shintoisme et bouddhisme

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Message par komyo le Lun 16 Avr 2012 - 11:42

J'aurai pu écrire dans la rubrique bouddhisme mais comme le shintoïsme n'est pas loin du paganisme et que c'est une voie assez méconnue, ce sera aussi bien ici !

Bouddhisme et shintoïsme

Les japonais sont davantage attentifs à la qualité de leur ressenti intérieur au niveau du cœur, le "kimochi" plutôt qu’aux théories ou aux dogmes, aussi ils peuvent faire coexister plusieurs approches sans conflit dans leur vie spirituelle.
Un dicton dit que "les Japonais naissent shintoïstes, ils peuvent éventuellement appartenir à une autre religion durant leur vie mais à la fin ils deviennent pourtant tous bouddhistes".
Depuis des siècles, le Bouddhisme et le Shintoïsme participent ensemble harmonieusement à la vie spirituelle des japonais pour leur bonheur.
Classiquement on dit que le shintoïsme s'occuperait plutôt de la vie ici-bas alors que les prières des moines bouddhistes assureraient le salut des âmes après la mort. Mais ce n’est pas si simple parce que beaucoup de temples en particulier dans le Bouddhisme Shingon ont pour vocation d’apporter par leurs rituels un mieux être dans la vie quotidienne.
Autrefois le Bouddhisme a fortement influencé le Shintoïsme tant au niveau de son architecture que de ses divinités dont certaines appartiennent maintenant aux deux religions comme « Inari » dans le shintoïsme qui est appelé dans le bouddhisme « Dakini-ten», ou encore le dieu protecteur Daïkokou (mahakala) qui est prié aussi dans les temples shintoïstes de Kasuga-jinja ou de Miwa.
De nombreux temples bouddhistes au Japon possèdent sur leur terrain un petit temple shintoïste dont la divinité est rattachée au Bouddhisme qui la considère soit comme la représentation des divinités de la région, gardiennes des lieux, soit comme une manifestation concrète d'un des Bouddhas du vaste panthéon bouddhique.
Le Bouddhisme ésotérique a beaucoup de points communs avec le Shintoïsme car il considère que la vie de la nature et de tout les êtres sont les différents aspects de la manifestation d'une même source.

Les shintoïstes sont polythéistes, pour eux la variété de la vie de la nature est l'expression d'un nombre infini de divinités qui expriment leurs points de vue différents.

Ces deux religions ont en commun leur amour et le respect de la vie comme l'expression d'une réalité qui dépasse l'entendement humain.

Le Shintoïsme
L’homme appartient à la grande force de la vie de la nature qui lui donne sa santé et oriente son destin. Le shintoïsme est la voie des Dieux, il s'agit de retrouver en soi l'harmonie en rendant un culte aux divinités de la nature.
Les objets de culte sont variés et d'origine naturelle, ils sont considérés comme sacrés car habités par des forces archaïques et sont alors entourés alors d'une corde en paille de riz tressé, le « Shiménawa » dans lequel sont insérés des papiers découpés. De même le caractère sacré d’un lieu est signifié par la présence d’un portique appelé, « Torii » qui signifie que l’on entre dans le domaine d’un dieu.
Épée mythique, rochers, montagnes sacrées, cours d'eau, vieux arbres millénaires, pierres semi-précieuses aux formes magiques et parfois, même de simples objets d'usage courant comme des aiguilles ou des outils peuvent faire l'objet d’un culte ou d'une cérémonie.
En toutes circonstances, il convient donc de traiter les objets avec respect car ils peuvent être considérés comme l'émanation ou la représentation concrète d'une force issue du monde des Dieux du ciel ou de la terre, les "Kamis"qu'il convient de ne pas offenser.
Pendant le culte sont offerts le riz, les fruits ou les légumes cultivés par les hommes et même le saké, la boisson des Dieux. Les offrandes acceptées assureront le lien entre le monde visible des hommes et le monde invisible des Dieux et la succession des saisons se fera de manière favorable pour que la nature assure la continuité de la vie.
Le shintoïsme divinise le quotidien, retrouver la pureté et l’harmonie est particulièrement important au commencement d’une période de temps ou d’une entreprise pour écarter les obstacles et attirer les bonnes grâces des Dieux.
Par exemple un prêtre viendra purifier les lieux au début de la construction d'une maison et une fois le travail fini, une autre cérémonie sera effectuée pour les remercier.
De même au début de l'année les Japonais vont en nombre prier dans les temples bouddhistes et shintoïstes appelés "Jinja" pour voir exaucer leurs vœux et que la nouvelle année se passe bien.
De nombreuses usines ou entreprises ont à l’entrée de leur domaine un autel shintoïste censé les protéger des mauvaises influences. Fréquemment des petits autels sont installés dans les bureaux ou chez les commerçants et même des talismans dans les trains.
Quel que soient les circonstances, il s'agit toujours de purifier le cœur de l'homme, les objets ou les lieux pour préserver ou retrouver le lien avec la nature et le monde spirituel.

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Message par manuramolo le Lun 16 Avr 2012 - 15:39

Ils respectent les dieux t sont bien élevés .
Ils ont polis théistes sourire
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Message par pansemiotix le Mar 17 Avr 2012 - 9:54

komyo,
Merci pour tes explications. Je connais très peu le Japon, cependant au lu de ce que tu écris, il me semble que tu décris plutôt des pratiques ayant pour objectif de trouver l'harmonie dans notre quotidien. Il me paraît que le Bouddhisme Zen, que tu ne mentionnes pas, aurait plutôt pour objectif de révèler et atteindre le principe d'immortalité qui gît en chacun de nous. Que peux-tu dire à ce sujet?

