les pensées du chamane sont invisibles.

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les pensées du chamane sont invisibles.

Message par Golem le Mar 28 Fév 2012 - 10:41



Le sommeil du chaman


J’ai entendu la pierre chanter
Dans mon sommeil elle m’a réveillé
Elle avait la voix du grand esprit
Elle chantait l’insondable et la vie
Je suis le frère de cette pierre
Tout mon sang est tombé à terre
Les vampires m’ont tué
Les démons m’ont déchiré
Parce que j’étais faible et perdu
L’oreille du mal m’a entendu
J’ai mêlé mon sang à la nuit
En moi le mal s’est introduit
Mon cœur est une griffe qui fouille au fond des mers
J’ai été corrompu et j’ai perdu tous mes repères
Était-ce un chant de mort ou de vie ?
Je n’étais plus seul dans la nuit



Dans mon sommeil elle m’a réveillé
La pierre chantait pour me sauver
Avec la voix du grand esprit
Elle captivait les démons de ma nuit
La chanson disait lève toi et soit fier
Dresse-toi pour échapper à ton enfer
Ton esprit renaîtra et tu seras libéré
Ne souffre plus c’est déjà bien assez
Un monde parallèle existe à ton insu
Où tu es le meilleur de tout de ce qui est venu
Relie ton esprit à cette vie
Dans ce monde où tu es l’amour infini
Ton cœur sera libéré par ma prière
Dans ce lieu invisible où je t’aime comme un frère
Les démons ont provoqué ta maladie
Je suis la guérison et mon chant est la vie



Dans mon sommeil j’ai vu la pierre se dresser
Pour me montrer le pouvoir de la volonté
Elle m’a dit tu peux choisir ta vie
Aussi vrai qu’en moi se trouve le grand esprit
Car en toi se trouve une pure lumière
Qui réchauffe les cœurs durant les longues nuits d’hivers
Trouve le sens de ce monde animé
Par sa voix tu seras libéré
Tu as connu la force ne cherche plus
C’est ta propre gloire qui t’a abattu
Regarde les nuages et appelle la pluie
Ton esprit doit être en harmonie
Avec les désirs de ta mère la terre
Pour que ton cœur se libère
Alors viendra pour toi le jour béni
Tu pourras retrouver ta vie



Dans mon sommeil j’ai entendu chanter
Les éléments parlaient de ma destinée
Ils m'ont ouvert une porte sur l'invisible
Et ils m'ont expliqué l'indicible
J'ai mis mes doutes et mes blessures
Dans un lieu inexistant et sûr
J'ai mis mon coeur au milieu de moi
A l'abrit des tourments d'autrefois
J'ai placé mon esprit alentour
Et je vois la nuit comme le jour

















Médecine man


Assis sur mon cheval en revenant de loin,
nous remontons du val en marchant lentement.
Mes sacoches sont pleines en herbes et oliban
que j’ai trouvés sans peine après un long chemin.

Arrivant sur le plat je débride ma bête
qui se sent libérée et relève la tête,
allonge la foulée et part au grand galop.
Je sens le même émoi me dressant sur son dos
et je cours moi aussi en suivant son effort
car bientôt dans la nuit nous verrons les lumières
qui annoncent l’entrée du pays de mes pères.

Je libère l’épervier et il prend son essor
car quelle que soit la lune il va filer tout droit
pour dire que j’arrive aux gens qui sont chez moi
et leur joie sera vive à la vue de l’oiseau
car toute la commune a besoins de mes mots.
Je vais devoir encore auditionner sans fin
pour réparer leurs corps ou répondre aux problèmes
qui chaque jour se posent aux personnes qui sèment
pour récolter les choses qui apaisent leur faim
et c’est moi qui réponds à leur besoin d’esprit.
Pour diriger leur vie c’est sur moi qu’ils s’appuient.

Je repense à tout ça en abordant les arbres,
freinant mon compagnon car la forêt est sombre.
Passant au trop léger je me ressource enfin
car nous sommes arrivés dans mon lieu de naissance
où je ressens les choses au-delà de mes sens
comme si ma symbiose allait jusqu’au terrain.
L’odeur de ces bois là fait piaffer mon coursier
parce que dans une heure nous serons arrivés
et des frères et des sœurs quelques-uns uns veilleront
pour s’occuper de moi et de mon étalon.

Je connais tout à fait les routes et les sentiers,
j’attends toutes les courbes avant de les passer.
Par ici de la tourbe impose son odeur
et par là la forêt est tapissée de fleurs.

Encore quelques minutes et nous seront rendus,
nous atteignons le but.
Bientôt je vais saisir mon rôle et mes fonctions,
ils sont durs à tenir.

