« Habeas corpus » … et au-delà …

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Message par Anthyme le Mar 17 Mai 2011 - 19:41

Texte d’origine …

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Pakete a écrit:[…] le même principe qu'une personne qui a droit de maîtriser son corps... et ce, quelque soient les circonstances.
Ce principe a son « petit nom » ; l’« habeas corpus ».

Ce principe, compris dans cette acception, est un principe de droit.

Je l’apparente à celui que pourrait invoquer un enfant pour appuyer une revendication :
« J’ai pas fait d’bêtise, hein, m’man !...
… alors j’ai droit à mon dessert, hein m’man ?!... »


Les principes de droit …

C’est une affaire de papes, de maîtres à penser ou de « sages » qui s’arrogent le droit de savoir quand commence la légitimité de votre requête ; mais surtout où finit toute prétention à votre liberté.

Et de tous ; ce sont les papes les pires …

Leurs raisonnements bancals se concrétisent à l’image de leurs croyances :
Edits réducteurs ; carcans règlementaires de leurs peurs de maniaques …
… et qu’ils vont vous imposer comme « Vérités Universelles ».


C’est ainsi qu’à la façon d’un crétin qui confond « réalité » et « vérité » …
… ces tartuffes qui confondent « droit » et « justice » ont la prétention …

… de vous enseigner … l’« Ethique » !...

_____________________________
Pakete a écrit:[…]C'est quoi un "dommage éthique" ?[…]
Je vous rejoins dans votre questionnement.

La « croyance » ; c’est le fruit de la peur …
… que dire alors de la « morale » qu’elle fabrique ?

Nous savons que la « morale » d’un croyant n’est que violence oppressive.



Pakete, vous et moi, au moins, savons que l’ « éthique » d’un croyant ne va pas plus loin que sa « morale ».

Libres de cette tare, nous avons de ce fait la latitude d’ouvrir des portes qu’il s’interdit même de regarder !

Un exemple ?!...

« habeas corpus » : … « maîtrise du corps »

Maîtrise du corps ?… Maîtrise du corps ?…

Vous voulez discuter de la maîtrise de votre corps avec un dieudieuseur ?

Mais il vous enseignera la maîtrise de l’âme sur le corps, et la maîtrise de son dieu sur votre âme, puis attachera votre corps sur un bûcher pour libérer votre âme de cette mauvaise fréquentation !

Maîtrise du corps ?… Avec des dieudieuseurs ?...
Mais vous rigolez mon vieux !

Confiner vos raisonnements à leur niveau revient à reconnaître à ces tartuffes un attribut qu’ils n’ont pas : l’autorité !

Maîtrise du corps ?… Là aussi, il faut avoir l’audace du « pas de plus » …

Aucun « croyant » n’ira au-delà de sa « physique de fourmi » !



Un référentiel éthique régissant une « Maîtrise du corps » ne peut, à mon humble avis, que s’aborder là où aucun croyant ne peut aller :…
« La Maîtrise de la Vie »

_____________________________

Au sujet de ce « Pas de plus » ; je vous suggère d’explorer la piste que propose @Wikipedia …


« habeas corpus ad subjiciendum »

Les latinistes corrigeront …

Wikipédia me donne cette traduction :
« Que tu aies le corps pour le soumettre »

Pour ma part …
C’est une phrase que je médite en me plaçant au point zéro du monde …

… le soumettre … ou le libérer …


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Les hommes de pouvoir savent compter ce qu'ils possèdent, avec calme ...
... car les chiffres ne crient pas.
Janus

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Message par MrSonge le Mar 17 Mai 2011 - 23:39

But where is the relationship between the habeas corpus and the Pope? 0.o

Et surtout, quel rapport entre cette sentence qu'on adressait au gêolier en parlant du corps (de la personne) du prisonnier (« Que tu aies le corps [du prisonnier] afin que son cas sois soumis à la Cour») ; entre cela, donc, et entre une quelconque maîtrise du corps ?

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Message par Anthyme le Mer 18 Mai 2011 - 12:31

LE POINT ZERO DU MONDE:


Le fond de la vie … Le fond de l’homme …


J’étais devenu l’un des Totenjuden, un Juif de la mort, et j’ai su que le ghetto, l’Umschlagplatz, le wagon qui nous avait conduit à Treblinka, le camp d’en haut d’où je venais, n’étaient rien.
Ici était le fond. Le fond de la vie, le fond de l’homme.

[…]