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Message par komyo le Mar 17 Avr 2012 - 10:47

Bonjour Pansemiotix

La personne qui l'enseigne en France disait ceci lors d'une interview :
le Dharmakaya, la grande vacuité. Ce sont les corps supérieurs qui sont sans forme et qui interpénètrent l'univers tout entier.
Ensuite vous avez le Sambogakaya, les corps de lumière, qui ont encore une forme un peu humaine, mais qui sont des corps d'énergie. Dans le Shingon, on explique comment on pénètre à l'intérieur de ces corps d'énergie, comment on les développe.
Le zen dit qu'il n'y a rien à dire : soit on est dans le monde du Nirmanakaya, donc dans le monde concret, soit on est dans la grande vacuité, et entre les deux c'est uniquement de l'illusion.
Tandis que dans le Shingon on va essayer d'expliquer tous les plans point par point jusqu'au moment où on rentre dans la grande vacuité. Ce qui nous permettra de faire une espèce d'aller-retour de l'homme ordinaire au Dharmakaya, la vacuité, et du Dharmakaya au monde concret, en cherchant à manifester Dainichi Nyorai dans le monde concret.


J'ai pratiqué un peu le zen du temps ou deshimaru était encore vivant, avec le recul je trouve que c'est une excellente méthode pour rentrer dans la vacuité ou retrouver la vacuité, et manifester un état d'esprit sain, sans saisie, sans projection ou l'on perçoit les choses telles qu'elles viennent. C'est du moins ce que j'ai expérimenté à l'époque.
La méditation shingon, le Ajikan qui se fait avec un support visuel et un mantra simple puisqu'il s'agit du simple son A est un peu similaire. Les deux étant basé sur la concentration/observation---et au dela http://komyoin.free.fr/komyo-site/francais/pratiques/kan/

L'usage des mantras et des rituels pour des buts mondains, des bienfaits (kudoku) comme le disent les japonais est très présent dans la culture japonaise qui considère que la réussite, la santé, la prospérité obtenue par la prière manifeste dans le concret la puissance spirituelle des bouddhas ou des kamis. Ils font beaucoup de pratiques de purification afin de se lier a une divinité particulière ou a un bouddha qui leur permet de retrouver une certaine harmonie et de la manifester dans la société.

Plus spécifiquement dans le shingon la pratique est dite mondaine ou extra mondaine, la seconde vise la siddhi suprême qui est de développer l'état de bouddha en une vie, en ce corps. Dans la spiritualité japonaise les deux ne sont pas incompatibles.



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Message par manuramolo le Mar 17 Avr 2012 - 14:03

Mille moines mille religions sourire
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Message par pansemiotix le Mar 17 Avr 2012 - 14:17

Merci Komyo,
J'en déduis que c'est à chacun de trouver ce qui lui convient le mieux.

manuramolo,
C'est la complexité de l'être humain qui rend les choses compliquées et qui exige que la "Parole" soit présentée de mille manières différentes en fonction de notre capacité à la saisir, probablement à cause de notre hérédité, notre race et/ou notre conditionnement, pour ne pas dire de notre karma.

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Message par manuramolo le Mar 17 Avr 2012 - 14:19

pansemiotix a écrit:Merci Komyo,
J'en déduis que c'est à chacun de trouver ce qui lui convient le mieux.

manuramolo,
C'est la complexité de l'être humain qui rend les choses compliquées et qui exige que la "Parole" soit présentée de mille manières différentes en fonction de notre capacité à la saisir, probablement à cause de notre hérédité, notre race et/ou notre conditionnement, pour ne pas dire de notre karma.

Navré de ne croire ni en la parole ni au karma...
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Message par komyo le Mar 17 Avr 2012 - 14:38

Oui tout à fait .
Un enseignant bouddhiste de Jack kornfield donnait une image intéressante.
Quant on lui faisait remarquer qu'il conseillait parfois a une personne de faire et chose et a une autre son contraire. Il comparait cela au guide d'un rallye en montagne, lequel va demander de tourner a droite ou a gauche en fonction des circonstances, ici comme là l'enseignement doit s'adapter au moment et à la personne.

du point de vue de l'ésotérisme japonais les différentes religions sont l'expression d'un niveau de conscience de la réalité, ce qui fait qu'il n'y a pas vraiment de tendance a l'exclusion.

chacun fait fait, ce qu'il lui plait, plait ! ^^


Dernière édition par komyo le Mar 17 Avr 2012 - 14:43, édité 2 fois
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Message par komyo le Mar 17 Avr 2012 - 14:39

manuramolo a écrit:
pansemiotix a écrit:Merci Komyo,
J'en déduis que c'est à chacun de trouver ce qui lui convient le mieux.

manuramolo,
C'est la complexité de l'être humain qui rend les choses compliquées et qui exige que la "Parole" soit présentée de mille manières différentes en fonction de notre capacité à la saisir, probablement à cause de notre hérédité, notre race et/ou notre conditionnement, pour ne pas dire de notre karma.

Navré de ne croire ni en la parole ni au karma...

et le conditionnement ?
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Message par pansemiotix le Mar 17 Avr 2012 - 18:17

manuramolo,
Crois au moins en toi, c'est le début, mais aussi la fin!

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Message par pansemiotix le Mar 17 Avr 2012 - 18:46

komyo,
Dans le fond ce n'est pas éloigné de la conception du Tao. Inaudible, impalpable, inodore, sans attribut, la Cause sans cause et la Racine de tout et également du Neti, Neti (ni ceci, ni cela) de l'Advaïtisme, que je connais beaucoup mieux.

