Le Talmud pour les Nuls

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Message par Alice le Dim 21 Nov 2010 - 16:30

Le Talmud est, aux côtés de la Bible hébraique (Torah + Prophètes + Hagiographes), le texte fondateur du judaisme rabbinique issu du pharisianisme.
Le Talmud est le pendant oral de la Bible, le texte qui en permet la mise en perspective, l'extracteur (ou générateur) de sens, sans qui le texte court le risque de n'être qu'une coquille vide, ou pire, une coquille remplie de... n'importe quoi.

Si la Bible est le texte le plus connu mais le plus mal lu au monde, le Talmud est peut-être de son côté le texte le plus méconnu (ne parlons même pas de mauvaise lecture).
Son approche ardue pour le néophyte y est sans doute pour quelque chose.
En effet, le Talmud est une compilation écrite de discussions orales transmises de générations en générations au sujet de la Torah et donc de la loi juive qui en découle. Il s'agit d'un texte à plusieurs niveaux de discussions, nécessitant pour le comprendre d'une maîtrise et d'une connaissance minimale de nombreux concepts... et de deux langues au moins (hébreu et araméen).
Pour celui qui n'est pas familiarisé avec ces concepts, la page du Talmud restera a jamais un point d'interrogation...

"Clôturé" au Vème siècle de l'ère commune, le Talmud s'est vu immédiatement ajouter des commentaires annexes, le travail d'étude et les discussions ne s'arrêtant pas (comme on dit : deux juifs, trois avis...), on se retrouve donc aujourd'hui avec un texte "à tiroirs", ou mille-feuilles, dans lequel les différentes niveaux d'interprétations se superposent... pour le plus grand malheur des esprits cartésiens occidentaux ! lol!

Des milliers de pages au total pour le Talmud de Babylone (celui qui a été le plus développé, en regard au Talmud de Jérusalem, l'histoire et l'exil étant passé par là, c'est en effet en Babylonie que les différentes écoles de rabbins prosperèrent le plus offrant la possibilité d'avancer plus loin dans le commentaire du Texte) : 6 ordres, 63 traités, tant de pages qu'il faut compter 7 ans et demie, à raison d'une page recto verso par jour, pour finaliser l'étude du Talmud (de Babylone) dans son entier.
Labyrinthesque dirons certains.

Je vous renvoie vers wikipedia pour des infos plus "historiques" :
[url=le Talmud]http://fr.wikipedia.org/wiki/Talmud[/url]

- De quoi est faite une page du Talmud ?
Il vous faut d'abord sortir de la logique habituelle du livre "à l'occidental" où les phrases se suivent d'une page à l'autre, avec, à la limite des renvois en bas de page.
Le Talmud n'est pas un livre à la lecture "linéaire".
Analysons l'anatomie d'une page de l'Edition de Vilna, édition classique du Talmud (la plus répandue) :
Imaginez le texte le plus ancien (et le plus concis), la Mishna, situé au milieu d'une page et suivi de la Guemara composée de discussions entre rabbins expliquant le sens de la Mishna.
Ce texte central est entouré d'autres textes :
A droite, sur une colonne, les commentaires de Rachi (talmudiste français du moyen-âge)
A l'extrême droite, des notes de renvois à d'autres pages du Talmud.
A gauche, le commentaires des Tossafoth, rabbins médiévaux.
A l'extrême gauche supérieure, des notes de référence à d'autres textes de loi
A l'extrême gauche inférieure, les commentaires de Rabbeinou Hananel (talmudiste médiéval d'Afrique du nord).
Le Talmud pour les Nuls Page_d12
L'étude se fait donc dans un va-et-vient constant entre les différentes interprétations, en suivant des règles précises de compréhension (types d'argumentations, règles de correspondances, etc).

Souvent, à première vue, les textes de la Guemara semblent sans aucun rapport premier avec le texte de la Mishna, emmenant le lecteur dans un dédales de réflexions ardues et/ou obscures. Dans le Talmud, le surréalisme n'est jamais loin (de même que l'humour), et pourtant, tout se tient !
Les auteurs de ce texte auraient été belges que ça n'auraient pas été étonnant... lol!

Alice
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Message par Alice le Dim 21 Nov 2010 - 16:33

les couleurs ne sont pas d'origine bien entendu, c'est juste pour faciliter la compréhension des différentes parties... rire

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Message par _Coeur de Loi le Dim 21 Nov 2010 - 16:47

Joli labyrinthe en couleur.

Alors c'est ça le fameux code... générateur du sens...
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Message par Ilibade le Dim 21 Nov 2010 - 17:48

Bonjour ! Je me pose seulement une question.

Comment expliquez-vous que le Talmud puisse représenter une loi orale reçue par Moïse de Dieu et qu'il aurait retransmise "oralement" selon les rabbins, alors que Moïse était bègue ?

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Message par Alice le Dim 21 Nov 2010 - 17:52

Il l'a sûrement transmise en chantant Ilibade... (quant à savoir sur quel air, c'est une autre histoire wistle )

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Message par Jipé le Dim 21 Nov 2010 - 17:55

Ilibade a écrit:Bonjour ! Je me pose seulement une question.

Comment expliquez-vous que le Talmud puisse représenter une loi orale reçue par Moïse de Dieu et qu'il aurait retransmise "oralement" selon les rabbins, alors que Moïse était bègue ?
cela a dû prendre plus de temps, mais ce n'était pas incompréhensible sans doute...rire

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Message par Ilibade le Dim 21 Nov 2010 - 17:57

Ah bon! En chantant quoi, du point de vue des paroles ? dubitatif

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Message par Ilibade le Dim 21 Nov 2010 - 18:00

Jipé a écrit:cela a dû prendre plus de temps, mais ce n'était pas incompréhensible sans doute.
Pas si sûr, Jipé, pas si on considère la différence de prononciation entre le D et le T, (le Dalet et le Tav).

Est-ce que le mot DALMUD existe en hébreu ? ou le mot DALMUT ?

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Message par _Coeur de Loi le Dim 21 Nov 2010 - 18:04

Alice a écrit:Labyrinthesque dirons certains.

Je confirme.
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Message par Alice le Dim 21 Nov 2010 - 18:07

Jipé a écrit:
Ilibade a écrit:Bonjour ! Je me pose seulement une question.