Ivan, l’immense Ukrainien à la tête minuscule, comme réduite, nous surveillait. Il tuait pour rien. Alors je chargeais les corps les plus lourds, deux parfois, pour prévenir son coup sur le visage qui ferait de moi un klepssudra, pour prévenir son ordre : « Descends ! » C’était la fosse et il forçait même les prisonniers condamnés à se coucher sur les cadavres encore chauds que nous venions de jeter.
Il fallait courir, toujours, et nous soufflions à peine, la faim au ventre. Je choisissais les « dentistes » qui travaillaient vite, inspectant parfois en moins d’une minute la bouche du cadavre, cet homme ou cette femme qui une demi-heure avant était un être de vie, la tête pleine de souvenirs, la mémoire chargée de toutes les richesses des vies passées. Le doigt glissait dans la bouche et la tenaille arrachait. Il fallait choisir un bon dentiste car rester immobile avec un corps à bout de bras quand on est aux limites de l’épuisement est une épreuve insupportable. Et l’homme fatigué doit mourir.
Alors, je courais, rythmant ma respiration, serrant les dents : vivre, Martin, vivre, les tuer. Ces mots m’emplissaient les yeux, la bouche, la tête. Ils étaient ma drogue, ma nourriture. Et le soir quand j’entendais quelqu’un prononcer le mot fatidique : « enlevez », qui signifiait qu’un homme allait enlever la caisse sous les pieds de l’un de ses compagnons pour l’aider à mourir je tentais de bondir. Parfois, j’ai renoncé, gardant mes forces pour sauver ma vie puisque moi je voulais vivre. Parfois l’horreur nous aidait. Quand ils ont mis les nouvelles chambres à gaz en route, nous avons attendu longtemps, appuyés à nos brancards, reprenant souffle, pendant qu’ils n’arrivaient pas à tuer avec ce matériel qu’ils expérimentaient pour la première fois. Ainsi nous avons gagné un peu de repos. Parfois, je rencontrais la complicité folle d’un dentiste qui prenait le risque de me laisser passer après un semblant d’arrêt. Il jouait sa vie. L’un d’eux, un jeune homme maigre avec de longues mains blanches, était d’une dextérité exceptionnelle. Il opérait presque sans regarder, au toucher. Il m’a fait signe de passer avec ces trois corps d’enfants qui avaient à peine cinq ou six ans. Le SS, celui que nous appelions « Idioten » parce qu’il nous abreuvait de ce mot, s’est approché :
« Pourquoi ? A-t-il demandé.
Ils avaient à peine cinq ans, sûrement pas de dents en or. »
J’écoutais, immobilisé par un Ukrainien qui avait suivi son maître SS.
« C’est une bonne excuse », a dit Idioten.
D’un geste, il a montré la fosse au jeune homme aux longues mains blanches dont le corps est tombé presque en même temps que celui des trois enfants.
Ici il me faudrait une autre voix, d’autres mots.
Parmi les corps chauds nous avons trouvé des enfants encore vivants.
Seulement des enfants contre le corps de leurs mères. Et nous les avons étranglés de nos mains, avant de les jeter dans la fosse : et nous risquions notre vie à faire cela car nous perdions du temps. Or les bourreaux voulaient que tout se passe vite. Ils nous pressaient tant que brusquement le silence s’établissait, nous avions terminé notre tâche, attendant quelques minutes la vague suivante. Nous l’entendions arriver, nous écoutions les cris fous, les aboiements des chiens. Et nous trouvions parfois des hommes mutilés, le bas-ventre en sang. Les chiens dressés par les hommes à pousser les vivants vers la mort.
Il me faudrait une autre voix, d’autres mots pour dire la honte qui me submergeait parfois, par saccades, comme une nausée de vivre encore et puis la rage qui me reprenait de vivre, vivre pour dire ce que nous avions vu, ce qu’ils avaient fait, ce qu’ils nous avaient contraints à faire. Et plus ils étaient sauvages et plus s’ancrait ma certitude qu’ils seraient vaincus, qu’il n’était pas possible que ce royaume de mort devienne le royaume des hommes. Leur peste cesserait un jour. Et il faudrait être là, témoin et juge, au nom de ces enfants étranglés. […]

___________________________
Martin Gray.
« Au nom de tous les miens »
(LdP 4203 ; pages 176-177)
___________________________

Enfermer des questions éthiques dans des principes de droit, revient à les réduire au rang de questions de morale.

Les « questions de morale » sont l’apanage d’ergoteurs philosophiques, de « sages », bref de papes du « bien peser ».

__________________________

Pour ce qui me concerne, je pense que tout principe de morale qui ne peut se mesurer à l’aune de la détresse humaine n’est que tartufferie.

__________________________

Je n’ai plus l’énergie de « bavarder » avec des tartuffes.

Aucun intérêt …

__________________________

Seule une pensée se voulant « rigoureusement incroyante » peut encore produire.
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Message par MrSonge le Mer 18 Mai 2011 - 12:36

Seule une pensée se voulant « rigoureusement incroyante » peut encore produire.
On le voit aujourd'hui en effet. lol!
Elle produit avec une frénésie assez enviable, il faut bien le dire, toutes les merveilles délicieuses de notre quotidienne modernité qui ronronne comme un gros chien au coin de la cheminée électrique du progrès technologique, au pied d'un confortable fauteuil au fond duquel est installé le Nihilisme en charentaises. ^^

Les « questions de morale » sont l’apanage d’ergoteurs philosophiques, de « sages », bref de papes du « bien peser ».
Ah, donc vous ne parliez pas du Pape, mais de papes, de manière métaphorique. Au temps pour moi, je n'avais pas compris cela comme ça. Faites comme si je n'avais rien dit.

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Message par Opaline le Mer 18 Mai 2011 - 19:50

Anthyme a écrit:tout principe de morale qui ne peut se mesurer à l’aune de la détresse humaine
La plus grande détresse humaine est le crime .
La société (en France ) va dans ton sens avec l'abolition de la peine de mort .
Le criminel, lui, n' a pas renoncé à son crime.
Comment l'amener à y renoncer sans moraliser (Oh! ce verbe !) ?

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