Cartésien n'est pas français

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Message par Invité le Sam 6 Déc 2008 - 19:17

Bonjour à tous,
Je précise tout de suite pour parer à tout malentendu que le titre provocateur ne dit pas que vous n'êtes pas français si vous êtes cartésiens ni que les scientifiques et intellectuels français ne sont pas cartésiens. Ils le sont, et ô combien! Je veux seulement signaler que ce qu'on appelle cartésianisme n'est pas français par son origine ni par son esprit.

Il est difficile de trouver une définition claire et précise du cartésianisme. On se contente en général de dire que les cartésiens sont des successeurs de René Descartes qui se réclament de sa méthode rationnelle, ce qui ne veut pas dire grand chose. Je le décris donc selon ma vision personnelle.
On appelle cartésien un esprit rationnel qui n'accepte comme vraies que des observations "objectives", c'est à dire mesurables ou des résultats déduits de ces observations selon la logique formelle. Ses certitudes se fondent sur le principe de la contradiction exclue et du tiers exclu. Toute autre connaissance est considérée comme subjective et incertaine, indigne d'un raisonnement scientifique ou tout au plus sujette au doute en attendant quelque confirmation chiffrée.
L'esprit cartésien sous-entend aussi des principes qui ne sont pas exprimés explicitement parce qu'ils sont adoptés par consensus tacite comme des évidences fondamentales constituant le paradigme de la méthode scientifique et qui reposent également sur le principe de la contradiction exclue:

le principe matérialiste selon lequel toute réalité est faite de matière,
le principe réductionniste selon lequel l’ensemble n’est rien d’autre que la somme des parties,
le principe déterministe selon lequel tout effet résulte linéairement d’une cause nécessaire et suffisante.

Depuis mes cours de philosophie thomiste dans un lycée catholique je me méfiais de la rigidité de la logique formelle n'admettant aucune nuance. Mais c'est beaucoup plus tard, ayant lu F. Capra, S. Lupasco et B. Nicolescu que je compris où est l'erreur et que j'ai pris conscience du caractère incomplet et unilatéral de ces principes.
Lorsque j'avais exprimé à un vieil ami de famille, bibliothécaire à la retraite, mes premières idées critiques envers la méthode scientifique et le cartésianisme, celui-ci me répondit avec un sourire indulgent: "mais Descartes n'a pas dit que cela".
A la fois honteux de voir mon illettrisme dévoilé et curieux d'en savoir plus, je me suis procuré le petit fascicule sur Descartes de la collection "écrivains de toujours" écrit par S. de Sacy et j'y ai découvert des citations de Descartes qui m'ont étonnées et enchantées: Descartes n'était pas cartésien!

En effet, Descartes n'a pas seulement établi une méthode d'observation débarrassée des doctrines scholastiques, il accordait aussi une importance fondamentale à la métaphysique.
" Ainsi toute la philosophie est comme un arbre, dont les racines sont la métaphysique, le tronc est la physique et les branches qui sortent de ce tronc sont toutes les autres sciences…."
Or le cartésien n'admet pas la métaphysique, seulement le tronc commun de la physique.
Descartes affirmait aussi l'existence d'une science innée dans le sens des idées platoniciennes
L'esprit humain possède en effet je ne sais quoi de divin, où les premières semences de pensées utiles ont été jetées, en sorte que souvent, si négligées et étouffées qu'elles soient par les études contraires, elles produisent spontanément des fruits. Nous en avons la preuve dans les plus faciles des sciences, l'arithmétique et la géométrie. ... Quoique je doive souvent parler ici de figures et de nombres, parce qu'on ne peut demander à aucune science des exemples aussi évidents et certains, quiconque considérera attentivement ma pensée s'apercevra facilement, que je ne songe nullement ici aux mathématiques ordinaires, mais que j'expose une autre science, dont elles sont l'enveloppe plus que les parties. Cette science doit en effet contenir les premiers rudiments de la raison humaine et n'avoir qu'à se développer pour faire sortir des vérités de quelque sujet que ce soit; et, pour parler librement, je suis convaincu qu'elle est préférable à toute autre connaissance que nous aient enseignées les hommes, puisqu'elle en est la source.

Quant au fameux "cogito ergo sum", auquel Wikipedia consacre un excellent article, il affirme le rôle du sujet; il évoque l'antagonisme fondamentalement créateur de la connaissance, la complémentarité indissoluble entre le sujet connaisseur et l'objet connu dont on trouve des expressions analogues dans toutes les grandes cosmologies traditionnelles. La science cognitive moderne (J. Piaget, F. Varela) interprète aussi la connaissance comme une émergence par l'action du sujet sur l'objet.

Qui sont donc ceux qui ont amputé et déformé la pensée de Descartes?
Ce sont d'abord des britanniques, à la fois hommes d'affaire et philosophes, à commencer par Sir Francis Bacon, politicien corrompu qui passe pour être le père de l'empirisme. Né 35 ans avant Descartes il a pu influencer celui-ci. N'est-ce pas lui qui le premier exigeait que la Science asservisse la nature pour lui arracher tous ses secrets et la rendre utile?
Cet empirisme fut précisé par John Locke, brillamment confirmé par la physique de Newton et accentué par le scepticisme de David Hume. Il fut traduit en France par le positivisme d'Auguste Comte qui refusa la métaphysique et le rationalisme de Descartes et il fut encore radicalisé aux Etats-Unis par le pragmatisme.

L'esprit cartésien pur qui refuse toute métaphysique est donc essentiellement d'origine anglo-saxonne. Pourquoi donc les cartésiens se réclament-ils de Descartes? Est-ce simplement par chauvinisme? ou est-ce qu'ils ignorent aussi la vraie pensée de Descartes?

Et si la science empirique a bien éliminé le dogmatisme de l'Eglise, n'a-t-elle pas simplement transféré la prétention d'infaillibilité des dogmes ecclésiastiques aux dogmes scientifiques? et ceci au nom de la même logique aristotélicienne de la contradiction exclue?

La crise financière et économique actuelle, qu'on dit justement systémique, n'est-elle pas l'amorce d'une crise de civilisation beaucoup plus profonde, due à l'absence de vision globale ou systémique? L'échec du matérialisme capitaliste après celle du matérialisme socialiste ne signifie-t-il pas un échec de l'empirisme et pragmatisme cartésien?

Les paradoxes et symétries de la physique quantique exigeaient déjà une nouvelle logique de la complémentarité des contraires que seul le biologiste Stéphane Lupasco a cherché à formaliser. Mais il n'a pas été entendu. Il ne reste plus qu'à attendre la chute de la civilisation technologique occidentale. La raison humaine a voulu maîtriser la nature, la nature répondra sans merci à ses excès, elle reste la plus forte.

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Message par Ilibade le Dim 7 Déc 2008 - 0:03

Si "cartésien n'est pas français", alors il n'y a aucune fierté à être cartésien. Est-ce que je me trompe ? Cartésien n'est pas français FRANKI%7E1

A chaud, et compte tenu qu'il est déjà tard, je vais répondre sur les points suivants :

Les paradoxes et symétries de la physique quantique exigeaient déjà une nouvelle logique de la complémentarité des contraires que seul le biologiste Stéphane Lupasco a cherché à formaliser.
Ceci est inexact. Dès les années 30, et compte tenu que les années 20 avaient débouché sur l'Ecole de Copenhague et sur une interprétation de la mécanique quantique sur laquelle je reviendrais, on a vu une autre école apparaître que l'on pourrait qualifier d'Ecole de Paris, qui se composait de chercheurs de l'Institut Henri Poincaré, et qui a tenté d'apporter derrière les idées de Louis de Broglie une autre vision. En gros, l'Ecole de Copenhague avait en 1926 défini une interprétation dite orthodoxe reposant sur un probabilisme qui serait inhérent à la Nature elle-même, alors que l'Ecole de Paris a cherché à élaborer une interprétation reposant sur un déterminisme sous-jacent à l"observable", et que suggérait dès 1927 Louis de Broglie, donc exactement l'année qui a suivi l'interprétation de Copenhague.