Comment expliquez-vous que le Talmud puisse représenter une loi orale reçue par Moïse de Dieu et qu'il aurait retransmise "oralement" selon les rabbins, alors que Moïse était bègue ?
cela a dû prendre plus de temps, mais ce n'était pas incompréhensible sans doute...rire

Ils ont eu 40 ans dans le désert pour ça... rire

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Message par Jipé le Dim 21 Nov 2010 - 18:08

Ilibade a écrit:
Jipé a écrit:cela a dû prendre plus de temps, mais ce n'était pas incompréhensible sans doute.
Pas si sûr, Jipé, pas si on considère la différence de prononciation entre le D et le T, (le Dalet et le Tav).

Est-ce que le mot DALMUD existe en hébreu ? ou le mot DALMUT ?
Un bègue ne déforme pas les mots spécialement, il répète plusieurs fois le début du mot, accroche sur la première syllabe. Donc pour moi, il reste compréhensible avec de la patiente...

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Message par Ilibade le Dim 21 Nov 2010 - 18:11

Alors je prépare une explication de mes questionnements. Juste un petit post. Comme d'habitude. Un peu de patience !

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Message par _Coeur de Loi le Dim 21 Nov 2010 - 18:17

Tu vas nous écrire un Tamuld sur le Tamuld ?
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Message par Alice le Dim 21 Nov 2010 - 18:55

Est-ce que le mot DALMUD existe en hébreu ? ou le mot DALMUT ? .

Non.
Talmud vient de la racine L-M-D.
Changer le "T" de la fin reviendrait à changer la racine (et donc le mot).
Le "T" de "Talmud" est une forme grammaticale, la remplacer par un "D" n'au aucun sens.
Et effectivement, ni le mot "dalmud" ni le mot "dalmut" ne signifie quoi que ce soit en hébreu à ma connaissance.

Et de toute manière, ce n'est pas Moïse qui a écrit le Talmud, donc, qu'il aie réussit à prononcer correctement ce mot ou pas... je ne vois pas où cela peut mener.

En passant : Beethoven était sourd comme un pot, difficile à croire que ses symphonies sont de lui, non ?

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Message par Ilibade le Dim 21 Nov 2010 - 19:10

Tout le problème est dans les techniques utilisées pour interpréter et commenter la Torah. Et pour comprendre cela, le mieux est de démarrer avec Babel.

1- Translittération des lettres
Comme l'alphabet unicode UTF-8 ne permet pas d'user de l'alphabet phonétique, et pour ne pas utiliser la translittération officielle publiée par l'Etat d'Israêl, car cette dernière ajoute en confusion, voici certaines lettres selon l'usage que j'en ferai.

La lettre Aleph est selon le cas soit translittérée par 'A, soit par 'E selon le contexte de prononciation.
La lettre Beit sera toujours marquée B et non pas V
La lettre Hé sera marquée H
La lettre Heth sera marquée Ħ (un H barré)

2- BABEL
Si Babel est le lieu par excellence de la dispersion, de la confusion et de la séparation, il suffit de relire les premiers versets de la Genèse, pour s’apercevoir que la séparation est déjà explicitement formulée par le mot et la notion visuelle de BaDaL (Gen 4). Si le terme de BaLaL, « confondre, mêler, mélanger », doublant celui de POUTS ‘disperser » (Gen 11,4 ; 11,9), fait écho dans le texte à BaBeL (variante du verbe BiBeL, et du nom BiLBuL), par le même rapprochement phonétique, on peut se demander ce qui institue une différence et une équivalence entre BaBeL-BaLaL et BaDaL.

BaLaL suppose le désordre, BaDaL suppose au contraîre la mise en ordre de la création par le processus de séparation qui est discernement autant que coupure. La confusion de Babel est alors le processus inverse : fusion, assimilation, mélange, donc confusion et aveuglement. Dieu se sépare pour créer ce qui est « bon », les gens de Babel se séparent de Dieu en fusionnant entre eux, ils se co-fondent contre Dieu, ils confondent.

Par ailleurs, le terme de BaLaL ne possède pas le DaLeT de BaDaL (ici on use du Remez, qui est le sens allusif), il lui manque une lettre et il ne possède donc pas la Porte (DeLeT=Porte) et Dieu est ignoré de BaBeL : Lamed (30) – Dalet(4) = 26, soit la somme guématrique de IHVH. C’est la tentative d’ouvrir une brèche dans les cieux, d’ouvrir la porte du divin (en assyrien, BAB-IL, « porte de Dieu »), qui fonde pourtant l’entreprise des bâtisseurs. La division est aussi l’apanage du peuple hébreu, et le Midrach Rabba précise que « Le Saint, Béni soit-Il, prit toutes les eaux du commencement et en mis une moitié dans le firmament et l’autre dans l’océan. C’est ce qu’exprime : « Le ruisseau (PeLeG) d’Elohim reste plein d’eau, PeLeG indiquant bien qu’il s’agit d’une moitié (PaLGa). » Rachi inaugure également son commentaire de BaBeL, en se référant à Gen 10 : « oui, en ses jours, la terre s’est scindée (Gen 10,27) », car la racine PaLaG signifie la division, la coupure, de même qu’elle fonde le prénom de PeLeG, fils d’EBeR, éponyme des IBRIM, les hébreux EBeR, la traversée des eaux (à sec ?), la transgression des frontières ; PeLeG, les séparations, la fente, la distinction par une errance, ce « mis-à-part de soi ».

3- La génération de la scission
Qu’est-ce qui caractérise alors la génération de Babel ? Certains midrachim parlent de la « génération de la sécession » ou « génération de la scission », d’après la même racine PaLaG. Néanmoins, il est clairement établi que ce sont les générations issues des trois fils de Noé, « à partir desquels on se dispersa sur toute la terre », et que Noé lui-même a été « cause d’exil (GaLouT) pour lui-même et pour les générations à venir. » La semence de Noé se dispersa, et son fils HaM est alors le point de départ d’une génération maudite, celle que le Zohar, par exemple, appellera la génération du « Grand Mélange » (Erev Rav), composée des Nefilim (ou les déchus) et d’autres générations de géants et de héros auxquelles appartiendra Nemrod, le fondateur de Babel : « par leur faute, le petit h dégringola de son lieu. Baleam et Balak provenaient de la branche d’Amalek : retire les lettres LaK de BaLaK et eAM de BaLeAM, restent les lettres du mot BaBeL. »[3] L’amputation au sexe de Noé, d’après le midrach Rabba (sexe, ou endroit de la circoncision) est sans doute parallèle aux autres amputations corporelles subies par Jacob ou par Moïse, blessures qui condamnent ou compensent le retard de la circoncision. Le Midrach Rabba qualifie la génération de Babel de « fautive de bouche », faute et dérapage de bouche qui entraîna par ailleurs l’amputation du Serpent d’Eden.

