Les médias arabes

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Message par caius le Mer 28 Jan 2009 - 11:17

Les Arabes sont mal informés parce que les médias arabes sont tendancieux


Dr Sami Alraba, auteur de Karin in Saudi Arabia

Aussi longtemps que nous autres arabes nous resterons informés de manière tendancieuse, nous resterons démagogiques et la paix ne deviendra jamais une réalité au Proche Orient.

A cause du multimédia électronique moderne, la culture de la lecture diminue dans le monde entier, lentement mais sûrement. Mais dans le monde arabe, la culture de la lecture a à peine existé. Selon un récent rapport de l’UNESCO, les pays arabes ont toujours certains des taux d’illettrisme les plus élevés du monde. La majorité des arabes ne lisent pas.

Une récente étude de l’International Media Institute de Berlin, Allemagne, est parvenue à la conclusion que seuls 3% des Arabes lisent quotidiennement un journal. Pour les informations et le divertissement, la majorité des Arabes regardent la TV.

Pourtant les pays arabes fourmillent de médias « papiers » et électroniques. Cependant, la plupart de ces médias sont contrôlés par l’Etat ou sont des organes semi-officiels ou sont détenus par des milliardaires arabes du pétrole d’Arabie Saoudite, du Qatar et des Emirats Arabes Unis. A titre d’exemple, le milliardaire saoudien Al Waleed Bin Talal possède MBC TV, Al Arabiya, Orbit et encore quelques chaînes de moindre importance. Le Sheikh Hamad Al Thani du Qatar est propriétaire de Al Jazeera et le millionnaire libanais Saad Al Hareeri détient Al Mustaqbal.

Tous ces médias sont largement partiaux. Ils déforment le point de vue occidental et l’objectivité y est quasi absente. Israël y est dépeint comme “l’agresseur” et l’Occident comme son allié.

Les bavures américaines et occidentales, comme la torture à la prison Abugraib en Irak sont amplifiées et ressassées mais les tortures dans les prisons arabes sont passées sous silence. Muntather Al Zaidi , le journaliste irakien qui a lancé ses souliers au Président Bush lors d’une conférence de presse à Bagdad est un “héros”.

Les médias arabes montent en épingle les accusations de corruption portées contre Siemens, le géant allemand de l’électronique, mais la corruption de Bandar Bin Sultan, le fils du prince héritier saoudien est tue. Il a “gagné” des milliards de dollars sur un marché de fourniture d’armements entre l’Arabie Saoudite et la Grande-Bretagne.

Il y a d’innombrables exemples du traitement tendancieux de l’information dans les médias arabes. Un rapide coup d’œil sur les reportages et les éditoriaux est édifiant. Le fait que plus de 7000 fusées et obus de mortiers aient délibérément été tirés sur des cibles civiles israéliennes depuis qu’Israël s’est retiré de la bande de Gaza en 2005 est complètement passé sous silence par les médias arabes. Jours après jours, ils comparent Gaza à un “camp de concentration” et l’offensive israélienne à un “véritable holocauste.” Les kamikazes et les militants palestiniens tués par les Israéliens sont des “martyrs.” Les sites Internet critiques sont bloqués.

Les bloggeurs arabes qui critiquent leurs gouvernements et exigent la démocratie, la liberté d’expression et le respect des droits de l’homme, exigences on ne peut plus raisonnables, sont persécutés et jetés en prison.

Nous autres, Arabes, nous sommes très forts pour la rhétorique creuse. Farauds nous aboyons : “Gaza sera un enfer pour les soldats israéliens” et “nous défendrons notre honneur avec nos crocs et nos vies.” Quand nous sommes vaincus, comme en 1967 et en 1973, nous appelons cela Nakba (calamité) et Naksa (contretemps). Nous nous dressons aussitôt et claironnons : “Nous avons perdu une bataille mais pas la guerre.” Et finalement nous imputons notre impuissance à l’Occident et clamons : “Ils nous haïssent. Ils ne veulent pas que nous nous développions. Ils veulent nous prendre notre pétrole.”

Deema, une journaliste libanaise basée à Berlin et qui ne désire pas être identifiée par son vrai nom déclare : “Les médias arabes contiennent plus de sentiments que de faits. Un journaliste qui s’en tiendrait aux faits serait accusé de parti pris et risquerait de perdre son emploi.”

Ahmed, un journaliste palestinien m’a dit : “Si vous dépeignez l’Amérique et Israël comme des diables et dénichez des faits en ce sens, vous serez très apprécié par votre rédacteur.”

Waleed Qabalan, ancien rédacteur à Al Jazeera TV, m’a déclaré : “Le fait que les images disent des milliers de mots est une réalité quotidienne sur toutes les chaînes de TV arabes. Ils sélectionnent ces images et dépensent beaucoup d’argent pour les obtenir. Ils se gardent de mentionner la cause de l’offensive israélienne, c’est-à-dire les roquettes du Hamas, par exemple. En plus, en termes de langage, ils formulent les reportages et les nouvelles de façon telle que l’Amérique et Israël soient discrédités.”

