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Message par Geveil le Sam 21 Fév 2009 - 16:28

Nous sommes dans un monde où règne la séparation.
Je nomme séparation le fait que chacun est le centre d’un monde dans lequel il ne peut accéder à l’autre que par les sens et la raison.
Les sens, qui nous donnent une image des autres.
La raison, qui nous permet d’agir ensemble dans le monde.
Entendons nous bien, les images et autres sensations qui naissent en moi sont intransmissibles telles que, elles ne peuvent être suggérées que par une description artistique ou littéraire.
Les pensées peuvent être suscitées chez l’autre par le langage, mais ne peuvent être vécues en même temps, telles que je les vis.
Toutes ces manifestations sont de l’ordre de l’intime et c’est en ce sens que nous sommes séparés.

Et les émotions ?
Les émotions sont aussi de l’ordre de l’intime, mais elles peuvent faire obstacle à la communication car elles sont très prégnantes, au point qu’elles peuvent aveugler sur ce qu’on nomme la réalité ou obscurcir notre raison. Si bien qu’elles nous isolent encore plus dans notre séparation ontologique.
Bien sûr, elles peuvent être perçues par le comportement ou l’expression, comme la tristesse, la peur, la colère, l’envie, la joie, etc, mais elles ne deviennent un facteur de lien que lorsqu’elles sont dites, exprimées par la parole, l’écrit ou l’art.
En quoi le fait de les dire est un facteur de lien ?
Parce que la parole est le moyen de communication privilégié des humains. Je veux dire que la mine de quelqu’un peut exprimer une émotion, la tristesse par exemple, mais il est plus probable que cette personne obtiendra du lien si elle dit sa tristesse que si elle se contente de la manifester sur son visage. Car entre adultes il y a comme une retenue qui peut tenir soit à l’indifférence, soit au respect de l’intimité d’autrui. A moins qu’il n’existe déjà des liens de parenté ou d’amitié, de quel droit aborderais-je quelqu’un en lui disant « Vous semblez triste, venez, je vous offre un pot . Ce serait peut-être possible dans une société où le lien est abondant, mais difficile en France.

Il va sans dire que les émotions ne peuvent être dites que si on en a conscience.
Or, dans notre société, elles sont le plus souvent refoulées, au point que les gens arborent un sourire de convenance même quand ils sont tristes, ne reconnaissent presque jamais qu’ ils ont peur. Seule la colère s’exprime, mais elle n’est pas forcément dite. A quelqu’un qui criait et dont la face était toute rouge je demandai : « Pourquoi es-tu en colère ? »
- Mais » me répondit-elle en criant « je ne suis pas en colère ».

Il serait intéressant de savoir pourquoi nous refoulons nos émotions.
J’émets une hypothèse : nous sommes depuis des millions d’années soumis à la concurrence des autres humains et aux dangers de la nature.
Si on est chef d’un clan sujet à une agression naturelle, il est important de garder son calme et de ne pas montrer sa peur pour que le clan garde confiance et ne cède pas à la panique. S’il s’agit de l’agression d’un autre clan, il est important aussi non seulement de ne pas montrer sa peur, mais de se montrer froid et déterminé.
Vous avez une illustration de cette hypothèse dans le poker, où il ne faut absolument pas montrer ses émotions, ou mieux, en montrer de fausses, pour tromper l’adversaire.

Et maintenant, voici le noyau de ce sujet, la raison pour laquelle je l’ai proposé :
Non seulement il importe de débusquer nos émotions pour pouvoir les dire et ainsi créer du lien, mais surtout, parce que, tant qu’elles restent inconscientes, les hommes de pouvoir s’en serviront pour vous dominer et vous exploiter. C’est ainsi qu’ils joueront sur vos frustrations et votre colère, pour vous mobiliser dans des conflits injustes, ne concernant que leurs intérêts matériels ou psychiques.
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Comment on nous tient. Empty "Ils" ont déjà gagnés...