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Message par komyo le Mar 17 Avr 2012 - 21:34

Il y a certainement des points communs,
en chine l'ésotérisme indien et d'ailleurs le bouddhisme en général à utilisé des concept taoïstes pour se faire comprendre de la société chinoise. comment définirais tu ou décrirais tu l'advaïtisme ?

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Message par Rio sur Seine le Mar 17 Avr 2012 - 23:20

komyo a écrit:
L'usage des mantras et des rituels pour des buts mondains, des bienfaits (kudoku) comme le disent les japonais est très présent dans la culture japonaise qui considère que la réussite, la santé, la prospérité obtenue par la prière manifeste dans le concret la puissance spirituelle des bouddhas ou des kamis.

Nous retrouvons globalement dans mon courant Nichireniste toutes ces conceptions
du Bouddhisme japonais.

Nous ne sommes pas dans la spéculation intellectuelle subjective, mais dans la réalité
concrète du Karma, que les phénomènes qui nous font souffrir concrètement n'ont
pas de nature propre, même dans leur leur manifestation concrète temporelle dans
l'espace mondain, professionnel ou familiale, et à plus forte raison dans l'interaction
entre personnes dans nos activités bouddhiques.

Je dois dire qu'à mes débuts je ne m'attendais pas beaucoup à ça en terme de conceptions
spirituelle, encore moins en ce qui concerne l'opinion que j'avais du Bouddhisme, mais
cela ça m'a énormément apporté en tant qu'homme, même si affronter ma réalité concrète
n'a pas toujours été simple.

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Message par pansemiotix le Mer 18 Avr 2012 - 7:37

Komyo,

J’ai parcouru la définition d’Advaïta sur Wikipédia et je pense que l’essentiel y est. Je peux simplement ajouter que j’ai découvert cette philosophie de vie en lisant la Doctrine Secrète de HP Blavatsky. Dans ces ouvrages, l’auteur brosse un tableau assez complet de l’origine de notre monde, des différentes étapes de densification de la matière et des hiérarchies qui oeuvrent dans ce sens. Elle décrit également comment les différentes religions ont essaimés depuis l’Inde vers la Chaldée (Zoroastrisme) et comment les Egyptiens, puis les Hébreux s’en sont inspirés. Elles parlent aussi de la séparation des deux courants qui ont donné naissance aux concepts exotérique et ésotérique des religions. Y est mentionné également l’ouvrage de A.P. Sinnett, le Bouddhisme ésotérique, mais je n’ai pas encore pu mettre la main sur ce bouquin. Sa tentative de concilier les écrits orientaux avec ceux de l’occident ont largement inspirés chez nous des personnes telles Rudolf Steiner (fondateur de l’Anthroposophie) et Max Heindel (fondateur du mouvement rosicrucien de Californie). Je pense qu’elle a atteint son but en démontrant que d’un point de vue ésotérique, malgré ses différents aspects, il n’y a qu’une source et que c’est à cette même source que toutes les religions (se relier) s’abreuvent, du moins sur le plan ésotérique.

Sur un plan pratique, car la connaissance n’est qu’un aspect de notre cheminement, je m’inspire beaucoup des livres de Krishamurti et Nisargadatta, que je considère comme des êtres ayant atteint la Libération et qui nous indiquent simplement et clairement comment nous libérer de notre mental et par là même de notre karma. Mais il existe en Europe, des Ecoles des Mystères (dans le sens des Ecoles grecques néo-platoniciennes et gnostiques) pour ceux qui préfèrent être accompagné dans leur cheminement. Je sais, par expérience, qu’au moins une d’entre elle ne fait pas abstraction des enseignements du Bouddha, pas moins que de ceux de Lao-Tsé (Taoïsme), du Corpus Hermeticum, des écrits gnostiques et de la Bible, comprise dans son sens ésotérique et initiatique.

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Message par komyo le Mer 18 Avr 2012 - 8:08

Merci pansemiotix, te lisant j'avais une image du bouddhisme japonais, qui assimile l'aube au bouddha de médecine, le zenith a Mahavairocana et le couchant a Amida (3 bouddhas différents). Je pense qu'il en est ainsi de cette source a laquelle chacun s'abreuve. Nous lui donnons des noms différents et lui attribuons des qualités différentes, mais fondamentalement c'est la même. D'une manière semblable le tao, mouvemente indéfiniment.
Je connais peu les auteurs que tu cites, je suis allé voir l'entrée sur nisargadatta sur wiki cela est tout a fait juste, nous avons tout en nous nul besoin de le chercher en dehors.

« L’enseignement du Bouddha n’est pas loin, il est dans notre propre coeur, il est tout près. Le Satori n’existe pas en dehors de nous. Ou donc pourrions-nous le trouver sinon à l’intérieur de nous-mêmes ! qu’il s’agisse d’illusion ou d’illumination, c’est de l’illusion ou de l’illumination de notre propre coeur qu’il s’agit » Kobo Daishi


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Message par pansemiotix le Jeu 19 Avr 2012 - 7:59

Komyo, merci pour tom mail !

Rio sur Seine,

Je ne connais pas assez les courants spirituels du Japon pour argumenter ton message. Disons simplement que la plupart des mouvements expriment leur crédo de 3 manières distinctes :
- Exotérique étant celle qui s’adresse à la masse des fidèles. La fonction étant de maintenir un certain niveau de spiritualité afin que nous ne sombrions pas dans une matérialité aveugle (in God we trust).
- Mésotérique étant celle qui nous incite à cultiver les valeurs de l’âme et la préparer à l’étape suivante. (se faire du bon karma et progresser).
- Esotérique étant celle réservée à ceux qui ont compris l’illusion de notre monde et pour lesquels l’âme est prête au sacrifice ultime et peut réaliser sa Renaissance hors de l’espace temps.