Pourquoi l’attention a-t-elle été portée sur la tour plutôt que sur la ville en construction, dans les répercussions du mythe babélien ? Outre les iconographies qui focalisent le regard sur cette bâtisse, les commentaires ont mis en évidence l’image de cette élévation, de ce défi (MiGDaL, « tour » en hébreu, venant de GaDoL, « grand »), pour accéder aux cieux. Le commentaire de Rachi à cet endroit du texte où l’émigration originelle des gens de Babel est évoquée ainsi : « ils sont partis de là (l’orient) à la recherche d’un espace pouvant les contenir tous. » « à la recherche », « la TOUR lahem », dans le texte de Rachi, du verbe TOUR, « tourner, aller autour, explorer, chercher », pour déceler le point faible ou le secret, et TOR, « ordonner, collier, rangée », d’où TORaH, « enseignement, loi, livre de la loi de Moïse. ». TOR est aussi la circonférence du cercle, et son emprunt revient à tourner en rond.

Le texte de Gen II débute avec une formule stéréotypée, VaYeHi (« et c’était »), formule qui signale toujours un évènement de mauvais augure ou négatif.
- « une langue une et des paroles unes » : SaFaH ‘EĦaT UDeBaRIM AHaDIM. Les nombreuses tentatives de traduction de SaFaH essaient parfois de rendre compte des sèmes qui en découlent : SaFaH signifie certes la langue, mais surtout la lèvre qui permet d’articuler certains phonèmes et plus particulièrement les labiales (Par exemple le B de BaBeL). « Bouche, parole, lèvre », mais aussi « bord, rivage, limite, marge ». C’est ce qui permet de traduire : « toute la terre avait lèvre unique, était d’un même bord, d’une même limite », avec toutes les implications d’une idéologie totalitaire ou complète.

- « une langue une » : SaFaH ‘EĦaT. Le mot ‘EĦaT renvoie automatiquement aux premier versets de la Genèse (jour un), et le Midrach Rabba développe sur ce terme unitaire des notions intéressantes liées à Rachi : « une même langue, la langue sainte (ou sanctifiée). Ce Pshat met l’accent sur la différence de prononciation du mot ‘EĦaT (forme pausale), par rapport à la forme absolue féminine ‘AĦaT. Cette simple différence suffit à susciter le niveau d’interprétation du Remez (allusion), pour inciter le lecteur à saisir l’adéquation que Rachi établit entre « langue une » et « langue sainte ». Il se trouve que la guématrie peut apporter quelques éléments de réponse. En effet, la somme arithmologique de « langue sanctifiée », LeShoN-HaQoDeSh, donne 795. Or la somme de « langue une », SaFaH ‘EĦaT, donne 794. Il manque donc 1, soit l’unité (‘EĦaD) à la génération de Babel, nation de la dispersion future, et il lui manque aussi l’amour, puisque la guématrie de ‘EĦaD est égale à la guématrie du mot « amour », AHaBaH : A + Ħ + D = 1+8+4 = 13 pour ‘EĦaD et A+H+B+H=1+5+2+5=13 pour AHaBaH.

La différence entre ΈĦaT et ΈĦaD consiste à comparer le D et le T sur leur symbolique : le mot DaΆT, « connaissance » (Arbre de la connaissance du bien et du mal) commence par un D et fini par un T. Le Zohar met l’accent sur le mot : « Il a été enseigné à ce propos (Gen 9,16) : il n’est d’impératif qu’en fonction de l’idolâtrie. C’est là que résident les dieux autres, l’idolâtrie ayant son siège dans le foie (KaBeD) ; à cause de ce dernier, le service divin devient pesant (te-KaBeD), ce qui caractérise le culte étranger. » Le texte développe les conceptions sur la médecine antique de la rate, irriguée par le sang noir, venant du foie et chargée de bile mélancolique. La rate est le siège de l’idolâtrie, et elle est l’organe emblématique des bâtisseurs de Babel, la nation du Grand Mélange. Cette lourdeur (KaBeD) du foie (KaBeD), caractérise également la bouche et la langue de Moïse, dans Exode 30 : « De grâce, Seigneur, je ne suis pas habile à parler, …, car j’ai la bouche pesante (KeBaD) et la langue embarrassée (KeBaD). » Ce défaut de prononciation de Moïse réside dans les difficultés à prononcer les labiales (défaut de bouche) et les dentales (défaut de langue), et donc, consiste entre autre, à confondre le dalet et le tav. Le Targum de Johanan traduit cela par « boiteux de bouche et boiteux de langue », ce qui produit le bégaiement (le Babil de Babel). La Bible évoque aussi l’incirconcision des lèvres (Ex 6,12-30). Cela se rapporte à la question des amputations. Le terme de KaBeD est un des aspects du Nom divin, qu’il signifie également « honneur, gloire, respect » et que sa somme est celle du Tétragramme. Le dalet et le tav entraînent une problématique de la prononciation, ce qui alors entraîne celle de SaFaH ΈĦaT, qu’il n’y a pas de loi, de religion (DaT), qu’il n’y a pas de connaissance (DaΆT), sans suivre la règle de l’étude, le Talmud (c'est-à-dire dans le sens de T vers D, contraire de la connaissance qui va de D vers T).

- «des paroles unes » : DeBaRIM ΆĦaDIM. C’est la première fois que le mot « DaBaR » apparaît dans le texte biblique. Il signifie la parole mais aussi la « chose ». Babel est le lieu de l’émergence de l’artefact, le lieu où la parole DaBaR devient vraiment « chose » humaine, acquisition et possession matérielle du savoir, là où le langage s’inscrit dans le réel, dans le matériau, quand la relation au divin devient confuse. Les différentes articulations du mot DaBaR (DBR) conduisent aux mots suivants : DaBaR (peste), DaBaR (exterminer, détruire, assujettir = transformer en sujet), DaBaR (parole, doctrine, ordre, commandement) mais aussi (chose, évènement). Le mot DeBeR (plaie) et par inversion (l’inversion est appelée Temura en technique kabbaliste), BaRaD (grêle), sens que l’on retrouve dans le verset : « Car la grêle (BaRaD), en tombant, parle (DaBaR) comme la plaie (DeBeR) », car la grêle fait du bruit au sol et gène l'écoute. De même, le mot désert (MiDBaR) signifie aussi la parole. La parole de Babel (DeBaRIM) est une parole dans le désert, car elle s’énonce hors (MI) de la parole (DaBaR), dans un cadre désertique ou sans vie consciente, où cette parole n’est plus entendue, n’est plus écoutée.