C’est bien la position que j’ai toujours voulue,
j’ai étudié pour ça des années sans relâche,
c’était mon but fixé et mon unique tâche.
Alors point de regret et non plus de discours,
Je suis très bien chez moi qu’il en plaise à la cour.







L’eau de la chair met l’esprit dans l’air.

Une eau dansante est ma matrice,
c’est celle où j’ai été formé,
mon esprit blanc et ma tutrice,
le réservoir de mes pensées,
mon essence et mon élément,
la venue de ma vie sans trêve,
là ou je puise assurément
l’inspiration de tous mes rêves.

Sur l’eau je marche et je navigue,
mon sillage derrière la digue
trace de secrètes intrigues.
Ma vue regarde de la bas
mon esprit lancé ici-bas
qui voit ici et au-delà.
Comme une lune pour la terre,
je suis une ombre de lumière
devenant ce qui doit se faire.
Je suis une bulle liquide,
un frêle arrangement de fluides,
symétrie de bases et d’acides.

Je suis fait d’eau je suis plein d’air.
Je reflète sur ma surface
les milles couleurs de la chair
dans des milliards d’idées fugaces.
Je suis plein de vide et pourtant
je peux être élu d’un destin
planétaire et retentissant.

C’est ainsi,
c'est la vie,
car je suis humain.












Éternité.

Dans les confins d’une éternité si lointaine
que mon âme y puise une lumière souveraine
j’ai vu le temps s’enfuir sans effort
jusqu’au moment où lui-même n’était pas encore,
c’était avant.
Avant que soit initiée la pulsion de mon sang,
avant même que soit le temps.

Le chaos parfait était l'ordre infini
il formait le tout dans un absolu où se mêlait la vie,
vous en étiez aussi.
Dans un moment d’extase j’y suis parti,
j’en suis tombé.
Marchant devant l'iconostase je l'ai franchi
le seuil de l'empyrée.
Basculant sous mes bases j'ai foulé le sol du ciel
et j'ai embrassé les feux éternels.
C'était avant,
dans un moment où n’existait pas encore le passé.
C’était avant
et j’y étais déjà, je vous ai vu aussi, vous étiez là.

Insensée est l'essence de ma pensée,
je désire dédoubler une partie de la réalité,
je veux recréer le nouveau monde,
la où sans cesse la vie est belle et où l'amour abonde.

Une parole qui se nourrit d'elle même est l'immanence
peut-elle surgir sans cause ?
Qui connait l'exubérance d'une verve sans autre objet que l'éloquence,
qui osera opérer une telle chose ?
Une farandole de mots amis de la bohème,
une folle envie de parler sans stratagème.

L'existence existe-t-elle ?
Quel est le sens du réel ?
Vivre sans rime et sans raison
livré au rythme des saisons
ou bien vouloir exprimer sa conscience
pour élever l'expertise des sciences ?

Étant tombé hors du temps
ma seule cible fut de me mettre en mouvement.
Je veux être, c'est ma quête
tout le reste n'est que prétexte,
il faut pour cela que j'évolue
tout en restant continu.


La vie et la mort, la victoire et la défaite, le démon et l’apôtre
l'un peut-il se concevoir sans l'autre ?
Le bien et le mal sont emmêlés
mais les deux sont-ils à séparer ?
Peut-on voir au fond des âmes,
au dedans de cette perle d’eau qui abrite une flamme ?

L’eau et le feu,
c'est un pari audacieux,
un passage vers l'impossible.
Mon désir reste au temps inaudible,
c'est un existant à manifester,
une prière qui reste à exaucer
un présage:
je suis né pour être heureux et sage


ma pratique est le partage,
je prends des cours d'apprenti sage.
Sans exigence
je suis l'être, une simple présence.
J'œuvre en esprit a faire passer le temps,
j’ai un tas de passé qui vit dans mon présent
et mon lointain futur se fait dès maintenant.

Je veux être, je l’atteste
tout le reste n'est que prétexte.
Je suis un voyageur aventurier,
mon but est de cheminer.

L’embrun salé l’appel du large,
qu’importe un voilier ou une barge.
Avoir l’étrave qui fend les flots.
Le ciel est grand, le monde est beau.
Je parcours la terre en quête d’aventure.
Je traverse les mers pour gouter la nature.
Je ne cherche rien moins que le bonheur
pour le plonger dans le ventre de mes profondeurs.
Je le trouve chaque jour en chemin
quand je marche au coté des humains.