Or c'est en 1962, que le physicien Jean Emile Charon, assimilé à l'Ecole de Paris, publie "Eléments d'une théorie unitaire d'univers", proposant un nouveau formalisme permettant de disposer de relations mathématiques à partir desquelles, les lois de la relativité générale (en espace riemannien) et celle de la théorie quantique des champs (espace affine) ne représentait plus que deux cas particuliers d'une théorie plus vaste. Cette théorie unitaire ne proposait en fait que la méthodologie générale d'obtention des grands principes d'une théorie unitaire, a jeté une grande émotion dans le monde français de la physique. Mais comme par la suite, Charon a aussi interprété ses travaux dans un sens plus métaphysique, il s'est trouvé comme bien d'autres propulsé dans les oubliettes. Le livre qui permet de comprendre sa méthode "a priori" est "La crise actuelle de la physique", publié en 1966 et dans laquelle, il expose pourquoi cette crise est liée au langage. Et donc, Lupasco n'est pas du tout le seul auteur à avoir tenté une approche globale.

Il faut dire que depuis Einstein, tout le monde s'est mis à la recherche d'une solution complète qui unifierait les interactions de la physique, les modèles géométriques, supprimerait la dualité continu-discontinu etc. Et donc, quand Jean Charon sort sa théorie, nous en sommes alors à un stade très avancé, puisque en 1960, il n'y a pas moins de 100 théories unitaires sur le devant de la scène. Beaucoup de ces théories sont basées sur l'augmentation du nombre des dimensions de l'univers. Ainsi, l'un des professeurs de Sakharov dont j'ai oublié le nom russe avait-il envisagé que le Big Bang avait créé en réalité 27 espaces-temps tous quadri-dimensionnels. Les américains étaient très amateurs d'un univers à 11 dimensions, etc. Mais le livre de Charon était nouveau et critiquait le raisonnement de la plupart des physiciens. A l'heure actuelle, où certains points de vue de Louis de Broglie pourraient bien redevenir d'actualité, les travaux de Charon, mort en 1998, peuvent avoir de l'intérêt.

En effet, Descartes n'a pas seulement établi une méthode d'observation débarrassée des doctrines scholastiques, il accordait aussi une importance fondamentale à la métaphysique.
En effet, dans le discours de la méthode, beaucoup d'aspects sont essentiellement métaphysiques. Et on peut dire que Descartes est précurseur de la définition moderne de la métaphysique dont le Littré à la fin du 19° siècle disait qu'elle était la science des principes, plus élevée et plus générale que les autres, de laquelle toutes les connaissances tiennent leur certitude et leur unité.

Depuis mes cours de philosophie thomiste dans un lycée catholique je me méfiais de la rigidité de la logique formelle n'admettant aucune nuance.
Il faut savoir que cette vision dualiste du monde est essentiellement liée au dualisme intrinsèque des grandes traditions religieuses. Une dialectique du type "coupable-innocent", "bien-mal" a souvent donné lieu à une résolution formelle des jugements, surtout judiciaires, et que la place laissée à des jugements du type "à la fois coupable et innocent" ou encore "à la fois bien et mal" sont encore de nos jours vus par une très large majorité de gens comme pure aberration. C'est un peu comme cette fantaisie d'une politique de gauche ou de droite qui tient bien le pavé mais ne résout rien.

L'esprit cartésien pur qui refuse toute métaphysique est donc essentiellement d'origine anglo-saxonne.
Ceci est vrai pour les origines, mais depuis la fin de la seconde guerre mondiale, la France a adopté ce même point de vue anti-métaphysique au point que notre pays connaît véritablement une sorte d'omerta qui fait que des scientifiques honnêtes et respectueux d'une méthode scientifique dans leurs travaux scientifiques, sont immédiatement mis au ban dès lors qu'ils publient trop directement des recherches à vocation philosophique.

Et si la science empirique a bien éliminé le dogmatisme de l'Eglise, n'a-t-elle pas simplement transféré la prétention d'infaillibilité des dogmes ecclésiastiques aux dogmes scientifiques?
Je suis bien content de voir que je ne suis plus seul à parler d'obscurantisme scientifique. Cartésien n'est pas français Mot22

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Message par Invité le Dim 7 Déc 2008 - 5:57

Ilibade dit
Ceci est inexact. Dès les années 30, et compte tenu que les années 20 avaient débouché sur l'Ecole de Copenhague et sur une interprétation de la mécanique quantique sur laquelle je reviendrais, on a vu une autre école apparaître que l'on pourrait qualifier d'Ecole de Paris, qui se composait de chercheurs de l'Institut Henri Poincaré, et qui a tenté d'apporter derrière les idées de Louis de Broglie une autre vision.
Je suis heureux d'apprendre que d'autres français ont cherché à résoudre les paradoxes de la physique. Mais n'est-ce pas peut-être précisément à la suite des travaux de Lupasco? Et qu'est-ce que ça a donné? Rien. Parce que les idées originales, surtout françaises, sont discréditées par la "communauté scientifique" dominée comme tout le reste par les anglo-saxons.
A propos du congrès de Copenhague il faut préciser qu'il mit fin aux discussions d'interprétation des physiciens sur le constat pragmatique bien anglo-saxon que seuls les résultats constituaient la réalité. Feynman parodiait cette exigence par les mots: "le physicien calcule, le métaphysicien interprète" ou plus cruement "shut up and calculate". Ne s'agitait-il pas de consolider les résultats d'Einstein contre les interprétations de Poincaré ou de Louis de Broglie? Il est avéré aujourd'hui qu'Einstein a plagié Poincaré mais ce qui est grave c'est que ses interprétations sontfausses. Plusieurs sites notamment français et québecois le dénoncent et proposent de nouvelles interprétations. Je les ai résumées à la page 4 de mon site.
Pour le reste, je ne vois pas de divergences avec Ilibade.

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Message par Ilibade le Dim 7 Déc 2008 - 12:32

Je suis heureux d'apprendre que d'autres français ont cherché à résoudre les paradoxes de la physique. Mais n'est-ce pas peut-être précisément à la suite des travaux de Lupasco?
Non pas vraiment. Je ne dis pas que Charon ignorait la pensée de Lupasco, ou même qu'ils n'aient pu se rencontrer. Mais c'est bien dans une autre direction de recherche que Charon a oeuvré. Son point de vue est une alternative au point de vue de Lupasco. (c'est intéressant, car cela va rendre la discussion valable).

Et qu'est-ce que ça a donné? Rien.
Rassurez-vous. Les physiciens "officiels" et bien en vue, n'ont rien donné non plus, sauf des développements utiles aux technologies. Mais il n'y a pas eu d'avancée susceptible de remettre en question philosophiquement la connaissance du réel.