Si la distinction entre l’aspect exotérique et ésotérique est relativement aisé à comprendre. Celle qui sépare le Mésotérisme de l’Esotérisme est plus complexe, car les distinctions sont souvent subtiles. Dans le Bouddhisme on les retrouve dans les Ecoles du Grand ou du Petit Véhicule, dans le Christianisme on les distingue par les pratiques soit occultes, soit gnostiques- transfiguristiques, dans l’Advaïtisme par les différentes Ecoles de Yoga, etc. (se libérer totalement du karma).

Chacune ont évidemment des conséquences différentes.

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Message par komyo le Jeu 19 Avr 2012 - 11:24

Rio sur Seine a écrit:
komyo a écrit:
L'usage des mantras et des rituels pour des buts mondains, des bienfaits (kudoku) comme le disent les japonais est très présent dans la culture japonaise qui considère que la réussite, la santé, la prospérité obtenue par la prière manifeste dans le concret la puissance spirituelle des bouddhas ou des kamis.

Nous retrouvons globalement dans mon courant Nichireniste toutes ces conceptions
du Bouddhisme japonais.

.

D'autant que nichiren vénérait certains kamis, et n'hésitait pas a les apostropher quand ils n'étaient pas fidèles a leur voeux. Ainsi dans le cas cité ci-dessous, celui-ci était sensé apporter aide et assistance aux pratiquants du sutra du lotus. http://www.nichiren-etudes.net/gosho/lexique/l-hachiman.htm

Chaque courant bouddhiste a composé avec le shinto créant des formes plus ou moins synthétiques, ainsi dans le shingon Inari le renard qui est très présent dans le folklore est assimilé à Daïkini, Mahakala qui est il me semble aussi dans certains mandalas nichireniens à au japon les attributs et les habits d'une divinité shinto. Dans le zen au moins un temple est dédié a kojin, une divinité du feu etc.

Cela a permis d'intégrer la religion populaire, sans conflits majeurs ni rejet ou destruction des anciennes traditions.



Dernière édition par komyo le Jeu 19 Avr 2012 - 11:53, édité 1 fois
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Message par komyo le Jeu 19 Avr 2012 - 11:51

pansemiotix a écrit:Komyo, merci pour tom mail !

Rio sur Seine,

Je ne connais pas assez les courants spirituels du Japon pour argumenter ton message. Disons simplement que la plupart des mouvements expriment leur crédo de 3 manières distinctes :
- Exotérique étant celle qui s’adresse à la masse des fidèles. La fonction étant de maintenir un certain niveau de spiritualité afin que nous ne sombrions pas dans une matérialité aveugle (in God we trust).
- Mésotérique étant celle qui nous incite à cultiver les valeurs de l’âme et la préparer à l’étape suivante. (se faire du bon karma et progresser).
- Esotérique étant celle réservée à ceux qui ont compris l’illusion de notre monde et pour lesquels l’âme est prête au sacrifice ultime et peut réaliser sa Renaissance hors de l’espace temps.

Si la distinction entre l’aspect exotérique et ésotérique est relativement aisé à comprendre. Celle qui sépare le Mésotérisme de l’Esotérisme est plus complexe, car les distinctions sont souvent subtiles. Dans le Bouddhisme on les retrouve dans les Ecoles du Grand ou du Petit Véhicule, dans le Christianisme on les distingue par les pratiques soit occultes, soit gnostiques- transfiguristiques, dans l’Advaïtisme par les différentes Ecoles de Yoga, etc. (se libérer totalement du karma).

Chacune ont évidemment des conséquences différentes.

Concernant ces distinctions le fondateur du shingon japonais, kobo daishi avait tenté de créer une synthèse, attribuant une qualité spécifique au différentes voies ou écoles de son époque.
Sans cantonner sa description au seul Shingon, ni limiter chaque voie a la description qu'il en donne, c'est intéressant car il montre qu'il y a de nombreuses étapes dans la vie spirituelle.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Kūkai#Doctrine
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Message par Rio sur Seine le Jeu 19 Avr 2012 - 18:09

komyo a écrit:
D'autant que nichiren vénérait certains kamis, et n'hésitait pas a les apostropher quand ils n'étaient pas fidèles a leur voeux. Ainsi dans le cas cité ci-dessous, celui-ci était sensé apporter aide et assistance aux pratiquants du sutra du lotus. http://www.nichiren-etudes.net/gosho/lexique/l-hachiman.htm

Nichiren vénère les kamis mais pour la signification qu'il leur donne à travers les fonctions
du Sutra du Lotus en les réinterprétant. A cette époque la population est majoritairement Shinto,
et le Bouddhisme est surtout la religion des élites.

Je me référais beaucoup plus concrètement à :

"L'usage des mantras et des rituels pour des buts mondains, des bienfaits (kudoku) comme le disent les japonais..."

J'ai été agréablement surpris que tu comprennes et dises cela, et j'avoue que ça m'a beaucoup amusé.

Sur la base de cet aspect du Bouddhisme japonais, nous en tant qu'organisation laïque cela représente
chez nos détracteurs le principal argument pour nous diaboliser en tant que secte et faux Bouddhisme,
parce que justement ils ne comprennent pas cette notion de "Kudoku".

Il est vrai que cette approche du Bouddhisme par une promesse de "Kudoku" est très surprenante,
et pour certains aux antipodes de l'idée qu'ils se font du Bouddhisme, mais ils faut bien comprendre
l'aspect que le véritable Kudoku c'est le bienfait intérieur.

Mais c'est exactement la notion de ce que l'on entend par Bouddhisme ésotérique, qui est l'expérimentation
du Bouddhisme concret au delà de la théorie et de la compréhension intellectuelle des concepts, par des
résultats tangibles.

