacher à cet état, et par là même, augmenter ses souffrances, et aussi peser lourd sur les autres.

Regarde bien les explications plus haut, tu verras que c'est de cela qu'il s'agit: ce n'est pas de devenir insensible, mais de "dompter" ses émotions, ce qui implique aussi de les exprimer, de même de les respecter, mais pas de les alimenter. A un moment donné, quand les premières vagues de chagrin sont passées, on peut travailler sur soi, se reprendre. Mais on doit d'abord traverser différents stades: abrutissement, révolte, colère, chagrin, abattement.... et il faut respecter ce cycle, comme il faut laisser un cheval fougueux "piquer sa crise" pour le reprendre après. On peut le dompter quand il est calmé, là on peut prendre de la distance, se ressaisir, et, comme la fermière, ne pas laisser le chagrin pourrir toute sa vie, faire en sorte que ce chagrin inévitable ne se mette pas au centre de la vie au centre de notre "ego", mais qu'il devienne juste un compagnon inévitable et respectable. Ce "compagnon" peut alors mettre sa force à ta disposition pour faire oeuvre utile: par exemple initier une action pour aider les gens qui souffrent... Les émotions sont une force, et c'est une grave erreur que de les écraser ou refouler.

Je ne sais pas si je me fais bien comprendre, je ne suis pas douée pour m'exprimer par écrit.

Alors je te mets une photo d'un vitrail sur la mort, où j'ai mis énormément de symboles qui concernent ce sujet. C'est un des buts du bouddhisme: se préparer à la mort (la sienne et donc aussi celle des autres), de façon à ce que le détachement se fasse avec moins de douleur, et cette réflexion imprègne tous les aspects de la vie.

Tu reconnaîtras le tranchoir dans la bordure, le symboles des papillons et arc-en ciel, des symboles égyptiens dans le fond gris...
C'est la parabole de l'homme qui construit un grenier à grain, et à qui il est dit "mais tu es fou, ce soir même, on te demande ta vie". J'ai travaillé des mois sur ce vitrail, il m'a fait comprendre beaucoup de choses (3,3m de haut, il fait partie d'un ensemble de 11)

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Re: Dukha, la première noble vérité

Message par maya le Dim 22 Mai 2011 - 22:17

Toute mon admiration pour cette oeuvre magnifique.

Tout a fait d'accord pour le mot ataraxie au lieu de détachement...c'est exactement entre l'Epicurisme et le Stoicisme. bravo
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Re: Dukha, la première noble vérité

Message par Lila le Dim 22 Mai 2011 - 22:24

Toutes les relations humaines sont fondées sur l'attachement, les émotions, les sentiments, sinon nous ne serions pas sur terre.
Te rends-tu compte de ce que tu as écrit là, La Plume ? dubitatif

Pffffoui, c'est ce qui s'appelle "taper dans le mille" !!!

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Re: Dukha, la première noble vérité

Message par _La plume le Dim 22 Mai 2011 - 22:46

Lila
La Plume, le premier exemple est pour moi le contraire du détachement/ataraxie. Cette dame alimentait son chagrin, et faisait tout pour qu'on l'alimente avec elle. Elle était attachée à son mari, comme la fermière, mais elle était aussi attachée à son chagrin, et c'est cela qu'il faut essayer d'éliminer.

Tu comprends ?

Oui je comprends qu'il ne faut pas tomber dans une forme d'apitoiement sur soi, qui n'est qu'une autre forme d'attachement de l'égo qui est rusé.
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Re: Dukha, la première noble vérité

Message par Jipé le Dim 22 Mai 2011 - 22:49

Lila:
Lors d'un séjour dans une abbaye, on me met à table avec elle. Pendant tout le repas, elle me parle de son mari mort, me fait son éloge, et je compatis comme je peux. Elle était en deuil. Elle se met à reprocher au père abbé de ne plus la recevoir chaque jour pour "la consoler", et elle compare avec une amie qui est toujours là pour la consoler.
J'apprends par la suite que son mari est mort il y a deux ans, et qu'elle passe son temps à raconter son malheur et exiger des "consolations".
Cette femme est dans une logique, celle du bénéfice secondaire qu'elle en tire, suite à la mort de son mari.
Cette mort lui permet de pouvoir parler d'elle, de sa vie comme peut-être elle n'a jamais pu le faire jusqu'alors. Elle était peut-être sous une domination psychologique maritale...
L'erreur (involontaire) est d'essayer de la consoler, elle ne cherche pas cela et il n'y aura aucun d'effet sur elle sans sa volonté, elle veut que l'on s'occupe de sa personne au travers de son choc émotif (le décès du mari).