Parce que les idées originales, surtout françaises, sont discréditées par la "communauté scientifique" dominée comme tout le reste par les anglo-saxons.
Les anglo-saxons discréditent tout autant les travaux de Bohm, ou de Wigner. Ce n'est donc pas chez eux une attitude anti-français. Mais comme c'est aux USA qu'actuellement, on trouve une reconnaissance des spécialités Psy, peut-être qu'aux USA, le terrain est plus propice actuellement à certaines percées.

A propos du congrès de Copenhague il faut préciser qu'il mit fin aux discussions d'interprétation des physiciens sur le constat pragmatique bien anglo-saxon que seuls les résultats constituaient la réalité.
Oui et non. La thèse ainsi dénommée d'une "Ecole de Copenhague", est liée au fait que c'est Niels Bohr, un Danois, qui a mis en avant les travaux d'un de ses élèves, Werner Heisenberg, qui a fait reposer les phénomènes quantiques dans une description dont le formalisme s'apparente à une mécanique matricielle. Comme en 1927, Heisenberg publie des relations d'incertitude qui font de l'indétermination une condition naturelle, qu'on ne peut pas observer, le congrès Solvay de 1927 va entériner le point de vue indéterministe de Bohr. Mais dans l'assistance, tout le monde sait qu'Einstein n'est pas d'accord, que De Broglie n'est pas d'accord, et qu'en réalité, on accepte le point de vue de Bohr comme le seul point de vue qui tient la route, et cela, à cause d'une faiblesse de la théorie de De Broglie (mécanique ondulatoire).

Or si l'on évoquait la méthode en science, on reconnaît que deux points de vue s'opposent :
1- Celui de Descartes, pour qui les lois de la nature se déduisent de principes et peuvent se vérifier par l'expérience. Ici, on part donc des principes pour aboutir à l'observation, c'est-à-dire à la "vérification" que ces principes sont les bons. Le langage utilisé, empruntera nécessairement à la métaphysique, et au monde des idées, puisque c'est seulement là que se situe pour Descartes le fondement de la connaissance. On parle de langage principiel. C'est en ce sens que Descartes est le précurseur de la métaphysique moderne.

2- Celui de Newton, qui, 20 ans plus tard, va définir une approche contradictoire, partant de l'observation pour en déduire les principes de la connaissance. Pour Newton, on ne peut connaître les principes qu'après avoir longtemps observé. Cette méthode dite objective est alors desservie par un langage objectif, où aucune considération métaphysique ne peut conditionner la façon de traduire l'expérience.

Fontenelle, alors secrétaire de l'Académie des Sciences, résume ainsi la situation :

Les deux grands hommes, qui se trouvent dans une si grande opposition, ont eu de grands rapports. Tous deux ont été des génies du premier ordre, nés pour dominer sur les autres esprits et pour fonder des Empires. Tous deux, géomètres excellents, ont vu la nécessité de transporter la géométrie dans la physique. Tous deux ont fondé leur physique sur une géométrie qu'ils ne tenaient presque que de leurs propres lumières. Mais l'un (Descartes), prenant un vol hardi, a voulu se placer à la source de tout, se rendre maître des premiers principes par quelques idées claires et fondamentales, pour n'avoir plus qu'à descendre aux phénomènes de la Nature comme à des conséquences nécessaires. L'autre (Newton), plus timide ou plus modeste, a commencé sa marche par s'appuyer sur les phénomènes pour remonter aux principes inconnus, résolu de les admettre tels que les pût donner l'enchaînement des conséquences. L'un part de ce qu'il entend nettement pour trouver la cause de ce qu'il voit, l'autre part de ce qu'il voit pour en trouver la cause...
L'Ecole de Copenhague va être la continuation par un langage formel et objectif des opinions de Newton, dont elle assure une sorte d'extension. Mais à la suite de De Broglie, un peu avant les années 1950, l'Ecole de Paris va se pencher sur la reprise de l'interprétation de la théorie quantique dans un sens principiel, renouant avec la pensée de Descartes (même s'ils vont échouer).

Il est avéré aujourd'hui qu'Einstein a plagié Poincaré mais ce qui est grave c'est que ses interprétations sont fausses.
Attention aux informations frelatées. Il est inexact de dire qu'Einstein a plagié Poincaré, d'abord, parce que, s'il l'avait fait, il serait passé immédiatement pour une sorte d'imposteur au sein du congrès Solvay, où les personnes présentes discutaient vraiment d'interprétation poussée du formalisme mathématique et de sa réelle traduction. Or tous les physiciens de cette époque évoquent Einstein comme l'un des plus grands génies. Et de fait, même s'il a utilisé des idées, des outils ou des travaux venant d'autrui (comme tout savant), il est le seul à avoir composé une théorie toute neuve en langage principiel, qui heurtait le dogme sacré de l'objectivité de la science. Non seulement, il a donné un grand coup de pied au réalisme de Niels Bohr, mais en plus, il a fait faire une volte-face à Henri Poincaré, lequel, étant l'un des acteurs majeurs de la mise au point de la logique formelle, ne pouvait pas envisager que la physique ne se déduise pas de l'observation. Aussi, compte tenu de la profondeur des réflexions, et que peut-être cette discussion permettra d'évoquer, je trouve extrêmement fanfaron de dire qu'aujourd'hui, Einstein aurait pris sa théorie principielle de la relativité chez l'un des maîtres de la science objective.

Conclusion : se méfier des canulars.

Ensuite, dire que ses idées sont fausses ne peut être affirmé que si nous disposons d'une façon claire de l'établir. Or toute théorie a une vie qui dépend à la fois du réel et de la pensée des hommes. Aussi, bien qu'ayant une interprétation fausse ou incomplète, elle a cependant été vérifiée par beaucoup de physiciens sur des conséquences prévisionnelles. Elle a donc suivi exactement le schéma proposé par Descartes et cela est encore dérangeant de nos jours pour une vaste quantité de pseudopodes de la pensée. Einstein était le premier à critiquer la relativité générale. Elle ne lui donnait pas satisfaction, pas plus que la théorie quantique. Voici ce qu'il écrivait :
Une théorie peut être vérifiée par l'expérience, mais aucun chemin ne mène de l'expérience à la création d'une théorie.
Vous voyez, c'est un anti-Copenhague forcené !

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Message par Invité le Dim 7 Déc 2008 - 16:03

Ilibade explique brillamment la différence entre le rationalisme classique, celui de Descartes mais aussi de Giordano Bruno, Galilée ou Kepler que je dis latin et qui est d'inspiration néo-platonicienne et le rationalisme moderne d'origine anglo-saxonne de logique aristotélicienne. Rien à redire.

Ilibade défend ses dogmes:

Attention aux informations frelatées. Il est inexact de dire qu'Einstein a plagié Poincaré, d'abord, parce que, s'il l'avait fait,

Le plagiat est dénoncé par un livre de Leveugle et documenté dans un article de Logounov.
...il serait passé immédiatement pour une sorte d'imposteur au sein du congrès Solvay, où les personnes présentes discutaient vraiment d'interprétation poussée du formalisme mathématique et de sa réelle traduction. Or tous les physiciens de cette époque évoquent Einstein comme l'un des plus grands génies.

Parce qu'après Copenhague on n'interprète plus l'observation physique mais seulement le formalisme mathématique qui devient la physique théorique.
Qui aurait osé contester Einstein? Il venait d'obtenir le prix Nobel, il était donc un génie! Mais il n'a pas obtenu ce prix pour sa relativité mais pour l'invention du photon (particule sans masse... :roll: ...) N'était-ce pas peut-être pour dissimuler le rôle de Poincaré et éviter la contestation? Celui-ci s'est modestement soumis au consensus général.