Message par Dragoon le Sam 21 Fév 2009 - 19:32

Gereve a écrit:Non seulement il importe de débusquer nos émotions pour pouvoir les dire
Trop tard, Ils ont déjà gagné...
Gereve a écrit:et ainsi créer du lien, mais surtout, parce que, tant qu’elles restent inconscientes,
... et déjà lobomotisé pas mal d'entre nous...
Gereve a écrit:les hommes de pouvoir s’en serviront pour vous dominer et vous exploiter.
Ils nous exploitent déjà...
Gereve a écrit:C’est ainsi qu’ils joueront sur vos frustrations et votre colère,
Toute resistance est désormais inutile
Gereve a écrit:pour vous mobiliser dans des conflits injustes, ne concernant que leurs intérêts matériels ou psychiques.
Ils parviennent déjà pleinement à satisfaires leurs intérêts

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Message par Invité le Sam 21 Fév 2009 - 20:01

Tout à fait juste ton analyse, Gereve. Dragoon est très pessimiste, mais j'ai bien peur qu'il n'aie aussi raison.

Mais tu as un exemple de "mobiliser dans des conflits injustes, ne concernant que leurs intérêts matériels et psychiques" ? Tu penses à des conflits armés ?

Moi, je pense à la manipulation mentale qui est faite sur les téléspectateurs chaque fois qu'il y a une grève des transports : As-tu remarqué comme on interviewe avec complaisance les gens les plus en rogne ? Bon, j'admets que dans ces cas-là, sur 3 ou 4 interview, ils ont la finesse de trouver une personne qui dit "ça me gêne, mais je comprends"... ceci-dit, ils passent très, très vite...

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Message par Geveil le Mar 24 Fév 2009 - 15:53

Des conflits injustes?
Mais il y en a des tas, l'Irak, le Darfour, la Serbie, le Moyen-Orient, etc... et dans le passé, les Croisades, la guerre de 14_18.
Sans parler des grèves injustifiées dans lesquelles nous entraînent des syndicalistes avides de pouvoir.
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Message par Invité le Mar 24 Fév 2009 - 15:57

"la séparation" est tout à l'opposé de l'enseignement bouddhiste qui propose "l'interaction". Ca va très loin... un peu dans l'idée de l'effet papillon, mais plus loin. Ils vont jusqu'à enseigner que les "choses" n'existent que parce qu'on a conscience d'elles. Je suis mal armée pour en discourir, mais un jour je ferai un résumé de quelques lectures dans la section appropriée.

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Message par Invité le Mar 24 Fév 2009 - 21:55

Je connais mal le Bouddhisme, mais il me semble que c'est la religion dominante au Japon : leur notion de "l'interaction" ferait plutôt peur, quand on voit leur fonctionnement social, qui consiste à interagir aux dépends de l'individu qui n'est plus qu'un rouage de l'entreprise déifiée.

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Message par _Spin le Mer 25 Fév 2009 - 8:13

Bonjour,

Siva a écrit:Je connais mal le Bouddhisme, mais il me semble que c'est la religion dominante au Japon : leur notion de "l'interaction" ferait plutôt peur, quand on voit leur fonctionnement social, qui consiste à interagir aux dépends de l'individu qui n'est plus qu'un rouage de l'entreprise déifiée.
C'est difficile d'évaluer les religions au Japon car on peut fort bien être shintoïste le matin, bouddhiste à midi et chrétien le soir, une religion étant considérée traditionnellement un peu comme un self-service.

Le Bouddhisme y est archi-diversifié. Il y a bien plus d'écart entre le Zen, l'Amidisme, le Tendaï, pour n'en citer que trois sur des dizaines, qu'entre Judaïsme, Christianisme et Islam... mais ils se mettent beaucoup moins sur la gueule.

Ta vision de l'entreprise japonaise est quand même un peu outrée d'après ce que j'en sais, ce n'est pas si simple. Cela dit, je n'y suis jamais allé.

