Comme des coqs à tête coupée !

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Message par fantoben le Ven 6 Mar 2015 - 2:25

Notre société de consommation est sur le bord du chaos. En ce début du troisième millénaire, on vit à un rythme qui donne le vertige. Comme des coqs à tête coupée, les gens qui occupent un poste sur le marché du travail se "garrochent" à l'ouvrage durant plusieurs heures/semaine afin de pouvoir dépasser économiquement son voisin qui possède plus de biens que lui. Et les rares espaces libres de la journée sont entièrement consacrés aux tâches reliées à la famille. Les mots qualité de vie et oisiveté ont perdu toute signification pour eux.

Alors une suggestion s'impose et ça urge. Il faudrait sur le champ faire l'éloge de l'oisiveté qui pourrait sans doute faire réfléchir bon nombre d'individus dans notre société afin de les aider à reprendre conscience de l'importance d'une qualité de vie qui s'est perdu au fil des dernières décennies. Par chance que certains d'entre nous ont eu la sagesse de débarquer de cette galère pour ainsi pouvoir témoigner d'une certaine qualité de vie encore accessible, et surtout de prendre le temps de théoriser sur le sujet.

Depuis "la chute de nos premiers parents", les humains se devaient de travailler à la sueur de leur front sans jamais vanter les mérites de l'oisiveté qui, pour eux, était perçue comme une honte envers l'espèce. Vivre dans l'oisiveté était comparable à une forme de paresse que l'on devait aussi qualifier comme étant "la mère de tous les vices" (quoique cette prémisse n'a plus tellement de prise sur les moeurs de notre époque et la plupart des gens qui se tuent à l'ouvrage le font pour toute autre raison). L'opium oisiveté n'est sans doute pas plus dommageable que l'opium métro~boulot 60 heures/semaine.

Et pourtant, on entend souvent dire de nos jours que plusieurs individus dans notre société sont paresseux et sans ambition. Ces remarques désobligeantes sont en grande partie dirigées à l'endroit des jeunes adolescents, ce qui est loin de leur donner le sentiment d'être autre chose ou de se sentir appuyés par leurs éducateurs. De plus en plus, le nombre de sans-emploi augmente et il en sera ainsi durant plusieurs décennies. Ce fléau social ne vise pas seulement notre jeunesse, mais tous ceux de quarante ans et plus qui auront eu la "malchance" de perdre prématurément leur emploi.

Au départ, il est facile d'entretenir des préjugés envers telles personnes qui ne "travaillent" pas, en prétendant qu'elles ne sont pas vaillantes et qu'elles ne font pas les efforts nécessaires pour s'en sortir. Pour ce qui est de la paresse chez les individus, nous n'avons certes pas la bonne définition de la situation réelle. La paresse chez l'être humain, comme chez toute autre espèce d'ailleurs, n'existe tout simplement pas et ne fait pas non plus partie de la nature humaine. S'il y a apparence de paresse chez un individu, c'est qu'il s'agit de bien autre chose, telle la maladie ou le manque de motivation par exemple.

Nous devrions au contraire nous réjouir qu'il n'y ait pas plus de gens sans travail qui grimpent sur les toits des édifices en hurlant à toute la société qu'eux aussi, ils aimeraient bien avoir leur place sur le marché du travail. Avec l'arrivée de la robotique dans les usines, ainsi que tous les bureaux informatisés, il ne faudrait pas s'étonner que d'ici quinze à vingt ans, près du tiers de la population active se retrouve sans emploi et confiné à l'isolement avant la quarantaine. Pour rassurer un peu la population, certains auteurs font miroiter l'idée que le problème pourrait être résolu en appliquant la formule du temps partagé. Utopique tout ça! L'idée est bonne mais non applicable. Qui accepterait la réduction de 35% de son salaire actuel, qui?

À partir d'une vision plus rationnelle de la situation, force est de constater que tous ces gens sans travail seront très utiles dans une société organisée comme la nôtre. Afin de pouvoir  maintenir un équilibre économique relativement stable, ces personnes qui auront quand même droit à un revenu de basse, serviront en quelque sorte d'agents distributeurs des fonds publics. C'est-à-dire qu'ils vont contribuer à la répartition de la monnaie dans différents marchés liés à la consommation. Il y aura par conséquent deux classes d'individus : les débrouillards actifs qui seront surtaxés pour leurs réalisations, et les gens oisifs qui devront user d'ingéniosité pour ne pas voguer à la dérive.

Ironiquement, le sort des uns ne sera pas plus enviable que le sort des autres. En effet, les personnes déterminées à occuper un emploi, donc accessibles aux multiples systèmes de crédit, pourront à "loisir" s'endetter par-dessus la tête pour obtenir ce qu'elles désirent. Mais lorsque leur marge de crédit aura atteint son apogée, ces mêmes personnes rejoindront les sans-travail quant au niveau de vie. Concrètement cela veut dire qu'ils passeront tous leurs vacances à "balcon-ville". Les gens oisifs, eux, devront sur le champ apprendre à vivre plus modestement, tout en développant leur créativité pour combler agréablement et sans culpabilité le vide de l'oisiveté.
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Message par M'enfin le Ven 6 Mar 2015 - 15:10

Du pain et des jeux que nous avons besoin: du pain en imprimante 3D, et des jeux interactifs. La belle vie quoi! cheers Plus besoin de sortir de chez soi! Une chance, avec la pollution qui s'annonce! rire
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Message par mirage le Sam 7 Mar 2015 - 1:48

fantoben a écrit:
Ironiquement, le sort des uns ne sera pas plus enviable que le sort des autres. En effet, les personnes déterminées à occuper un emploi, donc accessibles aux multiples systèmes de crédit, pourront à "loisir" s'endetter par-dessus la tête pour obtenir ce qu'elles désirent. Mais lorsque leur marge de crédit aura atteint son apogée, ces mêmes personnes rejoindront les sans-travail quant au niveau de vie. Concrètement cela veut dire qu'ils passeront tous leurs vacances à "balcon-ville". Les gens oisifs, eux, devront sur le champ apprendre à vivre plus modestement, tout en développant leur créativité pour combler agréablement et sans culpabilité le vide de l'oisiveté.
Si tu fais un crédit pour ton logement ou pour une bagnole c'est pas la même
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