Et de fait, même s'il a utilisé des idées, des outils ou des travaux venant d'autrui (comme tout savant), il est le seul à avoir composé une théorie toute neuve en langage principiel, qui heurtait le dogme sacré de l'objectivité de la science.

Il est d'usage dans les publications scientifique d'indiquer ses sources et collaborateurs. Or dans son fameux article de 1905 Einstein n'indique rien.
L'idée délirante consistant à interpréter les transformations des mesures de l'objet dues à la vitesse ( effet Doppler) par la déformation de l'espace-temps lui-même est en effet une nouveauté renversante ... :sady: ..., "une injure à notre intelligence" comme dit le québecois LaFrenière sur son site.

Les liens et des résumés des sites défendant une nouvelle interprétation de la physique peuvent être trouvés en page 4 de mon site.

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Message par Ilibade le Ven 12 Déc 2008 - 4:29

Donc, Albert Einstein aurait plagié un article d'Henri Poincaré publié en France quelques semaines auparavant. Peut-être, la lecture de cet article l'avait-il mis dans un état d'émotion très intense, qu'on ne saurait lui reprocher d'avoir voulu en faire une sorte de communication au profit de ses professeurs qu'il aimait tant. Certes, il aurait pu indiquer la provenance des idées, sauf que, il a peut-être aussi songé comme beaucoup d'autres, à son avenir, alors que celui de Poincaré n'était plus vraiment un problème. En cela, il a d'un seul jet réussi à la fois à faire connaître le principe de relativité, et en même temps à devenir un physicien. C'est pourquoi, lorsqu'il rencontre Lorentz au premier congrès Solvay en 1908, les témoignages rapportent que Lorentz était un homme remarquable envers tous les membres. Il a peut-être accueilli le jeune Albert d'un clin d'oeil, lui signifiant "Tu es gonflé, et bien que j'aime cela, je t'ai à l'oeil !"

Mais tout cela est bien maigre pour pouvoir ensuite penser que l'interprétation d'Einstein soit dépourvue d'intérêt. Et, comme les plagiats sont une constante de l'histoire humaine, où même moi en ce moment, je pourrais évoquer des idées que d'autres ont exposées avant moi, soit d'une façon consciente, soit inconsciente, il est clair que ce qui m'intéresse, c'est surtout ce qui ressort de toutes les discussions qui ont ensuite animé la science, et dont Einstein est l'un des acteurs les plus reconnus. Lors du congrès Solvay de Bruxelles en 1927 où sera entérinée l'hypothèse de Copenhague, il a été l'un des acteurs les plus aptes à reformuler les questions. Et même, s'il est un jour prouvé que le principe de la relativité selon sa théorie n'avait aucun intérêt en science, je rappelle que notre marche vers la vérité est le résultat d'une suite très dense d'erreurs et d'approximations.

Si on se base sur le principe de la philosophie positiviste d'Auguste Comte, c'est l'observation qui doit servir la connaissance du monde physique. Et au fur et à mesure que l'on élaborait les principes de la formalisation de ces connaissances, on a progressivement fait apparaître des empêchements ou des infirmations de cet esprit positiviste. Il y a tout d'abord les travaux de Poincaré sur l'incomplétude des mathématiques, travaux qui déboucheront en 1934 sur le 2° théorème de Gödel, appelé théorème d'incomplétude, et dont je reparlerais sûrement.

Et, puis, du côté des physiciens, on a vu deux limites liées toutes deux au facteur humain, prendre le devant de la scène. Le principe de relativité faisait état que la lumière était un état limite des phénomènes accessibles à l'observation. Dans la mesure où notre expérience du monde physique dépend de nos sens, et où le sens le plus performant est celui de la vue, plus ou moins amélioré par des appareillages, il est assez normal de constater que les phénomènes plus performants que la lumière nous échappent. Et comme c'est elle qui conditionne notre observation, il y a là quelque chose d'assez compréhensible. Ensuite, il y a eu la théorie quantique où la limite était ici liée à l'incapacité que nous avions par le formalisme de connaître totalement la nature des choses. Cela ne veut pas dire que l'on ne puisse pas poursuivre des recherches, mais seulement que quelque chose persiste dans un domaine qui est hors champ de l'entendement. Cependant, à cette époque, et surtout après 1934, personne ne va tout de suite faire le rapprochement entre les conséquences du théorème de Gödel et l'état insatisfaisant pour beaucoup de l'hypothèse de Copenhague.

J'ai parcouru votre site. Effectivement, il existe un très grand nombre de théories unitaires faisant appel à la fois à des contournements des difficultés du formalisme, et aussi à de véritables innovations. Toutefois, il faut faire attention à ce qui est affirmé au sujet des travaux de Louis de Broglie. Il n'a jamais dit que la matière était ondulatoire, mais qu'elle se composait de corpuscules auxquels était associé un oscillateur, une sorte de petit vibrateur qui, agissant comme un élément périodique stationnaire qui voyageait en même temps que le corpuscule, guidait sa trajectoire. Tout le problème était de savoir si cela était subjectif ou objectif. Or De Broglie fait le choix que cette réalité est objective.

Il pose donc le principe de l'onde stationnaire sous la forme d'une onde dont la représentation complexe classique est :
Cartésien n'est pas français Eq110
Mais ceci ne prouve nullement le caractère "objectif" de ce vibrateur. Mais si cet élément existait objectivement, De Broglie en tire la conclusion que l'application des résultats de la Relativité restreinte indique alors que, dans ce cas, chez un observateur dans le système duquel le vibrateur serait en mouvement à vitesse v, les phases φ de l'élément périodique ainsi introduit seraient réparties dans l'espace comme celles d'une onde dont la fréquence, dépendante d'une fréquence initiale, prend l'allure relativiste classique :
Cartésien n'est pas français Eq210
En fait, De Broglie essaye de réduire les deux limites à une seule, en voulant instaurer une complémentarité onde-corpuscule, tout en se plaçant dans l'angle de la Relativité restreinte, qui semble à cette époque une limite incontournable.

Sa théorie va répondre en effet à bien des aspects du comportement de l'électron, mais il y a une conséquence qu'il est obligé d'admettre et que Pauli va interpréter comme la confirmation de l'hypothèse de Bohr et d'Heisenberg. Cet aspect est lié à la diffraction d'un faisceau d'électrons qui présuppose que l'on connaisse à l'instant 0 l'onde probabiliste pour tous les corpuscules. La théorie de de Broglie, appelée double solution, aurait été plus complète que l'interprétation probabiliste si, à partir d'une densité initialement constante des singularités probabilistes, elle avait montré que ces singularités se distribuaient ensuite sur les trajectoires avec une densité de probabilité correspondant à la fonction d'onde. Mais s'il était nécessaire de supposer que, pour retrouver la densité à tout instant, il fallait avoir cette fonction précisée de façon initiale, alors ceci introduisait un élément statistique et physiquement inexpliqué qui faisait de cette solution une interprétation tout aussi probabiliste que l'hypothèse de Copenhague.