Comme on le voit, la Parole n'est plus réellement écoutée ou entendue, ou comprise à partir de Babel, et donc, la génération de Babel devient amputée des lèvres et de la langue, indispensables à la bonne prononciation de la Parole. Tout ce qui sera prononcé est alors chargé d'artefact et d'erreur, comme une peste sortant de la bouche de Moïse, et n'a pas plus de valeur que le bégaiement.

Et donc, Moïse a-t-il vraiment reçu et transmis "correctement" une parole qui n'est plus entendue et qu'il ne prononçait pas bien de son propre aveu ?

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Message par Alice le Dim 21 Nov 2010 - 19:43

Et donc, Moïse a-t-il vraiment reçu et transmis "correctement" une parole qui n'est plus entendue et qu'il ne prononçait pas bien de son propre aveu ? .

Le Ma'aMar transformé en DiBouR est-il sujet aux erreurs de prononciation ?


C'est bien aussi pourquoi la Torah n'est pas que Torah sheb'alpèh (Torah qui est "dans la bouche", orale), mais que ses fondations sont Torah shebikhtav (Torah qui est écrite).

Moïse n'était pas analphabète, faut pas confondre avec Mohammed...

Pour ce qui est du "T" et du "D" "interchangeables", votre argumentation ne tient pas compte de la place de la lettre en début ou en fin de mot (comme je l'ai dit, le "T" en début du mot "Talmud" relève d'une construction grammaticale, le "D" de la fin appartient à sa racine. Mélanger racine du mot (essence) et préfixe/suffixe grammatical, c'est "babeler" dans le vide, en prétendant utiliser une langue dont on est le seul à fixer les règles tout en niant les règles communément partagées.

Or, pour échanger, le premier principe n'est-il pas de partager des règles de langage communes ?
Substituer ses propres règles personnelles aux règles de l'Autre, est-ce faire oeuvre utile ?

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Message par bad04 le Dim 21 Nov 2010 - 19:47

moise avait seulement un probleme de prononciation du faite qu'il c'était brulé la langue avec un charbon
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Message par Ilibade le Dim 21 Nov 2010 - 20:11

Alice a écrit:Le Ma'aMar transformé en DiBouR est-il sujet aux erreurs de prononciation ?
Il semble que c'est bien ce qui est évoqué. la Parole de Dieu est entendue telle un son nu, mais sa prononciation sans connaissance est un déploiement nouveau qui n'a pas sa source dans le son divin. Et surtout, ceux qui peuvent entendre ce son divin sont rares, et donc, retraduire ce Discours divin en paroles humaines pour la diffuser auprès de gens "sourds" (n'entendant pas eux-même la Parole divine), ne peut pas être exempt d'erreurs d'écoute et donc d'erreurs de restitution sonore.

La question de confondre mot composé et racine ne se pose pas. Talmud est bien T + LMD. Mais le mot complet part de T vers D, alors que le mot connaissance se fait en sens inverse.

La question que je pose implique donc un corollaire : "Quelle peut bien être la valeur d'un enseignement oral qui va en sens contraire de la connaissance ?". Comment peut-on formuler une parole sur la base d'une tradition issue de Babel, si celle-ci reconnaît que les bouches sont devenues "fautives" ? Parce qu'au fond, le Talmud est la conséquence de la Michna, la loi orale et que nous ne sommes pas encore sortis de Babel, sauf peut-être quelques-uns par-ci ou par-là.

Par exemple, certains ont dit : "C'est ce qui sort de la bouche de l'homme qui le rend pêcheur". Et Augustin d'Hippone disait à propos des hébreux : "Fut écrit sur des tables ce qu'ils ne lisaient pas dans leur coeur". Cette faute de bouche est aussi une cécité, un aveuglement.


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Message par Alice le Dim 21 Nov 2010 - 20:23

Il faudrait savoir, Moïse était bègue ou dur de la feuille ? Bigleux aussi, tant qu'à faire ? (il n'aurait aussi pas bien "vu les voix"... ?)

Pour répondre la question : "Quelle peut bien être la valeur d'un enseignement oral qui va en sens contraire de la connaissance ?", c'est justement le principe de la complémentarité (la boucle de rétroaction si on veut).

On n'est pas dans de l'opposition, dans de l'exclusion, mais dans un va-et-vient conjonctif.


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Message par Ilibade le Dim 21 Nov 2010 - 20:43

Il faudrait savoir, Moïse était bègue ou dur de la feuille ? Bigleux aussi, tant qu'à faire ? (il n'aurait aussi pas bien "vu les voix"... ?)
Et bien, il n'a pas pu entendre Dieu ou le voir avec des oreilles ou des yeux physiques. C'est le coeur qui entend ou qui voit. Et donc, je me demandais si il y avait à côté de la Torah et de la Michna, un enseignement du coeur pour le coeur ?

c'est justement le principe de la complémentarité (la boucle de rétroaction si on veut).
Je ne savais pas que le silence entraînait une réaction. Mais bon, je suis près à apprendre encore ce que j'ignore. Si le Talmud revient à effacer la Torah, en l'abordant en sens inverse, alors il risque de tourner en sens contraire , c'est-à-dire faire un tour dans le sens contraire de la loi. A ce moment-là, on peut comprendre l'évolution que l'histoire a prise.

Mais si le retour vers Dieu est vu comme une correction de la confusion de Babel, alors plus personne agissant selon ce retour, ne tournera, ni dans un sens, ni dans l'autre. Ce sera alors la dernière réaction et en même temps le retour au silence, au "son nu" de Dieu.

On n'est pas dans de l'opposition, dans de l'exclusion, mais dans un va-et-vient conjonctif.
Très intéressant, et vous allez-et-venez jusqu'à quand comme cela ? On meurt parfois d'épuisement dans l'étreinte. Malheureusement, le mot "conjonction" n'est pas fusion. "Une seule chair", cela veut une seule chair et non deux chairs en conjonction. Il ne devrait pas y avoir en Dieu une loi dans un sens et une interprétation orale dans l'autre sens.