Personnellement lorsque j'ai débuté je ne m'attendais pas du tout à ça, et je n'arrivais pas du tout à comprendre
comment de telles choses pouvaient réellement être possibles, mais on y arrive tout de même.

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Message par komyo le Jeu 19 Avr 2012 - 23:14

[quote="Rio sur Seine"]
komyo a écrit:
Il est vrai que cette approche du Bouddhisme par une promesse de "Kudoku" est très surprenante,
et pour certains aux antipodes de l'idée qu'ils se font du Bouddhisme, mais ils faut bien comprendre
l'aspect que le véritable Kudoku c'est le bienfait intérieur.

Mais c'est exactement la notion de ce que l'on entend par Bouddhisme ésotérique, qui est l'expérimentation
du Bouddhisme concret au delà de la théorie et de la compréhension intellectuelle des concepts, par des
résultats tangibles.

Personnellement lorsque j'ai débuté je ne m'attendais pas du tout à ça, et je n'arrivais pas du tout à comprendre
comment de telles choses pouvaient réellement être possibles, mais on y arrive tout de même.

C'est effectivement un point de la spiritualité japonaise, elle se matérialise dans le concret, le monde n'étant pas perçu comme quelque chose d'illusoire dont il faut s'abstraire, ils ne chercheront pas en sortir mais a s'y intégrer le mieux possible et s'ils sont spirituels a manifester le bouddha dans la vie de tous les jours.
Concernant l’ésotérisme, ce qui rejoint la vision indienne c'est qu'a partir d' un certain niveau d'ouverture, l'initiation est faite par l'univers, appelons le bouddha ou l'esprit (grand ou saint ^^) par convenance et non plus par des enseignements ou des maitres, c'est en cela que ce n'est plus exotérique, c'est a dire dépendant pour la compréhension d'un livre ou d'un corpus d'enseignement.
Ce n'est pas non plus caché à certains dans le sens ésotérique occidental mais plutôt de l'ordre du dévoilement personnel.


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Message par pansemiotix le Ven 20 Avr 2012 - 7:41

komyo,
Ce n'est pas non plus caché à certains dans le sens ésotérique occidental mais plutôt de l'ordre du dévoilement personnel.
Probablement parce qu’à la base l’oriental est beaucoup plus respectueux du métaphysique que l’occidental et l’utilisation abondante de métaphores permet de situer sa signification à différents niveaux, ainsi chacun y trouve un sens en fonction de son être intime. De plus, en Orient, l’aspect de développement personnel prime sur l’aspect du pardon par sacrifice interposé, comme cela est devenu le cas chez nous par l’influence d’un Christianisme défiguré. Conséquences : on déconne, on va à confesse et le tour est joué, alors qu’en Orient le sens de responsabilité de ses actes est beaucoup plus aigu. En Orient on se réfère avant tout aux Lois du Cœur, alors qu’ici se seront celles du Code pénal. En Orient c’est la recherche de l’Harmonie intérieure qui conduit à l’esthétique, alors qu’en Occident nous n’avons pas cette notion et depuis la Grèce antique, c’est la recherche de l’Esthétique extérieure qui est supposé mener à l’Harmonie. Je pense aussi que c’est par soucis de protéger le sacré qu’en Occident, il a été nécessaire de taire certaines choses et de les mettre à l’abri des détracteurs et manipulateurs, trop soucieux de donner un sens historique à une révélation initiatique.

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shintoisme et bouddhisme Empty Kami no michi

Message par komyo le Mer 23 Mai 2012 - 8:32

vu cet article intéressant sur un blog d'arts martiaux :

Kami no michi, 神の道 partie 9

Kami no michi est un récit autobiographique de Yukitaka Yamamoto, le 96ème grand prètre du sanctuaire Tsubaki, préfecture Mie, au Japon.


Pour tous ceux que le shinto intéresse, ou même pour ceux qui veulent connaître la culture et l'esprit japonais, ce texte est vraiment très intéressant. Le grand prêtre Yamamoto nous raconte comment les circonstances tragiques de la seconde guerre mondiale l'on ammené à assumer le rôle de grand prêtre d'un très ancien sanctuaire shinto, et comment il s'engagea sur le chemin pour faire connaître la nature profonde de ce que l'on nomme "la voie des kami" (kami no michi).


Je tiens à rassurer le lecteur, il ne s'agit pas là d'un shinto d'état, dont se réclame les nationalistes japonais, mais bien d'un shinto populaire, provenant de la terre japonaise, et ouvert sur le monde.


Yukitaka Yamamoto en parle en ces termes:


"Le shinto est aussi vieux que les montagnes du Japon. C’est la voie dans laquelle la spiritualité naturelle du peuple japonais trouva son expression. C’est aussi propre aux japonais que leurs vies elles-mêmes. En effet, c’est une voie d’expression du flot de la vie."




Outre le sujet religieux, cette ouvrage offre la vision d'un homme plein de sagesse et qui ayant connu la guerre, aspire à propager la paix.


Il y a de cela quelques années, j'en avais fait une traduction que je vous propose aujourd'hui. En espérant que vous y trouviez de l'intérêt.



Chapitre 9

Shinto et religions du monde





Une des façons les plus évidentes de pénétrer l’esprit basique du Shinto est de le comparer aux autres religions. Cela aide à identifier avec précision les qualités distinctives du Shinto. Le concept central est le Musubi vertical, celui de Kannagara. C’est la tentative d’amener les Kami, le divin, en relation directe avec les hommes. Dans les rituels Shinto, le Kami se pose sur le Sasaki, l’arbre toujours vert, et ainsi les bénédictions sont possibles. L’esprit, Mitama, de tout Kami peut être invité à se poser sur un lieu sacré purifié afin que les gens communient avec.