(Nota: les formules n'ont eu pour intérêt que de rappeler le point de vue de la théorie de de Broglie, qui est ainsi tributaire de la pensée d'Einstein. Ce n'est qu'après que d'autres paradoxes vont apparaître, grâce d'ailleurs à Einstein, qui a suggéré à Schrödinger le paradoxe du chat, tout en plaçant dans la cage du chat non pas un tube de gaz mortel, mais carrément un baril de poudre actionné par un détonateur. Peut-être que vous allez me dire qu'il voulait rendre ici hommage à Alfred Nobel, inventeur de la dynamite, afin de remercier le comité Nobel de ses bonnes grâces ? Mais Schrödinger lui a rétorqué que si le chat était mort au moment même de l'observation, il y avait de grandes chances qu'on perdrait aussi l'observateur. Avec un gaz au moins, l'observateur pouvait revêtir une tenue de protection et servir encore la science.)

Cartésien n'est pas français Grosv

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Message par Invité le Ven 12 Déc 2008 - 19:16

En ce qui concerne le plagiat, chacun peut se faire une opinion sur les publications de Logunov et Leveugle que j'ai mentionnées.
Peu importe. Ce qui est en cause c'est l'interprétation d'Einstein des expériences d'interférométrie de Michelson-Morley. La théorie de la structure ondulatoire de la matière (SOM) démontre sur la base de la mécanique classique des ondes que c'est l'objet qui se déforme aux vitesses proches de la lumière par effet Doppler. Chacun peut se faire une idée sur le site de LaFrenière qui est très démonstratif et facile à comprendre.
http://www.glafreniere.com/matiere.htm
La théorie de la relativité revient à dire qu'au contraire c'est l'espace-temps qui se transforme. Einstein a bien sûr su formaliser cela mais ça rappelle un peu l'univers de Ptolémée où l'observateur reste le centre (comme d'ailleurs pour le Bigbang) et où la sphère céleste se déplace …
Il reste qu'aucune théorie unificatrice n'existe entre la mécanique quantique, la relativité et la gravitation
Ilibade:
…. au sujet des travaux de Louis de Broglie. Il n'a jamais dit que la matière était ondulatoire, mais qu'elle se composait de corpuscules auxquels était associé un oscillateur
Je suis d'accord et je n'approuve pas ceux qui affirment "La matière est faite d'ondes". Je dirais plutôt que la particule matérielle existe et qu'elle fonctionne comme une onde dans toutes ses propriétés et interactions. Cela nous ramène à la fois au chat de Schrödinger et au sujet initial: l'insuffisance de la pensée cartésienne positiviste parce qu'elle ignore les différents niveaux de la connaissance qui sont aussi des niveaux de la réalité
Si les probabilités indiquent qu'une désintégration a une chance sur deux d'avoir eu lieu au bout d'une minute, la mécanique quantique indique que, tant que l'observation n'est pas faite, l'atome est simultanément dans deux états (intact/désintégré).
Le paradoxe et l'absurdité vient de l'application de la logique cartésienne de contradiction et tiers exclus au niveau du fonctionnement où elle n'est pas applicable.
Ken Wilber a présenté et commenté le schéma suivant:
Cartésien n'est pas français 1_niv_conn

que je complète par les niveaux correspondants de la logique:
Cartésien n'est pas français 1_niv_log

L'atome ou le chat, c'est le phénomène observé ou mesuré au niveau 5. Cette connaissance est soumise à la logique de contradiction exclue. (avant et après l'expérience)
La formalisation mathématique, fonction d'onde probabiliste de Schrödinger ou onde associée réelle de de Broglie, appartient au niveau 4 et l'interprétation ou signification, l'idée mort ou vif au niveau 3. C'est le niveau de la logique d'antagonisme de Lupasco: elle signifie intact ou désintégré, vif ou mort (pendant l'expérience ou le fonctionnement). Mais en aucun cas simultanément mort et vif.
Il suffirait d'ajouter au dispositif un témoin lumineux ou d'utiliser l'explosif suggéré par Einstein pour savoir instantanément le moment éventuel du passage de la vie au trépas du pauvre chat (et éventuellement du stupide expérimentateur).
Conclusion: Descartes qui se situait dans la lignée des penseurs latins comme Bonaventure, N. de Cues, Giordano Bruno et les néo-platoniciens et qui admettait une "semence de pensées utiles" dans l'esprit humain n'était pas un partisan de la logique aristotélicienne, ni Lupasco bien sûr, ni L. de Broglie. C'est pourquoi j'affirme que le cartésianisme ne correspond pas à l'esprit latin ou français.
Le non-respect des niveaux et l'extension inappropriée de la logique cartésienne de contradiction exclue aux niveaux du fonctionnement, des idées et de l'esprit conduit à des erreurs dans les sciences et à des abus manifestes en politique, économie et religion. La tradition française classique aurait un autre rôle à jouer.

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Message par Ilibade le Ven 12 Déc 2008 - 22:27

Ce qui est en cause c'est l'interprétation d'Einstein des expériences d'interférométrie de Michelson-Morley.
Pas uniquement. Ce qu'il faudrait dire c'est qu'Einstein interprète ces expériences dans le cadre d'une théorie précise. D'autant plus que l'effet Doppler était connu au moment où ces expériences ont eu lieu. Pourquoi l'interprétation de LaFrenière n'a-t-elle pas alors été donnée à l'époque ? Je crois que vous allez trop vite.

Il reste qu'aucune théorie unificatrice n'existe entre la mécanique quantique, la relativité et la gravitation
Il y a au contraire beaucoup d'approches dont celle de Charon qui ne s'est pas contenté de publier les principes d'une théorie unitaire, mais en a réalisé une appelée relativité complexe. Dans cette théorie il parvient à marier mécanique quantique et relativité. Il se permet même le luxe de diminuer le nombre des constantes de la physique. Il a bénéficié de beaucoup d'entraide, de la part de gens comme Lichnerowitz, Lions, Wheeler, Crumeyrolle, Irving Segal, , Horowitz, Bussac, Triffin, et IBM lui a mis à disposition tout le temps de calcul nécessaire à vérifier les aspects théorique de sa théorie. Cependant, ce qui fait que cette théorie n'est pas connue, c'est qu'elle évoque l'Esprit selon Charon, et que cela est loin de convaincre.

J'en viens maintenant à vos tableaux et vous déclarez ensuite :
C'est le niveau de la logique d'antagonisme de Lupasco: elle signifie intact ou désintégré, vif ou mort (pendant l'expérience ou le fonctionnement). Mais en aucun cas simultanément mort et vif.
C'est là où je suis perplexe. Si dans votre tableau vous représentez :
Esprit = Synthèse = Etre
Mental = Antagoniste = fonction
Matière = contradiction = phénomène
Ceci est très différent d'un schéma métaphysique traditionnel qui dans mon esprit est davantage du style
Esprit = logique = unité
Mental = Etre = Conscience = Verbe
Matière = concept = objet formalisable dans le cadre d'une conscience = multiplicité (ce que vous appelez fragmentation).