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Message par Ilibade le Lun 22 Nov 2010 - 3:22

Voici ce qu'on trouve dans le Pirké Avot (leçons des Pères) et repris dans une synthèse de Maïmonide : "Juda le Saint (ou Juda le Prince) rapportait ce qu'il avait appris de Siméon son père, comme celui-ci de Gamaliel son père, et celui-ci de Siméon son père, celui-ci de Gamaliel son père, celui-ci de Siméon son père, celui-ci de Hillel son père, celui-ci de Chemaiah et Abtalion ses précepteurs, ceux-ci de Juda fils de Tabbée et de Siméon fils de Chatah, ceux-ci de Josué fils de Pérahia et de Nathée Arbelite, ceux-ci de Jose fils de Joezer et de Jose fils de Johanan ; ceux-ci d'Antigone le Sokéen, celui-ci de Siméon le Juste, celui-ci d'Ezra, Ezra de Baruc fils de Nérié et Baruc de Nérie de Jérémie, comme Jérémie l'avait sans doute appris des Prophètes qui l'avaient entendu l'un de l'autre jusqu'aux vieillards qui enseignaient ce qu'ils tenaient de Josué qui avait été instruit par Moïse lui-même."

Ce qui est notable ici, c'est l'alternance fréquente entre les Siméon et les Gamaliel d'une part, et ensuite, en remontant encore le temps, le fait que la transmission vers un seul se fait par deux ou plusieurs sources :
Hillel reçoit la tradition de Chemayah et d'Abtalion. Chemayah et Abtalion la reçoivent de Juda fils de Tabbaï et de Siméon fils de Chatah. Etc.

Puis, on revient à une transmission de un à un : Siméon le Juste d'Ezra. Puis à nouveau de deux (Baruc et Baruc), puis à nouveau de 1 (Jérémie) qui la reçoit DES prophètes, lesquels l'avaient reçue DES vieillardS qui l'ont entendu de Josué, lui-même de Moïse.

Dans le sens chronologique, on a donc une transmission :
Dieu (1) - Moïse (1) - Josué (1) - Les vieillards (N) - Les Prophètes (N) - Jérémie (1) - Baruc et Baruc (2) - Siméon le Juste (1) - Antigone de Soko (1) - Les deux José (2) - Josué et Nathaï (2) - Juda et Siméon (2) - Chemayah et Abtalion (2) - Hillel (1) - Siméon (1) - Gamaliel (1) - Siméon (1) - Gamaliel (1) - Siméon (1) - Juda le Nassi (1).

Cela ressemble à une voie initiatique classique de tous les ordres occultes. Cette voie est parfois bifurquée et parfois se noie dans le multiple. C'est très différent de la Voix de Dieu qui est le son nu (le silence humain) et qui s'épanche de façon unique et égale à tous les êtres humains. Certains, confrontés à ce son unique, restent silencieux eux-mêmes, béats d'une plénitude rare. D'autres choisissent d'en expliquer le mécanisme, par des sentences écrites ou orales qui dénaturent le son nu.

Les 10 Commandements ou dix Paroles, sont celles que chacun peut dans le silence entendre dans son coeur. Tous les êtres respectent leur parents, haïssent la mort, le vol, l'envie etc. Ces commandements sont inscrits au plus profond de nos âmes créées, comme une évidence qui ne se démontre pas. Comment prouver qu'il ne faut pas tuer ou qu'il ne faut pas voler ? Pourquoi discuter ces préceptes ?

Sur le plan métaphysique, ces dix commandements se ramènent à deux commandements dans les enseignements messianiques. Partant du schéma du cercle, l'homme se trouvant quelque part sur le rayon entre le centre du cercle et la circonférence, il y a :
1- Aimer le Seigneur IHVH de toute son âme : avoir considération du centre
2- Aimer le prochain comme le Seigneur (JE = toi-même) : avoir considération de la circonférence

Ces deux commandements maintiennent l'homme dans la conscience active du cercle, c'est-à-dire le rayon, le centre et la limite. Le centre du cercle est le pôle unique (le pôle de l'identité de l'être) et la circonférence est la limite de l'être créé, pôle multiple. Le rayon, avec ces deux sens en équilibre, maintient donc la cohérence de la circonférence au point central, par une stabilité (une invariance) du rayon.

Alors que dans la tradition talmudique, issue de Babel, tout est lié au déroulement de la circonférence soit dans un sens, soit dans l'autre, et ce, sans aucune considération du centre, ni du rayon. La confusion de Dieu dans Babel est dans le mot Tour (de Babel) qui désigne l'action de tourner perpétuellement ou par alternance selon le sens, mais de tourner sur la circonférence, dans la position la plus éloignée de l'Unique centre. Cette confusion ne permet pas de se rapprocher du centre, ni du rayon. Le secret de la circonférence ne réside-t-il pas dans le rayon dirigé vers le centre ? Et ce rayon, n'est-il pas trouvé plutôt dans l'arrêt de tout mouvement du Shabbat et dans le silence, jour consacré au centre unique ?

La Torah écrite ajoute aux 10 commandements, et elle est déjà une seconde loi écrite dans la Torah (deutéronoma = seconde loi). A cela s'ajoute la Michna ou loi orale, transmise sur la base de la prononciation, c'est-à-dire de l'ajout de voyelles qui n'existent pas dans le texte écrit originel et de la production mécanique consonantique. Cette voyellisation conditionnée ou oralisation de la Loi est une "peste" de plus dans la bouche fautive de Moïse qui a du mal à prononcer les consonnes. A cela s'ajoute la Ghemara (le complément ou supplément), qui est de pure invention humaine.

Il est très intéressant de lire le Talmud. Par exemple, savoir quelle est la distance maximale qu'un homme peut accomplir le jour de Shabbat; selon son âge, selon qu'il est à cheval, en âne ou à pied, selon qu'on le porte ou non (cas de l'enfant sur les épaules de son grand-père) etc. C'est certainement d'un intérêt très pratique pour la vie courante, bien qu'il faille beaucoup d'étude pour assimiler tout le corpus.

Mais tout cela n'est-ce pas la cultivation d'une foi orientée vers la tradition humaine, vers la limitation (par la Loi), vers la circoncision, vers la circonférence seule, n'est-ce pas l'empêchement de la vraie foi en Dieu ? Or la lumière irradie à l'infini, et la limite pourrait être dépassée. Cultiver la limite, grossir le trait ou le découper, ou lui donner d'autres couleurs, tout cela n'a aucun intérêt. C'est cultiver le rayon qui est le secret, là où se trouve l'âme, car cela permet de modifier la limite, mais aussi d'ajuster l'action de la lumière, de régler le son et l'image, de faire le net sur l'écran de la conscience.

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Message par Alice le Mer 24 Nov 2010 - 13:48

Ilibade a écrit:(...) Cela ressemble à une voie initiatique classique de tous les ordres occultes. Cette voie est parfois bifurquée et parfois se noie dans le multiple. C'est très différent de la Voix de Dieu qui est le son nu (le silence humain) et qui s'épanche de façon unique et égale à tous les êtres humains. Certains, confrontés à ce son unique, restent silencieux eux-mêmes, béats d'une plénitude rare. D'autres choisissent d'en expliquer le mécanisme, par des sentences écrites ou orales qui dénaturent le son nu.