Ps: Félicitations pour ton travail sur le vitrail ! Très beau...

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Re: Dukha, la première noble vérité

Message par Lila le Dim 22 Mai 2011 - 23:00

merci pour les appréciations.
Il y avait 6 grands vitraux sur les phases de la vie, + 5 autres plus petits. La naissance, la croissance, le travail, l'amour, la fête et la mort. Une belle aventure dans l'amitié et le dialogue inter-confessionnel, pendant deux ans okey

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Re: Dukha, la première noble vérité

Message par _bradou le Lun 23 Mai 2011 - 0:34

Jipé a écrit:
Ps: Félicitations pour ton travail sur le vitrail ! Très beau...
Oui, le vitrail, oui ! Oui, le vitrail est très beau.
Les boniments des camelots, pas mal non plus.
Ps: si tu es malade Jipé je te prends un rendez-vous avec mon père. C'est un rebouteux très connu, très efficace, dont la renommée n'a jamais été démentie.
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Re: Dukha, la première noble vérité

Message par Opaline le Lun 23 Mai 2011 - 0:43

La plume a écrit:Mais si je ne ressentais rien à la mort d'un être cher, je me poserais des questions sur mon humanité, cette forme de détachement ressemble trop à de l'indifférence.
Tu pourrais aussi penser que ta recherche de sérénité hindouiste (pour toi, je crois), t'aura aidé à maîtriser le chagrin !
Toutes les relations humaines sont fondées sur l'attachement, les émotions, les sentiments, sinon nous ne serions pas sur terre.
Rare que je fasse une citation biblique, pourtant, celle-là, je l'aime bien :
" Rachel pleure ses enfants et ne veut pas être consolée !"
Il est important que le temps du deuil se fasse !
Quand arrive le moment où on se complait dans son chagrin, cela peut ressembler à une sorte de culpabilisation si on ne se lamentait pas .
Comme si on se reprochait d'oublier .
Pourtant la vie doit continuer pour ceux qui restent
Très beau vitrail, tout en symbole et , je suppose, beaucoup de travail de préparation et pour la réalisation ! Bravo, Lila !

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Re: Dukha, la première noble vérité

Message par Opaline le Lun 23 Mai 2011 - 1:19

Tan a écrit:Ceux qui ont initié le chemin Bouddhiste croient qu’il est possible d’être émancipés du jeu du mental. Comment cela peut-il se faire ? Là nous comprenons que l’usage des mots devient problématique puisque les mots ne sont qu’une traduction en vibration de ce jeu là.
Les mots, le langage sont aussi une conquête de l'évolution et de la civilisation.
Revenir aux visualisations c'est chercher à revenir à la période du pré-langage.
S'il est possible de revenir au cerveau primitif, cela prouve que rien n'est perdu de notre parcours évolutif !

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Re: Dukha, la première noble vérité

Message par Lila le Lun 23 Mai 2011 - 8:18

a propos du vitrail:
je l'ai dessiné, choisi les verres, mais la réalisation et le placement ont été confiées à un atelier ami: je ne travaille pas au plomb, ma spécialité est le travail en Tifany, qui permet un dessin beaucoup plus fin.
Voici celui de la porte d'entrée de l'église, que j'ai réalisé de A à Z; il n'a que deux mètres de large, donc vous voyez le nombre de petites pièces qu'il comporte: certaines n'ont que 1 mm de large, avec une épaisseur de verre de 3 mm...

Ce qui est décevant, c'est que ce travail colossal (2 ans pour les dessins, le suivi de la réalisation+ celui-ci) ne m'a pas rapporté une seule commande, au point que j'ai dû renoncer à l'idée d'en faire un métier à temps plein.
(Comme cela je reçois encore quelques compliments, cela me consolera un peu... pette de rire)


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Re: Dukha, la première noble vérité

Message par Bulle le Lun 23 Mai 2011 - 8:39

à propos du vitrail:
C'est absolument magnifique Lila ! Bravo !

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Re: Dukha, la première noble vérité

Message par _La plume le Lun 23 Mai 2011 - 9:03

Opaline
Tu pourrais aussi penser que ta recherche de sérénité hindouiste (pour toi, je crois), t'aura aidé à maîtriser le chagrin !

Bien sûr qu'elle m'aide, après une période de doute et de révolte, mais comme tu dis le deuil doit se faire, c'est une expérience que traverse tout être, quelle que soit son stade,
et que même les adeptes dans la voie, les disciples du Bouddha, ou les apôtres de JC, ont traversé.

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