Or dans un tel schéma, la logique et la formalisation des concepts aboutit à un résultat partiel du fait-même de l'esprit. L'esprit n'est pas au départ un instrument de synthèse, mais bien de discernement, de séparation et d'éclairage. Ainsi, l'être conscient (qui est individuel) place une partie du réel concevable dans l'ignorance et éclaire l'autre. Mais on peut, par un examen plus rigoureux de l'outil de la logique ou de l'esprit, et non par une disposition nouvelle du schéma métaphysique, opérer une inversion. Aussi, dans mon esprit, l' "esprit" n'est pas synthèse, plus qu'analyse, mais le moyen actif de la contradiction qui est formalisée au sein de la matière, par résultat de l'analyse et des choix, et qui est du domaine sensible. Et si il doit y avoir synthèse, cela ne peut être qu'en usant autrement du pouvoir de l'esprit, orienté vers la synthèse, ce qui ne peut se faire que lorsqu'on a évalué la limite de la logique antagoniste pour prendre conscience de l'existence de tout ce qui a été ignoré et qui agit de façon invisible et inconnaissable par les moyens de la conscience ordinaire. On passe alors à l'esprit de complémentarité. Au milieu, il y a un état résultant qui est l'état où les antagonistes deviennent agonistes, et qui s'apparente véritablement au cas de figure "mort et vivant".

Or cet état "mort-vivant" est ce qui angoisse notre spiritualité, et dans les films, les morts-vivants se nourrissent du cerveau des vivants, simplement parce que la conception que l'on se fait de Dieu est un mélange d'Etre et de Non-Etre, les individus se répartissant autour de ces deux notions, et que pour les transcender, il faut faire appel au cerveau et à toutes les facultés de notre intelligence. Le mort-vivant est ici l'objectif impensable que seule une activité intellectuelle peut révéler comme une transcendance de la conscience. Cela se fait parce que nous devenons capables d'user de la logique dans un sens qui n'est plus formaliste, mais informel pur. (dans les films, le mort-vivant est hideux, et le vivant le fuit de toutes ses jambes. Mais dans la réalité, la seule qu'on peut affirmer, c'est que l'on a toujours "vivant et mort" comme première vérité nécessaire avant de formuler "vivant ou mort")

Aussi, comme je ne veux pas me prononcer davantage sur les idées que vous émettez, sans les connaître mieux, je ne peux pas dire s'il y a un point d'accord possible entre ce tableau ou un autre. J'ai besoin de relire Lupasco et peut-être de me procurer d'autres livres de lui, mais aussi de me pencher plus profondément sur les auteurs que vous citez, sachant qu'il y en a d'autres, et que l'on est loin de se passer aujourd'hui du cadre de la relativité. D'ailleurs Charon disait que les meilleures théories unitaires partaient toutes de la relativité. Le problème du formalisme ne peut s'appliquer qu'à rendre compatible la question de la mécanique quantique à un ordre des choses plus classique, puisque c'est elle en quelque sorte, qui révèle un côté informel à la réalité.

Un autre axe de réflexion, c'est que si la logique formelle, mieux étudiée et mieux critiquée, constitue un outil mieux maîtrisé, on n'est pas près non plus à s'en passer de façon universelle. On peut lui ajouter ou lui enlever pour des besoins spécifiques, mais elle reste le cadre dans lequel les langages se situent. Or c'est comme dans un état prélogique que se situe le cas "mort et vivant", et comme cet état est cependant conscient, la question est alors "comment peut-on concevoir en conscience un cas de figure incompatible avec le formalisme du langage", et l'écrire ? Est-ce que la conscience est plus que le mental ? Et bien, selon les hindous, oui. Mais je dirais aussi que selon la tradition occidentale aussi.Ce qui est prélogique est destiné à être aussi postlogique, et donc, si l'esprit fonctionne comme un axe de dualité durant une première phase de l'évolution de la conscience universelle, il arrive un moment, où l'esprit conçoit le paradoxe, et se met à synthétiser. Il le fait en remontant peut-être l'axe de la logique, vers un état stable où le phénomène prend alors la forme minimale.

Enfin, pour critiquer Charon, peut-on faire de l'esprit seulement la partie imaginaire de l'espace-temps ? Pas sûr. Il me semble que le visible et l'invisible sont purement une conséquence du fonctionnement de l'esprit. Il se pourrait même que ce fonctionnement soit en paliers. C'est comme si nous étions au coeur d'un programme informatique, qui serait en fait un sous-programme, au sein d'une hiérarchie de plusieurs niveaux, où chaque niveau appelle un sous-programme du niveau qui lui est inférieur. Comme tout sous-programme, notre sous-programme peut faire appel à des données mémorisées déterminées par les programmes de niveau supérieur, et qui sont collectives. Et lorsque nous percevons quelque chose dans l'espace, rien ne permet d'affirmer qu'il y a quelque chose dans l'espace, puisque tout cela est lié à une perception en nous-mêmes, reconstituée par nos sens, qui, comme des bouchons transformateurs, transforment une réalité unique en une infinité de schémas que le cerveau transforme en images, en sons, en sensations, comme par un programme complexe. Mais quelle est la réalité extérieure ? Y a t-il une réalité extérieure ? et un intérieur ? On ne peut pas l'affirmer. Et si notre conscience est seulement l'état d'une hiérarchie de programmes, alors bien sûr que notre problème tourne autour du langage et de ses propriétés. Au commencement était le Verbe. Peut-être nous sommes en train de boucler dans un sous-programme, à la recherche des conditions qui nous permettraient d'en sortir en nous faisant accéder à la fonction RETURN.

C'est pourquoi je pense qu'il est encore utile d'étudier comment notre logique formelle nous entraîne à l'erreur, et comment on peut s'en servir sans erreur. Le meilleur exemple que je connaisse d'un emploi de la logique qui soit complet, c'est le texte biblique, où l'on voie à chaque étape, l'expression des antagonismes, mais réunis dans le même texte. Si je ne sais pas affirmer en même temps une chose et la chose contraire, je peux par contre le faire en deux temps. Ainsi, le texte présente des versets yahvistes et des versets élohistes, contraires les uns des autres, et à la série des versets d'un genre répond l'évolution des versets de l'autre genre. Ils sont complémentaires dans le texte total, mais ponctuellement antagonistes. Et donc, je me dis que l'état vivant et mort représente l'état le plus universel, le plus total, le plus informel et donc le plus conscient possible tout en étant aussi le moins individualisable ou le moins formalisable. Dans cette vision des choses, je ne suis pas en recherche des brunos, mais de LA particule universelle, de L'Energie unique. Et comme celle-ci n'existe qu'en dehors de toute conception, il n'y a pas d'espace, ni de temps qui lui sont associés, ni de mouvement, ni de quantité, mais pure qualité.

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Message par Invité le Lun 15 Déc 2008 - 18:41