Le Shinto se développa à partir de cela, on ne lui attribua pas un fondateur historique particulier. Le Shinto grandit par l’intermédiaire des personnes cherchant à rencontrer leur Kami, et par conséquence, la tradition se développa sans personnage historique derrière lui.



Cela contraste avec le chemin marqué du Christianisme qui apparut en la personne de Jésus de Nazareth dont la vie historique, l’enseignement, la mort et la résurrection sont à la base de la foi.



Le Bouddhisme prend exemple sur son fondateur, Gautama, dont les expériences historiques l’amenèrent à s’asseoir sous l’arbre Bodhi et à méditer jusqu’à ce qu’il ait découvert les secrets de l’existence. Ainsi il formula les Quatre Nobles Vérités et l’Octuple Sentier, connu aussi comme la Voie du Milieu. Ses enseignements, le résultat de son illumination, l’amena à être connu comme le Bouddha, l’éveillé.



De la même façon, on peut dire que l’Islam a aussi un fondateur, considéré comme un prophète de Dieu.



La tradition du Judaïsme possède un catalogue de figures fondatrices comme Abraham, Isaac, Jacob, Moise à travers les époques de l’histoire hébreuse qui est riche en personnalités puissantes et dynamiques.



La caractéristique principale de ces traditions est ce que j’appellerai le Musubi horizontal, qui dit que le fondateur fut un personnage historique qui transmit la religion ou qui incarna ce qui fut transmit horizontalement aux autres peuples, à partir d’un point de l’histoire.



Le Shinto à différents temps de son histoire trouva des représentants et des érudits capables parmi ses prêtres et ses dévots, mais aucun ne peut être appelé « fondateurs ». Ils furent engagés dans une transmission créative des traditions en interprétant les classiques japonais ou en recherchant l’histoire d’un Kami particulier. Ce n’étaient pas, au sens indo-européen, des « fondateurs » ou des « chefs spirituels », bien que le Japon en ait eu, dans le Bouddhisme en particulier.



Le Musubi vertical et le Musubi horizontal sont comme la « chaîne » et la « trame », dans une pièce de tapisserie. Horizontal et vertical sont, à la base, semblables en tant que constituants du motif. Leur différence provient non pas de la substance ou de la forme, mais du rôle. La chaîne est constante et continue, ainsi le fil peut être long, solide, régulier et ferme. La trame constitue le dessin qui reflète l’époque, l’ère et les circonstances, ainsi elle est capable de former des motifs différents selon son utilisation. Parce que la chaîne sert de support, la trame peut agir librement. En retour, puisque des dessins peuvent être faits grâce à la trame, un tissu à motif peut être fabriqué. La chaîne et la trame se complètent l’une l’autre. La question n’est pas de savoir ce qui est le plus important, ou ce qui est « correct », le plus utile ou même de façon ultime, ce qui est valable.



De même, cela s’applique à la relation entre le Musubi vertical et le Musubi horizontal. Aucun n’est plus important que l’autre. Le tissu spirituel, que j’appelle Kannagara, ne peut être fabriqué sans que soit présent le Musubi vertical et le Musubi horizontal. Dans Kannagara, il doit toujours exister les deux dimensions que nous appelons des forces. Quelques fois elles sont vertical - horizontal, parfois lumière - obscurité, ou haut - bas, ou encore droite - gauche. C’est l’alliance des deux qui crée Kannagara.



Un croyant Shinto qui dénonce les autres religions n’est pas un vrai croyant. Un vrai croyant peut être chez lui dans un sanctuaire Shinto au Nouvel An, dans un temple bouddhiste lors du festival Obon pour les âmes des ancêtres ou dans une chapelle chrétienne la veille de Noël. Tous ont un sens individuel, ils sont authentiques et complémentaires les uns des autres. Ce principe s’applique non seulement à la religion, mais aussi à toutes les cultures du genre humain. Les créatures non rationnelles (Plantes et animaux) ne possèdent pas le sens nécessaire, le langage, pour créer le Musubi vertical sans lequel une culture ne peut apparaître. Ainsi le développement n’est pas possible même après dix mille ans.



A travers le langage, les êtres humains ont été capables de créer des traditions, de prendre ce dont ils avaient hérité et de le développer. Le langage rend possible l’épanouissement de la culture humaine à travers le Musubi vertical. C’est l’environnement et le moment spécifique du développement de la créativité culturelle. Une fois créées, les traditions peuvent être transmises à travers le Musubi horizontal.



C’est à travers ce processus que les différentes cultures du monde sont apparues, que le genre humain s’est développé comme une espèce et a prospéré intellectuellement, socialement et géographiquement. Le centre du Musubi vertical est Kokoro, le cœur, tandis que le Musubi horizontal est nécessairement accompagné des objectifs matériels et des artefacts de la civilisation. Les objets physiques (dont les personnes) sont le centre du Musubi horizontal.



Au Nouvel An, plus de 80 millions de japonais visitent des sanctuaires comme les grands sanctuaires d’Ise, le Izumo Taisha, le grand sanctuaire Tsubaki, le Meiji Jingu ou les sanctuaires de Inari, Hachiman ou d’autres Kami. Combien de japonais peuvent actuellement nommer le Gosajin ou Kami sanctifié dans chaque ? Du point de vue du Shinto, cela a peu d’importance que les gens puissent répondre à cette question ou pas, ou qu’ils puissent dire qui a bâti le sanctuaire, comment il est administré, etc.…



Nous voyons les chrétiens se rendrent à Lourdes pour guérir, ou des pèlerins aller en Terre Sainte ou à la Mecque, voir même au Japon les adeptes de Kukai ou de Nichiren escalader des montagnes ou voyager sur des grandes distances. Cela est spécifique à des dévotions centrées, pas nécessairement sur une personne, mais sur la transmission d’une tradition par un saint ou un messager sacré comme un prophète ou un apôtre. Ce sont des expressions ou des manifestations culturelles du Musubi horizontal.