Je pense au delà de l'infini
Il n'est pas de borne pour la vie
Mon vol encercle le monde
Mon aire est au delà des cimes
L’œuvre que je fonde
Le rocher flotte sur l’abîme

Ivre d’essence j’en viens à parler
d'une naissance demain accouchée
sur le terrain de nos difficultés
Cette histoire est l'épopée
de nos gloires effarouchées
de nos vie réalisées


Mon passé anime mon plaisir
Mon futur nourrit mon désir
Il me reste assez de mots pour me souhaiter le meilleur
Le meilleur pour moi mes frères mes sœurs
Ma planète roule dans les cieux
Quelques mots coulent de mes yeux






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Re: les pensées du chamane sont invisibles.

Message par Cochonfucius le Mar 28 Fév 2012 - 11:51

Le chamane est voyant, car son oeil est l'esprit.
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Re: les pensées du chamane sont invisibles.

Message par Nuage le Mer 28 Mar 2012 - 9:35

Bonjour Golem
Je n'ai lu que le premier poème, mais j'aime beaucoup le premier poème, vraiment très joli ! harpe

Merci de l'avoir fait partagé sourire
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Re: les pensées du chamane sont invisibles.

Message par Golem le Jeu 5 Avr 2012 - 7:47

souriantlunettes

Pour les esthètes et pour qui sont intéressés pas la préhistoire de l'art: Comment la terre devint belle, selon Sachemlakota.


Quand le monde était jeune et que les gens n'avaient pas encore émergés, aucune fleur n'égayait la prairie. Seuls y poussaient des herbes et des buissons gris vert. La terre était triste, car elle manquait de couleur et de beauté.

"J'ai tant de belles fleurs dans mon cœur," se disait alors la terre. "Comme J'aimerais qu'elles soient sur mon sol. Des fleurs bleus comme le ciel clair des beaux jours, des fleurs blanches comme la neige, des fleurs d'un jaune vif comme le soleil de midi, des fleurs roses comme l'horizon à la première heure du jour, Je suis si triste quand je regarde la terre d'un gris vert et brun."

Une tendre petite fleur entendit la plainte de la Terre. "Ne soit pas triste, Terre, je vais sortir de ton sol et le rendre plus beau."

Alors, la petite fleur monta du cœur de la terre pour égayer la prairie. Mais le vent l'aperçu et se mit à souffler : "Je ne veux pas de cette fleur sur mon terrain de jeu."

Hurlant et rugissant, il se précipita sur elle et la souffla. La tendre petite fleur fut dispersée par le vent mais son esprit revint du cœur de la terre et d'autres fleurs courageuses sortirent à leur tour, le vent les tuait les unes après les autres. Et leur esprit revenait du cœur de la terre et elles s'élançaient a nouveau, animées par un désir coloré et chatoyant.

A la fin, la rose de prairie proposa d'y aller, elle était tendre et réservée et le vent furieux lui faisait grand peur mais le courage de ses soeurs l'avait émue et elle se sentait irrésistiblement attirée vers le sol par le désir d'y étendre sa couleur pour le plaisir de la terre.

"Bien sur, ma douce enfant, lui dit la terre. Je te laisserai partir. Tu es si jolie et si parfumée que le vent sera charmé. Tu pourras sans doute rester dans la prairie car l'arôme que tu exhale sera pour l'air et le vent un ravissement comme la couleur dont tu es vêtu sera une joie pour mon sol"

Rose de Prairie fit le long Voyage à travers le sol de la prairie terne. Tandis qu'elle cheminait, elle se disait : "comme j'aimerais que le vent me laisse vivre !"

Lorsque le vent l'aperçut il se rua vers elle pour la briser : "Elle est jolie mais je ne veux pas d'elle sur mon terrain de jeu. Je vais la souffler", et il s'élança sur elle, mais il sentit le parfum de la Rose et s'arrêta.

"Comme cet arôme est doux", il se dit-il alors : "Je n'ai pas le cœur d'ôter la vie à une aussi jolie rose à la respiration si parfumée. Il faut qu'elle reste ici avec moi, il faut que j'adoucisse ma voix, que je lui chante de douces chansons il ne faut pas que je l'effraie avec mon terrible souffle."

Et le vent changea, il envoya de douces brises sur les herbes de la prairie.
Il fredonna de petits chants de joie et cessa d'être violant. harpe
Alors les autres fleurs sortirent de la terre et firent de la prairie une parure gaie aux couleurs vives.

C'est ainsi que la terre devint Belle.
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Re: les pensées du chamane sont invisibles.

Message par Cochonfucius le Mer 10 Oct 2012 - 15:50

C'est ainsi qu'elle l'est encore.
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