Ilibade:
Pourquoi l'interprétation de LaFrenière n'a-t-elle pas alors été donnée à l'époque ? Je crois que vous allez trop vite.
Elle a été donnée par Lorentz:
LaFrenière, page "transformations de Lorentz"
J'ai reçu dans le passé des commentaires de mathématiciens qui me reprochaient de présenter dans cette page des « équations inexactes ». C'est pourquoi j'ai mis au point en mars 2006 un programme capable d'afficher les transformations de Lorentz sur l'écran d'un ordinateur d'une manière parfaitement cohérente et logique.
….(liens)
Un ordinateur s'accommode généralement très mal des « équations inexactes ». S'il affiche des résultats cohérents, il y a tout lieu de penser que les équations sont correctes. Ces mathématiciens du dimanche devront désormais expliquer pourquoi mes formules produisent infailliblement la contraction indiquée par Lorentz et le décalage horaire prévu par Henri Poincaré.
Ils devront aussi admettre que ces transformations justifient parfaitement la Relativité, telle qu'Albert Einstein l'a décrite, mais sans qu'il soit nécessaire de recourir pour autant à l'interprétation fantaisiste qu'il en a donnée. Franchement, il faut être vraiment naïf pour penser que le temps peut se dilater et que l'espace peut se contracter et même se courber. Personne n'a jamais pu expliquer comment ni pourquoi un tel prodige pourrait se produire, d'un point de vue strictement mécanique. Pourquoi recourir à une explication absurde qui n'explique rien, alors que l'explication donnée par Lorentz est bien plus simple, bien plus plausible, et qu'elle peut désormais se démontrer en invoquant les propriétés des ondes stationnaires ?
Il y a un bout à penser et à dire n'importe quoi. De grâce, faites preuve d'un peu plus de rigueur. Qu'on se le dise, l'espace euclidien et cartésien demeure le seul qui soit raisonnable et logique. L'heure décrétée par convention par l'observatoire de Greenwich, dont la vitesse absolue à travers l'éther est inconnue, constitue néanmoins une référence absolue. La longueur du mètre telle qu'elle est évaluée présentement, c'est à dire en fonction d'une longueur d'onde, est tout aussi absolue. Tous les autres référentiels n'ont qu'à s'y conformer. De cette manière, même un étalon d'un mètre fabriqué dans un laboratoire spatial voyageant à 90% de la vitesse de la lumière mesurera infailliblement un mètre lorsqu'il sera livré sur Terre. C'est simple, et c'est efficace.
Autrement, on ouvre la porte au délire pur et simple...
LES TRANSFORMATIONS TRANSFORMÉES
Afin de dissiper tout malentendu, je précise d'entrée de jeu que les équations de Lorentz avaient pour but de rendre les équations de Maxwell invariantes quelle que soit la vitesse absolue d'un système à travers l'éther.
D'une part, cela suppose que la vitesse de la lumière dépend de l'éther, et donc que sa vitesse relative comparativement à ce système est proportionnelle à l'effet Doppler. Et d'autre part, il s'agissait dans son esprit d'annuler l'effet Doppler qui s'était produit. Il existe donc des équations qui produisent l'effet inverse : elles provoquent un effet Doppler sur des ondes qui n'en sont pas affectées. Ces équations indiquent alors plus simplement et sans détour la valeur des transformations ; c'est ce qu'il importe de connaître, et l'expérience montre que le recours à un angle thêta les rend bien plus limpides, comme on le verra plus loin.
Je précise également que ces équations sont incontournables, même si vous persistez, contre toute logique, à privilégier la Relativité d'Albert Einstein.

Vous vous en prenez ensuite aux termes du schéma des niveaux de la connaissance et du réelque vous remplacez par des termes analogues, sauf en ce qui concerne l'esprit que vous confondez manifestement avec l'esprit cartésien dans son sens le plus étroit, empirique, analytique réductionniste. Vous créez ainsi la plus grande confusion en inversant les sens et les valeurs, ce qui est peut-être assez caractéristique de la civilisation occidentale contemporaine mais est le contraire de la réalité systémique. (D'où la crise qui vient)
Ilibade
Or dans un tel schéma, la logique et la formalisation des concepts aboutit à un résultat partiel du fait-même de l'esprit. L'esprit n'est pas au départ un instrument de synthèse, mais bien de discernement, de séparation et d'éclairage.
Sachez d'abord que ce schéma appartient à la Tradition dans le sens général de
Michel Random dans "La Tradition et le vivant"
Ce que nous entendons par tradition c'est essentiellement ce qui est permanent et stable à travers les lieux, les cultures et les religions. Il existe une science primordiale liée aux propriétés du vivant et à la "sagesse" de la nature, qui est le fondement de toutes connaissances. Chaque fois que cette tradition est altérée ou perdue, elle réapparaît sous différentes formes dans l'histoire des civilisations et de l'humanité.
Il faut savoir que la source de Ken Wilber "Les trois yeux de la connaissance", c'est Saint-Bonaventure qui se situait dans la pensée augustinienne, que St Augustin originaire de Carthage a été influencé par le néoplatonicien Plotin originaire d'Egypte. Le schéma est conforme à une conception globale réaliste et non pas théiste de l'univers répandue un peu partout, avant Aristote et les campagnes destructrices de civilisations d'Alexandre et César
Il y a eu de grandes civilisations bien avant Moïse et Aristote (Egypte, Mésopotamie, civilisation de l'Indus, Chine et j'en oublie) Il est remarquable que les philosophies et cosmologies des plus anciennes civilisations indiennes et chinoises ont une application pratique toujours utilisée et efficace en médecine traditionnelle parce qu'elles sont en accord avec le fonctionnement systémique de la nature. Sous des termes et symbolismes différents elles représentent toujours une pyramide de l'évolution de l'Unité, source de toute potentialité, vers la multiplicité en passant par la dualité (connaisseur-objet connu, logos ou Verbe) et une trilogie qui est celle des 3 relations que tout système entretient dans la hiérarchie des systèmes.
Comme tout système, la raison a des relations avec un niveau inférieur, l'observation empirique-analytique, des relations avec des systèmes de même niveau, (pensées ou idées abstraites interprétations et significations), une relation avec un système d'ordre supérieur dans lequel il est intégré (l'unité de l'esprit ou de l'être qui ne peut pas être verbalisé mais symbolisé).
Le problème du discernement cartésien tel que vous le définissez , (si je vous prenais à la lettre) c'est qu'il se confine au niveau inférieur et se perd dans le multiple, s'éloignant d'une compréhension globale et par conséquent de l'esprit. C'est la vision que la fourmi peut avoir de la forêt.
Coller l'épithète "cartésien" à ce genre d'esprit étroit est une insulte à l'esprit critique de Descartes qui rejetait les dogmatismes et dont les conceptions étaient proches du néoplatonisme par ses relations avec les rosicruciens.
En réalité, dans la suite de vos développements vous admettez bien d'autres logiques comme la complémentarité des contraires (Lupasco) et la synthèse des contraires (tiers inclus).
Mais si vous vous référez aux textes bibliques pour chercher à vous élever en logique, je ne vous suis plus. Ce genre d'argument-massue qui ne tolère aucune contradiction m'assomme. Je préfère me déclarer battu par ko et quitter le ring.
:itchy:

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Message par Ilibade le Mer 24 Déc 2008 - 0:09

Je ne comprends pas trop le but de ce thème. Car si Einstein peut être contesté, ce n'est actuellement pas l'avis des physiciens, qui au contraire, trouvent que la relativité est un maillon dont on ne peut pas se passer. Ainsi, la relativité restreinte ne prévoit pas seulement le décalage des horloges, mais aussi d'autres phénomènes qui ont été depuis observés et certains bien avant Einstein, comme par exemple, l'avance du périhélie de la planète Mercure, que l'effet Doppler n'explique pas. Par ailleurs, le site de Lafrenière manque de rigueur mathématique. D'ailleurs, il reconnaît selon vous, que des mathématiciens lui en ont fait la remarque. Enfin, de très belles évolutions graphiques obtenues par le biais d'un programme d'imagerie, n'a aucune valeur démonstrative.