Point d'ordre occulte dans tout cela :
Les rabbins repris dans cette liste générationnelle était des maîtres autour desquels étaient rassemblées des "écoles de pensée", des académies d'étude. C'est le principe même de la transmission orale : se rassembler autour d'un maître pour apprendre de sa bouche, avant d'échanger/étudier ses paroles entre étudiants, et plus tard, à son tour, transmettre la parole donnée.
Une chaîne de transmission continue, de génération en génération, avec parfois plusieurs écoles de pensée coexistantes en même temps, comme dans le cas de l'école d'Hillel l'ancien et de celle de Shammaï...
"L'originalité" de la tradition juive, c'est qu'elle a conservé tous les avis notoires, même ceux minoritaires, et que ceux ci ont continué à être transmis à travers le temps (même s'ils n'ont pas force décisionnelle quand il s'agit de fixer la loi pratique), car "(ceux-ci et ceux-là sont) tous la parole de Dieu").

La "Voix de Dieu", une fois donnée aux Hommes, se trouve dans l'échange entre Hommes, dans la dynamique que les Hommes vont initier depuis la parole originelle, celle-ci devant être vue à l'échelle humaine non comme une parole figée, monolithique, "nue", mais comme une "source de vie", mouvante, dynamique, se regénérant constamment par la transmission orale entre humains.

Depuis le don de la torah au Sinaï, la parole de Dieu n'est plus "au ciel" ou pendue immobile dans les airs entre les nuages. Elle est parmi les hommes, elle a pris dimension humaine, à savoir que maintenant, elle s'exprime par la voix des Hommes.

Le Talmud est "l'encyclopédie de base" de cette transmission, le Livre qui nous donne les principes suivant lesquels la parole de Dieu peut être discutée, étudiée, mise en perspective, comment elle peut être traduite en "faits concrets", mais aussi en réflexion symbolique, en métaphores éthiques...



Les 10 Commandements ou dix Paroles, sont celles que chacun peut dans le silence entendre dans son coeur. Tous les êtres respectent leur parents, haïssent la mort, le vol, l'envie etc. Ces commandements sont inscrits au plus profond de nos âmes créées, comme une évidence qui ne se démontre pas. Comment prouver qu'il ne faut pas tuer ou qu'il ne faut pas voler ? Pourquoi discuter ces préceptes ?

C'est bien mal connaître l'Humain que de penser que les 10 commandements sont "évidents" aux Hommes...

Il y a un principe important en psychologie humaine qui est que : Rien n'a plus de valeur que ce qui est dit. Et à plus forte raison quand il s'agit de non-dit :
Le non-dit n'a aucune valeur tangible tant qu'il reste dans la sphère du non-dit. Dire le non-dit est la première étape pour qui veut "avancer".


Sur le plan métaphysique, ces dix commandements se ramènent à deux commandements dans les enseignements messianiques.

Qu'entendez-vous par "enseignements messianiques" ? Les enseignements de Jésus ?


Alors que dans la tradition talmudique, issue de Babel, tout est lié au déroulement de la circonférence soit dans un sens, soit dans l'autre, et ce, sans aucune considération du centre, ni du rayon.
Si les discussion talmudiques se faisaient en roue libre, on pourrait éventuellement envisager votre manière de voir, mais elle ne se font jamais gratuitement, ni dans l'oubli de l'Essentiel (votre rayon ou votre centre si vous voulez).
L'impression de tourner en rond est due uniquement à une lecture superficielle du texte, aux yeux du lecteur si on veut. Quant à la finalité de se rapprocher du centre... c'est vrai, les sages juifs sont très prudents à ce niveau et préfèrent dans bien des cas ne pas trop s'approcher de celui-ci.
Pourquoi ? Tout simplement parce que le risque de se tromper de centre est trop élevé d'une part, et, d'autre part, trop se rapprocher du centre à tendance à faire tourner la tête, même au plus grand...
Même si cela peut paraître paradoxale, la posture des sages juifs est à ce niveau assez similaire à une posture "athéiste", à savoir : Dieu est au centre de tout, mais sortont le de l'équation, afin d'accomplir au mieux la mission qu'Il nous a donnée.


Il est très intéressant de lire le Talmud. Par exemple, savoir quelle est la distance maximale qu'un homme peut accomplir le jour de Shabbat; selon son âge, selon qu'il est à cheval, en âne ou à pied, selon qu'on le porte ou non (cas de l'enfant sur les épaules de son grand-père) etc. C'est certainement d'un intérêt très pratique pour la vie courante, bien qu'il faille beaucoup d'étude pour assimiler tout le corpus.

Mais tout cela n'est-ce pas la cultivation d'une foi orientée vers la tradition humaine, vers la limitation (par la Loi), vers la circoncision, vers la circonférence seule, n'est-ce pas l'empêchement de la vraie foi en Dieu ?
Non. Premièrement, vous vous focalisez sur la halakha et oubliez qu'à ses côtés, la littérature haggadique a aussi son importance.
Deuxièmement, ces lois pratiques sont apprises/transmises
non pour elles-mêmes, mais toujours en rapport avec "la foi en Dieu".
C'est ce qui différencie le judaisme des monothéismes chrétiens ou musulmans : la foi s'ancre dans la pratique, à savoir que tous les gestes de la vie quotidienne sont prétexte à entrer en relation avec Dieu. La foi ne s'exprime pas seulement à travers des états de "méditation", par la contemplation, par le retrait du monde (et de soi-même en tant qu'être humain). Non, elle est au coeur de notre réalité humaine, et toutes notre actions, même les plus anodines, sont autant de réceptacles à la Présence divine.


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Message par Monsieur Lepic le Mer 24 Nov 2010 - 16:57

Ilibade a écrit:
Jipé a écrit:cela a dû prendre plus de temps, mais ce n'était pas incompréhensible sans doute.
Pas si sûr, Jipé, pas si on considère la différence de prononciation entre le D et le T, (le Dalet et le Tav).

Est-ce que le mot DALMUD existe en hébreu ? ou le mot DALMUT ?

Un bègue n'est pas forcément dyslexique. D'ailleurs, la probabilité qu'un dyslexique prononce correctement le mot "talmud" est de 1 sur 4. Mais bon, Moïse n'était pas dyslexique, donc on s'en fout.

Monsieur Lepic
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Message par Ilibade le Jeu 25 Nov 2010 - 6:21

Alice a écrit:Point d'ordre occulte dans tout cela
Attention, j'emploie le mot occulte dans un sens très précis. J'y reviendrai peut-être dans un autre post.