Le Shinto a peu de doctrines et aucun canon d’Ecritures Sacrées. Les musulmans ont le Coran, les bouddhistes les sutras, les chrétiens la bible et les adeptes du Judaïsme des écrits qu’ils partagent avec les chrétiens. Ce n’est pas que le Shinto n’ait rien du tout. Il y a quelques écrits – la mythologie ancienne, quelques Norito ou rituels adressés aux Kami – mais ils sont courts et fragmentaires comparés aux écrits des autres religions où les chroniques et les enseignements sont très importants, faisant autorité sur l’interprétation et la transmission de la tradition.



Le Shinto est souvent classé parmi les polythéismes, cependant celui du Shinto est un peu différent de ceux des cultures primitives qui contrastent habituellement avec le monothéisme. Il y a ultimement un Kami unique et tout Kami partage la même qualité, mais le Kami unique peut se diviser en différentes parties et fonctionner dans différents endroits en un même instant, dans Taka ama hara (Le cosmos) dans Takama hara (Le système solaire) et sur Onogoro jima (La Terre).



Chaque partie a sa propre fonction, elles agissent un peu comme les différentes parties du corps humain, fonctionnant séparément mais conservant l’intégrité de l’existence pour une unité organique totale. Selon l’idée que Un est Multiple, mais aussi que le Multiple est Un, la vénération pour un Kami signifie la vénération pour tous les Kami, et cela sans se soucier des sanctuaires ou des groupements de sanctuaires. C’est la seule partie significative du Shinto qui rend impossible les conflits entre les dénominations (Il y a 13 sectes reconnues officiellement) ou entre des sanctuaires. Puisque le Shinto n’est pas une religion anthropomorphique avec l’homme en son centre, elle peut plus facilement suivre la voie de Kannagara. Les religions dérivées des initiatives ou de l’inspiration humaine nécessitent une interprétation. C’est ainsi que la continuité de leur transmission est assurée.



Plus profonde et plus subtile se situe une doctrine dans la philosophie, plus haut se situera le maintien de la religion. Les êtres humains ont leurs limites, cependant, et ils rendent des jugements imparfaits. Mésententes et conflits sont inévitables. C’est particulièrement vrai dans les religions où les doctrines sont établies de façon formelle. Plus une doctrine est subtile, plus est grande la probabilité de mésentente dans son interprétation.



Le meilleur exemple qui soit, en occident, est la bataille qui eut lieu au début du Christianisme sur la définition de la substance de la personne du Christ, identique ou non à celle de Dieu. En grec la différence était la lettre « iota », c’était un cas subtil où il n’y avait pas plus d’ « un iota de différence ». Quand de telles divisions ont lieu, des groupes rivaux apparaissent et des nouveaux mouvements se forment. Cela sera à l’origine de davantage de disputes et de divisions. Ainsi un nombre infini de nouveaux groupes apparaît.



C’est la situation actuelle de la religion. Il y a par exemple au Japon environ 45 confessions du bouddhisme Nichiren. On a estimé à 2000 les confessions chrétiennes aux USA. Quand la religion a des objectifs en son centre tel que je l’ai défini précédemment, ces tendances sont inévitables. Il existe un dicton : Shuron wa dochira makete mo shaka no haji, ce qui signifie : « Peu importe que les enseignements d’une secte se perdent, tout ceci est la honte de Bouddha ».



Le Shinto est un chemin de pensée sur le divin dans l’univers, pur et simple. Il insiste constamment sur le bonheur dans la vie et dans ce monde. Il est concerné par la vie humaine dans la nature et sous le ciel, et par la relation entre l’homme et les Kami. L’attitude et l’approche du Shinto sur le monde et sur la vie humaine sont positives, optimistes et lucides. Dans ce sens, le Shinto est simple. Les autres religions sont plus formalistes en matière de doctrines et plus extravagantes en termes de philosophies et d’idées, mais elles sont aussi concernées par les péchés, par les faiblesses et l’anxiété humaine et elles ne peuvent encourager une approche optimiste et positive de la vie.

Le christianisme en occident désapprouve le suicide, mais selon un savant américano-japonais, spécialiste de ce domaine, Mamoru Iga, le Christianisme encourage actuellement la tendance suicidaire dans les esprits japonais car il écrit : « L’auto-conscience et le sens de la culpabilité sont accentués dans le Christianisme. L’auto-conscience produit un conflit interne dans ce pays où le désintéressement (ou la fusion dans la société) est la valeur de base. ». Iga note que cette tendance à la mélancolie est identifiable parmi les intellectuels qui deviennent chrétiens. Il enrichit son argumentation avec des exemples d’écrivains japonais qui se sont suicidés. Le fait est simplement que plus certains aspects de l’intériorité sont accentués, plus grand est le risque que ces ambiguïtés prennent place.



Dans le Shinto, le Goshintai ou objet de vénération peut être un simple Gohei, ce qui reflète la simplicité de la croyance du Shinto originel. Cela peut aussi être l’un des Sanshu no jingi, les trois trésors sacrés du règne impérial : le miroir, le sabre et le joyau. Cela peut encore être un objet naturel comme un rocher.