Vous vous en prenez ensuite aux termes du schéma des niveaux de la connaissance et du réel que vous remplacez par des termes analogues, sauf en ce qui concerne l'esprit que vous confondez manifestement avec l'esprit cartésien dans son sens le plus étroit, empirique, analytique réductionniste.
Qu'appelle-t-on esprit ? C'est un mot qui porte le plus souvent à toute confusion et conduit à des méprises considérables. Dire que l'esprit est ce qui permet l'intellection des choses conscientes, est très certainement plus adéquat au sens traditionnel que de lui faire prendre indistinctement le rôle de mental, de volonté ou encore de je ne sais trop quoi d'autre. Il y a parfois des esprits frappeurs. Comme c'est frappant ! L'esprit, c'est ce qui permet de placer dans le verbe mental, des opérateurs de langage, c'est-à-dire des connecteurs logiques, de façon à ce que le mental puisse exister en tant que processeur verbal qui sert de moteur à la conscience. Mais ce processeur élabore des unités en séquences (ou parfois en boucle), chaque unité étant comme une phrase du langage.

Or une phrase du langage est toujours l'association ordonnée d'un ensemble d'objets qui seront opérés par la phrase et d'un ensemble d'objets opératoires qui ne sont autres que les fameux connecteurs. Si ces connecteurs (conjonction, préposition, ...) représentent l'esprit, c'est-à-dire le composant actif et ordonnateur du discours mental, le premier ensemble contient les concepts ou matière qui représente l'élément substantiel du discours. Mais il serait vain de croire que le mental puisse oeuvrer seulement par des connecteurs ou seulement sans connecteurs. On ne peut donc jamais avoir QUE de l'esprit ou QUE de la matière.

Or Tout ce que nous exprimons à travers des écrits, des paroles, ou des pensées, correspondent à ce que nous connaissons, dans l'emploi des connecteurs, de la logique formelle, de ses règles et des conséquences en termes de calcul logique. Bien sûr le mental peut ignorer ces règles, et cela conditionne les résultats qu'il obtient. Mais ni Lupasco, ni les logiciens transcendantaux, ni les révolutionnaires russes, ni aucun de ceux qui se plaignent de cette logique formelle n'ont été capables d'écrire une phrase ou de prononcer un discours sans y avoir eu recours, même à leur insu. Ainsi, Lupasco, que j'ai relu durant mon voyage, utilise un langage formel pour exprimer non pas une annulation de la logique formelle, mais un nouvel ensemble de concepts ayant trait à la réalité, et dont certains concepts ont comme propriété de transcender les règles de la logique formelle classique. Ce n'est pas un changement de la logique formelle et de ses opérateurs, mais la création substantielle d'opérateurs additionnels ou de règles additionnelles.

L'état T qui est dans l'algèbre de Lupasco une troisième valence surajoutée au valeurs VRAI et FAUX de la logique formelle, n'est pas en soi quelque chose de nouveau. Ce qui est particulier à Lupasco, c'est d'affirmer que cet état T est le résultat d'un antagonisme, lorsque cet antagonisme s'atténue et devient complémentarité.

Or, l'idée d'un état T est déjà rencontrée chez les mathématiciens Sheffer et Nicod. Car cet état T n'est pas quelque chose que le mental puisse représenter comme un concept clair dans tous les cas de figure. Pour Sheffer, qui, après la mort de Poincaré, a décidé que le connecteur incompatibilité logique (Barre de Sheffer) était réellement un opérateur de la logique formelle (ce que Poincaré refusait catégoriquement), cette incompatibilité logique apparaît comme le seul connecteur de la logique formelle irréductible. Cela signifie que l'on peut écrire tous les autres connecteurs comme étant des combinaisons de l'incompatibilité. En une seule phrase finale dans son article de 1913, Sheffer nomme l'incompatibilité le fondement de la logique.. C'est dans la publication à titre posthume de ses cahiers, que l'on comprendra pourquoi il la désigne ainsi. Et c'est aussi pourquoi on n'a pas vu durant plus de 50 ans ce qu'il entendait par ce terme de "fondement de la logique".

Dire que A est incompatible avec B, ce que l'on note parfois par A | B, cela revient à dire que cette expression est vraie dans tous les cas, sauf dans le cas où l'on a simultanément A vrai et B vrai. A et B ne sont d'ailleurs pas nécessairement des antagonistes ou des contraires, et l'on peut trouver sur le plan logique bien des incompatibilités de natures diverses ou d'application plus ou moins limitée. Et c'est dans ce cadre que des contraires ou supposés tels, comme les corpuscules de Newton ou les ondes de Maxwell entraînent que, lorsqu'on est obligé de reconnaître qu'en dehors de toute observation, un état "A la fois onde ET corpuscule" comme fondement de la théorie quantique, est bien un état illogique qui est toujours faux en logique. Et ce résultat est encore aujourd'hui considéré comme non représentatif du réel par plus de 95% des physiciens.

Mais, comme je l'ai déjà dit plus haut, la logique est l'esprit, et cet esprit ne fonctionne sur le plan mental qu'avec de la matière, c'est-à-dire soit le fruit de l'imagination qui apporte sa part de concepts, soit le résultat d'une sensation, d'une matière sensible, d'un phénomène et ce phénomène dans la théorie quantique est la mesure de l'observateur. Comme il ne peut y avoir QUE de l'esprit, ou QUE de la matière, et bien que le point de départ avant toute observation ou mesure de la réalité quantique est un état illogique (les physiciens disent indéterminé, du fait du principe d'incertitude), ni pensé, ni observé, ce résultat de la science physique n'en est pas moins pour 5% des physiciens un état réel.

En d'autres termes, on pourra dire de façon certaine, que l'état "ONDE ET CORPUSCULE" est réel et vrai, TANT QUE, le mental ne cherche aucune sensation. C'est pourquoi, comme la logique n'a de sens que pour manipuler des concepts que s'approprie le mental, sans les fonctions sensibles, la logique n'a aucun intérêt. Et c'est pourquoi, Sheffer incite à évoquer que l'incompatibilité logique est en réalité fausse sur le plan logique quand A et B sont simultanément vrais, mais que sur le plan prélogique, elle est toujours vraie dans le même cas. Et on peut penser que pour construire une logique à deux valeurs VRAI ou FAUX, il me faut au minimum avoir ces deux valeurs simultanément avant de construire la logique. Ici, l'Etat T au sens de Sheffer est plus que de la complémentarité de contraires de Lupasco, mais de la mise en compatibilité de concepts incompatibles entre eux sur le plan de l'observationnel et du formel. Cet état T n'est pas ici un résultat, mais le fondement réel de toute chose. Et c'est cela qui est remarquable avec les textes sacrés dont la Bible, car le même fondement réel est aussi le point de départ avant toute création et avant tout mental. Et c'est là ce qui me fait admettre que la logique formelle ou la création mentale ont toutes deux le même fondement. Il ne s'agit pas d'un tiers inclus, mais d'un paradoxe avec lequel nous jouons sans le savoir.

Si vous faites l'expérience de réduire tous les opérateurs logiques à la seule incompatibilité, vous verrez disparaître tous les antagonismes. Le principe de dualité exclusive appelé Serpent dans le livre de la Genèse ou principe d'antagonisme par Lupasco, n'a aucune existence véritable réelle. Il s'agit seulement d'un effet particulier du mental qui, soumis à l'esprit, cherche à formaliser sa connaissance, à la matérialiser, parce que le mental est un processeur d'expression verbale. Mais lorsque ce processeur est neutralisé par les mystiques, quelle est alors l'image de la conscience ? Que visualise-t-elle dépourvue de toute sensation ? Que dit-elle mentalement sans faire appel aux connecteurs de l'esprit ou aux concepts de sa mémoire interne ? Et si les physiciens cessaient d'observer et de faire des formules, quelle serait alors leur science ? Physique ? Pas physique ? META physique ?

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