Les rabbins repris dans cette liste générationnelle était des maîtres autour desquels étaient rassemblées des "écoles de pensée", des académies d'étude. C'est le principe même de la transmission orale : se rassembler autour d'un maître pour apprendre de sa bouche, avant d'échanger/étudier ses paroles entre étudiants, et plus tard, à son tour, transmettre la parole donnée.
D'accord ! Jusques ici, pas de problème. Cette pratique n'est pas spécifique du Talmud.

Une chaîne de transmission continue, de génération en génération, avec parfois plusieurs écoles de pensée coexistantes en même temps, comme dans le cas de l'école d'Hillel l'ancien et de celle de Shammaï...
Voilà, ici, nous retrouvons le schéma classique d'une transmission orale de maître à disciple. On retrouve cela dans toutes les traditions, de l'extrême-Orient jusqu'à l'extrême Occident. Même l'Eglise catholique se réclame d'une transmission apostolique. Maintenant, cette transmission est-elle une nécessité dans la relation de l'être individuel à Dieu ? Ou encore, en d'autres termes, est-ce que Dieu a cessé de parler ?

"L'originalité" de la tradition juive, c'est qu'elle a conservé tous les avis notoires, même ceux minoritaires
Et bien justement non, puisque le judaïsme à l'époque rabbinique a rejeté les Minims, "ceux de (l'autre) Mina, ou espèce", et donc ceux de l'autre espèce. Il a aussi rejeté les Ebionites, c'est-à-dire les "pauvres". Or ces deux courants, auxquels j'ajoute les Karaïtes entre autres (il y a eu d'autres écoles également rejetées), ont produit d'autres visions de la révélation écrite de la Torah. C'est aussi le cas des premiers courants chrétiens, et le terme de Minims a fini par les désigner eux-seuls.

La "Voix de Dieu", une fois donnée aux Hommes, se trouve dans l'échange entre Hommes,
Oui, mais si Dieu n'a pas cessé de parler à l'homme, ne vaut-il pas mieux l'écouter Lui que les hommes ? Par ailleurs, est-ce que Dieu n'avait pas "tout dit" à Moïse ? Est-ce que Moïse n'a pas pu "tout écrire" du message de Dieu, un peu à la façon du prophète Muhammad des musulmans ? Pourquoi une loi orale a-t-elle été nécessaire ?

dans la dynamique que les Hommes vont initier depuis la parole originelle,
Donc, si je comprends bien, Dieu donne une parole originelle, et cela entraîne donc l'Homme dans une dynamique d'étude, où Dieu n'est plus un intervenant. Est-ce cela ?

Depuis le don de la torah au Sinaï, la parole de Dieu n'est plus "au ciel" ou pendue immobile dans les airs entre les nuages. Elle est parmi les hommes, elle a pris dimension humaine, à savoir que maintenant, elle s'exprime par la voix des Hommes.
Dans le principe, je vous dis "okay". Mais dans la réalité, cette parole devrait être malgré sa dimension humaine, un seul point de vue et non un ensemble d'écoles de pensées diversifiées. Ou alors Dieu n'est pas unique ou encore la parole de Dieu est trop imprécise ou incomplète ou d'une nature multiple. Je suis désolé de vouloir être logique. Mais dans l'étape "N vieillards", n'y a-t-il pas un phénomène comparable à ce qu'on observe dans le cas d'un accident, lorsqu'il y a plusieurs témoins ? Généralement, on parvient à trouver des témoignages contradictoires. Comment N vieillards pourraient-ils ne pas être entre eux un ensemble contradictoire ou incohérent ? Si l'on prend la soukhot (Hillel-Shammay), on a là seulement deux personnes et elles ne sont jamais d'accord entre elles, quel que soit le sujet. Alors comment peut-on dégager de N vieillards un seul son de cloche qui soit le message transmissible par une voie de transmission initiatique fiable et sûre ?

Examinez votre propre existence. Existe-t-il une personne de votre connaissance avec laquelle vous vous trouvez à 100 % d'accord quel que soit le sujet ?

Le Talmud est "l'encyclopédie de base" de cette transmission, le Livre qui nous donne les principes suivant lesquels la parole de Dieu peut être discutée, étudiée, mise en perspective, comment elle peut être traduite en "faits concrets", mais aussi en réflexion symbolique, en métaphores éthiques...
En plus les règles de discussion, d'étude, de réflexion sont figées. De sorte que si une erreur apparaissait dans le Talmud, et que la correction de cette erreur oblige à changer de méthode d'analyse et d'étude, cela serait en fait interdit aux adeptes du judaïsme. Nul ne se risquerait à contredire un seul enseignement des "maîtres". Ai-je raison de retranscrire ainsi ce que vous avez écrit ?

C'est bien mal connaître l'Humain que de penser que les 10 commandements sont "évidents" aux Hommes...
Pourtant, chez les petits enfants âgés de 3 à 5 ans, il semble que l'humanité connaisse une certaine forme d'unanimité face à ces commandements. Évidemment le service de Dieu est pour eux inconnu ou incompréhensible, mais tous reconnaissent la plupart des commandements comme bons. Il n'y a nul besoin de réflexion ou de déduction quelconque, ou même d'étude, ou même de Loi, ou même de Loi orale, pour indiquer à quelqu'un qu'il doit honorer et aimer ses parents. Il en est de même des autres commandements. Si les petits enfants sont capables d'admettre ces commandements, vous pensez vraiment que les adultes n'en sont plus capables ? Le commandement "Tu ne voleras pas" n'est pas pour vous évident ?

Le non-dit n'a aucune valeur tangible tant qu'il reste dans la sphère du non-dit. Dire le non-dit est la première étape pour qui veut "avancer".
Dans la mesure où vous admettez que toute la Torah a été dite et écrite, à quoi correspond alors le non-dit, sinon à être équivalent à la non-torah ?

Par exemple, si je dis "Tu ne tueras pas" et que j'admets que c'est là la Torah, est-ce que "Tu n'assassineras pas" n'est pas en réalité une déviation de la Torah ? (prendre ici les éléments de notre discussion antérieure : à savoir que le mot assassiner cible l'être humain, alors que le mot tuer est de portée bien plus vaste).

Qu'entendez-vous par "enseignements messianiques" ? Les enseignements de Jésus ?
Oui absolument. C'est que, ces textes entrent pleinement dans le même schéma métaphysique que celui exposé par les livres de Moïse. Après tout, ces textes ont bien émergé du milieu judaïte de la Judée romaine. Ils correspondent donc à un courant descendant de façon indéniable d'Israêl. Par ailleurs, bien que minoritaire, il existe un courant actuel de juifs messianistes qui reconnaissent la messianité de Jésus. Ils appliquent les pratiques judaïques pour l'essentiel.