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Message par Dragoon le Mer 25 Fév 2009 - 8:33

Je ne connais pas trop le fonctionnement des Japonais, mais vrai que leur mode de vie est calqué sur le rythme du travail : ça semble etre la valeur première de leur systeme...
2 exemples :
- principe de la grève au japon : une pancarte dans le dos, non payés mais ils maintiennent la production et l'activité économique
- les inactifs : la vie devient inspportable pour les retraités qui se sentent inutiles... pris de remords, grand nombre d'entre eux décident de reprendre leur activité professionnelle

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Message par _Spin le Mer 25 Fév 2009 - 9:38

Dragoon a écrit:- principe de la grève au japon : une pancarte dans le dos, non payés mais ils maintiennent la production et l'activité économique.
Ca, c'est une légende, le brassard qui signifierait : "Je ne suis pas content(e) de mon salaire donc je le refuse, mais j'aime tellement mon travail que je le fais quand même...". C'est idiot. En fait, ce brassard signifie : "Je ne suis pas content(e) de mon salaire (ou de ceci ou cela) donc je fais strictement ce qui est dans mon contrat, rien de plus, et on doit me payer quand même". C'est redoutable parce que le système japonais repose beaucoup sur le volontarisme pour les innovations, les mises au point, etc.

à+

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Message par Geveil le Mer 25 Fév 2009 - 16:00

leela a écrit:"la séparation" est tout à l'opposé de l'enseignement bouddhiste qui propose "l'interaction".
Ce que je nomme "séparation", c'est que quand tu fais l'amour, je ne ressens absolument rien, ce qui est sans doute fort dommage.
Ce que le bouddhisme avance, c'est que c'est séparation n'est qu'illusion et que nous ne sommes que les feuilles d'un arbre.
Mais ne faisons pas de digression.
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Message par Invité le Mer 25 Fév 2009 - 19:30

Je ne veux pas spécialement critiquer la/les religions des Japonais ni le Bouddhisme, mais je ne vois pas trop le rapport entre le bouddhisme et le sujet de Gereve. Ou alors, si OK, il y a bien un rapport, puisque que tout est en rapport avec tout, mais bref...

J'ai réfléchi aux "syndicalistes avides de pouvoir qui entraînent dans des grèves injustifiées"... c'est ça ? Je voudrais bien, Gereve, que tu me donnes des exemples précis de grêves injustifiées voulues par des syndicalistes juste pour renforcer leur pouvoir.

Pour ma part, en tant qu'enseignante, j'ai eu affaire à un certain syndicat dont je trouve qu'il n' a pas une action assez forte pour faire progresser la condition enseignante et l'éducation, en se contentant de rabâcher toujours les mêmes idées psycho-rigides pour ne pas dire staliniennes, avec une vision très catégorielle du métier. Les grèves que ce syndicat lance semblent juste être des journées destinées à faire gagner une journée de salaire au ministère. J'ai d'ailleurs remarqué une certaine compromission des syndicalistes de ce syndicat avec l'administration, et une grande inefficacité quand il s'agit de traiter les problèmes concrets (violences et agressions faites aux profs, etc...). J'irais donc plutôt dans ton sens, bien que j'aie un a-priori favorable pour le syndicalisme de par mon éducation et la connaissance de l'histoire sociale qui confirme bien que c'est par les luttes que les salariés ont obtenu des progrès (mais souvent avec les syndicats à la traîne). Bref.... on en revient à nos discussion sur l'anarchisme : dès que l'on confie ses intérêts à une organisation et à des chefs, on est sûr qu'ils vont trahir...

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Message par Geveil le Mer 25 Fév 2009 - 23:11

Bon, et bien, Siva, tu nous les a donné les exemples.
Mais je ne saurais en donner, n'étant plus dans le milieu du travail. Ma remarque n'était donc pas fondée sur des faits, mais sur la déduction que je fais exactement comme toi:
dès que l'on confie ses intérêts à une organisation et à des chefs, on est sûr qu'ils vont trahir...
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