Certaines personnes interprètent les trois trésors sacrés d’un ancien point de vue confucéen comme les symboles de Chi-Yu-Jin : la sagesse, la valeur et l’humanité. Mais pris au sens large, tous trois peuvent représenter le Sanmi sangen, le principe des trois éléments qui constituent l’existence : le gazeux, le liquide et le solide. Ce sont les trois bases élémentaires. Leurs rôles peuvent être élargis pour expliquer et interpréter des éléments comme la vraie raison, le principe ou la mission, l’existence, la destinée ou la vie, l’âme et l’esprit.



Les objets de culte, que ce soit dans le Bouddhisme ou dans le Christianisme, sont plus splendides et artistiques que n’importe quelle chose du Shinto. Même chose pour ce qui concerne les bâtiments et l’architecture. Faisant contraste avec le simple bois non décoré utilisé dans les édifices des sanctuaires, les bâtiments des autres religions comme le Vatican à Rome, semblent rivaliser parla taille et par l’extravagance.



Il y a une chanson qui dit : Iwa to kagura no jindai yori miki agarume kami wa nai.



Kagura est une combinaison de deux caractères chinois, l’un étant Kami et l’autre étant Tanoshi, le bonheur. Jindai ou parfois shindai est une autre combinaison de Kami avec un caractère signifiant « ancien » ou « classique ». Miki est une combinaison de Kami et de saké, cela désigne le vin de riz sacré disposé devant les Kami lors des rituels. Les paroles signifient donc : « Aucun Kami des temps anciens divins n’a jamais refusé la danse ou le vin sacré ».



Traduit librement cela signifie que dans le Shinto, les Kami et les gens se réunissent et remplissent de joie les activités du Matsuri, les festivals où manger et boire sont les composantes nécessaires des rituels accompagnés de musique, de danse (Kagura). Tout cela se fait avec enthousiasme, dans un grand acte de célébration de la vie.



Peut être que le meilleur symbole de tout cela est le Torii. Cette entrée n’a pas de porte, elle est donc ouverte été comme hivers, jour comme nuit. Les aspects d’ouverture du cœur et de l’esprit sont visibles de cette façon.



Shinto et Bouddhisme au Japon



Le Bouddhisme fut la première religion étrangère à venir au Japon, de par ce fait elle a une relation particulière avec le Shinto, une relation unique pour le Bouddhisme, et peut être parmi les religions. La relation est longue et compliquée, mais au fil du temps elle a réussi à s’établir à coup d’arguments et de compromis. Parfois l’avantage allait au Bouddhisme, parfois au Shinto. Dans le cas de la doctrine du Honji suijaku setsu, l’idée qu’une religion est la manifestation d’une autre, le Bouddhisme prit l’avantage en considérant les Kami du Shinto comme une manifestation du Bouddha. Dans le Ryobu shinto, le Shinto forme un syncrétisme avec le Bouddhisme. Les avantages sont les mêmes. Par décret gouvernemental, le Shinto d’état étant, avant et durant la guerre, totalement sous contrôle, cela favorisa le Bouddhisme.



Quelque soit l’époque, aucun leader bouddhiste ou fondateur de secte n’a oublié le Shinto. La célèbre figure bouddhiste de l’époque Kamakura, Nichiren, prit un nom utilisant deux caractères : le premier, nichi, signifie le soleil (La principale divinité du Japon est Amaterasu, le Kami du soleil) ; le second ren, le lotus, symbolise le Bouddhisme. Une statue de Nichiren porte un sutra dans une main et un Shaku (Le bâton plat des prêtres Shinto) dans l’autre.



Quand Saicho bâtit le Enryakuji, temple principal de la secte Tendai, sur le mont Hiei à Kyoto, il construisit avant tout un sanctuaire protecteur.

Kukai, l’autre grand leader de l’époque Heian, se comporta de manière similaire en érigeant le Kongobuji, temple principal de la secte Shingon, sur le mont Koya.



Ignorer ou déprécier le Shinto, c’est ignorer le Kannagara, ce que même les plus convaincus ne feraient pas, sentant dans leur sang qu’une telle attitude n’était pas permis.



Le prince Shotoku Taishi, régent de la maison impériale censé avoir introduit formellement le Bouddhiste au Japon, ne fut jamais vu en robe bouddhiste. Il portait toujours la robe de cour appropriée aux prêtres Shinto, et c’est ainsi qu’il fut représenté sur les anciens billets de 10000 yens. Il donna au pays une orientation pour la vie nationale. La constitution en 17 clauses, parlant du Bouddhisme et du Confucianisme, est profondément basée sur le Kannagara.



La religion du Japon et ses racines sont fondées sur l’ouverture d’esprit de Kannagara, que l’on peut mieux voir dans la simplicité du Shinto qui peut librement rencontrer et intégrer en lui les autres traditions cherchant à ce que le meilleur du genre humain fusionne avec le plus subtil de ce que le divin peut inspirer. C’est le secret de la voie des Kami, c’est une longue histoire à la fois dans la vie religieuse du Japon et parmi les grandes religions du monde.
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Message par pansemiotix le Mer 23 Mai 2012 - 10:52

Merci Komyo,
Je retrouve là les grandes lignes de la Tradition ésotérique originelle, telle qu'elle se présente dépouillée des dogmes et croyances.

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Message par maya le Mer 23 Mai 2012 - 12:16

Merci Komyo pour la voie des Kami. merci
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Message par komyo le Mer 23 Mai 2012 - 16:15

Merci, mais c'est le traducteur de ce texte qui mérite des remerciements, je pensais avoir indiqué son site, le voici :
http://budoshugyosha.over-blog.com/article-kami-no-michi-partie-9-52072328.html

c'est un oubli !
Bonne journée ! ^^
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