Qu’ils soient contrôlés par les Etats arabes ou par des intérêts privés, les médias répriment le reportage et l’analyse libre et impartial. Ils sont minutieusement censurés par des rédacteurs en chefs fidèles au gouvernement. Les spécialistes et intellectuels arabes critiques sont interdits de publication et bannis des débats à la TV et à la radio.

Le seul éditorialiste du monde arabe qui blâme le Hamas pour ses provocations et ses atrocités à Gaza est Fouad Al Hashem. Il écrit pour le quotidien Al Watan du Koweït. Il a durement pourfendu le Hamas et le Hezbollah. Mais c’est parce qu’il hait ces organisations qui avaient soutenu Saddam quand il a envahi le Koweït.

Généralement, le discours des médias arabes demeure furibond et irrationnel. Abdulazeem Hammad a ainsi déclaré au quotidien égyptien Al Ahram (19 janvier 2009), “Toutes les armées du monde, y compris l’israélienne, ne pourront jamais vaincre la résistance palestinienne. La lutte continuera jusqu’a ce que toute la Palestine soit libérée.”

Les enquêtes d’opinion libres, comme celles en Israël et en Occident en général, qui sondent le public sur les questions nationales et régionales, y compris le conflit Arabo-Israélien, n’existent pas dans le monde arabe.

Tous les accords politiques, y compris la Feuille de Route et les Accords d’Oslo ont échoué à cause de l’absence de participation du public et de libres débats. Les inquiétudes d’Israël pour son existence et son souhait de vivre en paix avec ses voisins ne trouvent aucun écho dans les médias arabes. Elles sont rangées sous le qualificatif de “propagande”.

Les Arabes négationnistes et islamistes, bruyants et militants, monopolisent la parole dans les médias arabes. Des organisations extrémistes comme le Hamas et le Hezbollah sont appelées “combattants de la liberté.” Et Ousama Ben Laden est un “mythe” créé par les Américains.

J’étais dernièrement en Syrie et j’ai effectué une enquête auprès de parents et d’amis en qui j’ai confiance. Ils ont unanimement déclaré qu’ils veulent la paix avec Israël et aimeraient avoir de bonnes relations avec l’Amérique.

Layla, une infirmière à la retraite m’a dit : “Les armées arabes ont essayé de libérer la Palestine et ont échoué chaque fois. Au contraire, Israël a occupé encore plus de terre arabe. Combien de temps allons-nous encore vivre comme cela sans la paix ? Il est grand temps que les gouvernements arabes reviennent à la réalité et fassent la paix avec Israël. Le Hamas a provoqué les Israéliens. Au lieu de s’efforcer de construire leur pays, qu’Israël avait évacué, les Gazaouites, je veux dire le Hamas, a fait rentrer des armes pour tirer sur des innocents.”
“Vous m’avez demandé si je lis” ajoute Nabeel, “Non. Que lirais-je ? Les journaux ? Ils sont remplis de mensonges et de propagande. Pour des informations et des nouvelles objectives et fiables je me tourne vers la BBC, par exemple.”

Ghassan, un chrétien déclare : “par curiosité j’ai lu le Coran et j’ai trouvé qu’il est rempli de passages incitant à la haine et à la violence. Quel genre de religion est donc l’Islam ? Et quel genre de Dieu est donc Allah pour demander de massacrer des êtres humains juste parce qu’ils ne sont pas musulmans ? Je suis certain que si Ies musulmans honnêtes prenaient conscience de la haine et de la violence du Coran, ils quitteraient l’Islam. Avant c’étaient les nationalistes qui voulaient rejeter les Juifs dans la Méditerranée. Maintenant ce sont les islamistes. Trop c’est trop.”

Mais si les Arabes ne lisent pas, où s’instruisent-ils sur l’Islam? Jalal Al Azm, un professeur de philosophie à l’Université de Damas m’a dit : “Ils apprennent l’Islam auprès des imams de leurs mosquées et des experts en Islam autoproclamés qui quotidiennement émettent à profusion des fatwas (édits religieux) via toutes sortes de médias, et les masses illettrées les croient. Le marché de la fatwa est florissant. Dernièrement, Farfur, le grand mufti de Syrie a déclaré au journal Tishreen (7 janvier 2009), “Si les Occidentaux connaissaient l’Islam, ils se convertiraient à l’Islam.” Se convertir à une religion qui prêche la violence et la haine ?!

En conclusion, tant que les Arabes n’auront pas une information honnête et plurielle ni la possibilité de s’exprimer librement, y compris pour critiquer l’Islam, il n’y aura aucune chance que la paix devienne une réalité au Proche-Orient.

caius
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