Si les discussion talmudiques se faisaient en roue libre, on pourrait éventuellement envisager votre manière de voir, mais elle ne se font jamais gratuitement, ni dans l'oubli de l'Essentiel (votre rayon ou votre centre si vous voulez).
Excusez-moi, mais j'ai dû mal m'exprimer et c'est ma faute. Je reformule. Ce qui est le plus fréquemment constaté dans le Talmud (Et pas uniquement dans le Talmud, mais dans bien des religions, mais le Talmud en est l'exemple le plus concentré), c'est que les points de vue différents (souvent deux avis) qu'on peut y trouver, sont assez fortement inconciliables. Par exemple, on ne peut pas concilier ce que dit Hillel et ce que dit Shammay. Soit vous en choisissez un des deux, soit vous êtes obligé de trouver un troisième avis. D'ailleurs, il y a très longtemps, il fallait trois témoins pour une accusation. Puis cette règle a été diminuée à deux témoins. En Deutéronome 17,6, on voit l'hésitation d'Esdras. Lorsque je dis que le judaïsme est un parcours sur la circonférence, cela signifie que chaque sujet d'étude n'envisage que deux solutions. C'est aussi ce que l'Ecriture sainte propose, à savoir les versets d'Elohim d'un côté, et les versets attribués à IHVH-Adonaï de l'autre. Prenez l'exemple des consignes données à Noé juste avant le déluge. Vous verrez que les deux ensembles de consignes, sont inconciliables entre eux.

Tout se passe "comme si" on avait le choix entre tourner sur la circonférence dans un sens, ou tourner dans l'autre sens. Pas de troisième solution. Or il y en a bien une, troisième solution, et c'est la direction du centre, la seule qui permette une convergence religieuse et qui fait cesser l'action de tourner en rond. Cette direction est naturellement différente d'un individu à l'autre, selon sa position sur la circonférence. Mais comme le centre est commun à tous, quel intérêt peut-on trouver à une tradition humaine, si chacun a une position unique qui lui donne une direction unique pour atteindre le centre unique commun à tous ?

En clair, comment pouvez-vous vérifier si le Talmud vous permet de trouver votre direction du centre ? Déjà, vous dites que les Hommes désormais "remplacent" Dieu devenu muet. Or n'est-ce pas lui qui est le centre ?

Monsieur Lepic a écrit:Un bègue n'est pas forcément dyslexique. D'ailleurs, la probabilité qu'un dyslexique prononce correctement le mot "talmud" est de 1 sur 4. Mais bon, Moïse n'était pas dyslexique, donc on s'en fout.
Oui, mais quand on prononce de façon peu distinctive le D et le T, c'est aussi de la dyslexie. Or ce n'est pas tant la personne de Moïse qui est visée par l'analyse de la Bible, mais toute l'humanité qui succède à la génération de Babel, dont Moïse n'est qu'un cas d'espèce. A partir de Babel, la véritable Parole de Dieu ne fut plus entendue. Elle ne pouvait donc pas être exprimée, ni de façon écrite, ni de façon orale. C'est cela qui est symboliquement appelé dans mon analyse "bégaiement".

Puisque Babel, origine des langues et langages, est en quelque sorte une Parole altérée de Dieu, tout le rôle de la Torah est d'amener le disciple à faire le constat par la pratique de la Torah écrite (et de sa descendance orale) qu'elle est une altération de la véritable Torah éternelle, et cela, à cause du langage formel lui-même. Cela doit conduire le disciple à critiquer les langages, et à y mettre un terme définitif. La suppression des langues et langages, entraînera la restitution de la Parole originelle de Dieu, la fin de la génération de Babel et la libération messianique de l'homme. Cela ne se comprend que dans le silence humain. C'est lorsque le verbe humain cesse d'exprimer ce que Dieu dit informellement dans le coeur de l'homme. C'est le contraire de la pratique du Talmud.

Le langage écrit ou oral, consiste à utiliser des objets (A, B, mots, figures) et à les lier entre eux par des opérateurs logiques (non, ou, et, implique, équivalent à, etc.) de façon à construire de nouveaux objets qui seront à leur tour liés entre eux. A un certain développement, les premiers objets (qui sont basiques) cessent de frapper la conscience, laquelle ne porte plus son attention que sur des objets complexes et de génération très avancée. Au fur et à mesure de cette construction langagière, les principes de base étant perdus de vue, la Parole est dénaturée, et les mathématiciens démontrent qu'un discours développé à l'infini, atteint rapidement un état d'incohérence, c'est-à-dire devient inconsistant, contradictoire à son départ. (2° théorème de Gödel). Donc, le développement d'un langage et surtout d'une langue finit par produire du "non-dit" comme l'appelle Alice. C'est ce que l'on appelle aujourd'hui l'inconscient et que le texte biblique appelle Shéol, le séjour des morts. Ce non-dit ou Schéol n'existe pas au départ, puisqu'il est une conséquence de Babel.

L'affirmation logique d'un objet, par exemple A, est telle que :
A = non-(non-A)

Pour nier Non-A, il est nécessaire que Non-A soit l'un des existants du discours, même si le résultat de cette négation affirme A en plaçant non-A dans l'inconscient (Schéol) et A dans le conscient. Dire grand, cela revient à se rendre inconscient de petit. "petit" est alors comme "tué" par le langage et ses règles, et il "séjourne auprès des morts", devenu inconscient pour le mental.

Or Dieu étant TOUT-puissant, il y a en lui à la fois grand et petit, qui vivent de façon équitable le même degré de puissance et de possibilité. Le langage détruit cette harmonie et la conscience devient incomplète. Ce degré d'incomplétude est tel, qu'en réalité, notre inconscient contient quasiment 100% du Possible, moins un petit epsilon de conscience mentale qui nous reste encore. Vous voyez combien le Talmud est mathématiquement hérétique. Si on trouve encore aujourd'hui des adeptes du talmudisme, ce ne peut être que par pure nostalgie émotionnelle.
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Message par _Spin le Jeu 25 Nov 2010 - 8:01

Monsieur Lepic a écrit:Mais bon, Moïse n'était pas dyslexique, donc on s'en fout.
Il dit (Exode 4:10) qu'il a "la bouche et la langue embarrassées", ce qu'on interprète classiquement comme bégaiement sauf erreur.

à+

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